Le deal minier avec les USA ne concerne pour l’heure que le Katanga et le Kivu ! : La liste des minerais communiquée indique ces deux groupes provinciaux…
Particularité par rapport à la Rdc
Sauf imprévu, c’est ce mercredi 4 février que Donald Trump reçoit à la Maison Blanche Félix Tshisekedi. L’annonce émane du secrétaire d’État américain Marco Rubio. Le chef de l’Etat est accompagné pour la circonstance du ministre des Mines Louis Watum Kabamba et du Pca de la Gécamines Guy-Robert Lukama conviés à prendre part « à une très importante réunion internationale sur les minerais critiques ». C’est vrai que Félix Tshisekedi n’y sera pas seul. Y sont invités ses homologues africains à la tête des pays détenteurs des minerais critiques. Cependant, la particularité par rapport à la RDC est l’existence de deux accords économiques signés aux États-Unis le 4 décembre 2025 dans le cadre du Processus de Washington : un accord bilatéral RDC-USA et un accord trilatéral RDC-RWANDA-USA!
A l’exception de Rubaya et Manono
C’est avec 18 jours de retard que l’administration Félix Tshisekedi a fait parvenir à l’administration Donald Trump la liste des projets miniers stratégiques conformément à l’ Accord de Partenariat Stratégique entre le Gouvernement des États-Unis d’Amérique et le Gouvernement de la République démocratique du Congo conclu le 4 décembre 2025.
À en croire Ascendance Stratégies, structure qui dit fournir « un conseil exclusif sur l’Accord SPA États-Unis–RDC transformant les listes d’actifs de la SAR en stratégies d’investissement opérationnelles », la liste restreinte comprend : « Kisenge (manganèse, or, cassitérite), la Gécamines (cuivre-cobalt de Mutoshi, traitement du germanium), Sokimo (quatre permis aurifères), Cominière (lithium) et Sakima (coltan, or, wolframite) ».
Ascendance Strategies précise qu’ : »Aucune valorisation n’a été divulguée, mais ces actifs représentent le pari stratégique de la RDC pour attirer des capitaux américains via des mécanismes de droit de première offre ».
Cette structure note l’absence des sites miniers de Rubaya et Manono et l’explique par cet
argument : »L’exclusion de Rubaya est logique : désigner un actif sous contrôle d’un groupe armé serait diplomatiquement intenable » tandis que « L’absence de Manono s’explique autrement : il est déjà sous contrôle d’investisseurs américains. La SAR se concentre sur les actifs publics disponibles pour de nouveaux partenariats, non sur les opérations privées existantes ».
Attendre la session parlementaire ordinaire de mars-juin
Petite insolite révélée par Ascendance Stratégies : « Le retard de 18 jours importe moins que les étapes à venir. L’article XII exige que la RDC mette en œuvre des réformes fiscales — stabilisation fiscale sur 10 ans, remboursement de TVA sous 90 jours, Guichet Unique, autorité fiscale centralisée — d’ici le 4 décembre 2026. Au 20 janvier, aucun amendement législatif n’a été soumis au Parlement ».
Autant dire – sauf convocation d’une session parlementaire extraordinaire (devenue techniquement impossible) – il va falloir attendre l’ouverture de la session ordinaire allant du 15 mars au 15 juin 2026 pour pouvoir opérer dans le cadre institutionnel convenu. À moins pour le Gouvernement d’avoir obtenu au préalable du Parlement un acte d’habilitation comme celui relatif à l’état de siège.
Tant mieux si les pyromanes mutent en pompiers
Pourquoi seulement l’axe Katanga-Kivu ou Kivu-Katanga pendant que dans l’opinion congolaise le deal minier concerne toutes les provinces héritées de la colonisation ?
Après tout, quand on consulte la carte géologique minière du pays dans sa configuration actuelle (avec ses 26 provinces) – carte certifiée du reste par l’ANAPI (Agence Nationale pour la Promotion des Investissements) – chacune de ces entités politico-administratives est pourvue de minerais. Peut-être qu’il s’agit de minerais non stratégiques !
Qu’à cela ne tienne !
Quand on se réfère au ministre des Mines Louis Watum Kabamba (bon sang ne sait mentir, dit le proverbe), 90 % du potentiel minier congolais n’étant pas encore exploités, l’industrie minière extractive opérationnelle depuis un siècle est encore dans les 10 ℅ dudit potentiel.
Pour rappel, la première production de l’Union Minière du Haut Katanga (Gécamines) remonte à 1925.
Certes, par rapport à l’Accord économique du 4 décembre 2025, le discours politique, pardon politisé, fait état de 500 milliards de dollars en termes d’investissements et de 99 ans en termes de durée d’exploitation.
Pour l’instant, il ne sert à rien d’en débattre puisque l’article XVII de l’Accord l’interdit formellement. Son libellé est : »Toutes les informations, tous les documents et tous les éléments divulgués ou partagés dans le cadre du présent Accord (y compris ceux fournis à ou par la JSC) seront traités comme confidentiels conformément aux lois et réglementations applicables de chaque Partie. Sauf disposition légale contraire, la Partie destinataire ne pourra divulguer à des tiers les informations, documents et tous les éléments partagés en vertu du présent Accord sans le consentement écrit de l’autre Partie ».
Cependant, la préoccupation exprimée en titre mérite une réponse du moment que le Kivu et le Katanga ont subi les « grandes guerres » ayant fragilisé le Congo depuis 1960 :
-le Katanga (sécession de 1960, Shaba I en 1977, Shaba 2 en 1978 et Afld en 1997) ;
-le Kivu (mutinerie Scram et Renard de 1967 ; Afdl, Rcd, Cndp et M23 de 1996 à ce jour).
À l’exception des guerres du Shaba en 1977 et 1978 fomentées par le Bloc soviétique pendant la Guerre froide, tous les conflits restants sont l’œuvre des puissances occidentales, Anglo-Saxonnes en tête.
Tant pis ou tant mieux si les pyromanes mutent en pompiers et ne peuvent pas être mis en procès (la faute est au Rwanda et à ses supplétifs congolais).
Pour l’instant, l’évidence à admettre est que ne sont concernés dans la première liste que le Kivu et le Katanga, en attendant peut-être L’Orientale.
Petit rappel historique : pendant la Transition 1990-1997, une certaine opposition présentait l’Est (Kasaï compris pour son diamant) en Zaïre utile, cela en référence au potentiel minier !
Au moment d’engager le pays dans un deal de si haute portée, l’idéal aurait nécessité (et nécessite) un consensus large…
PROCHAINEMENT : Dialogue inclusif : OUT AFC-M23 à Kinshasa, OK à Doha ! »
Omer Nsongo die Lema
