«Les femmes ne sont pas de simples bénéficiaires de la sécurité ; elles en sont des actrices de première ligne », Judith Suminwa sur la politique de sécurité nationale

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La Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a procédé, ce lundi, à la clôture du forum des femmes consacré à l’intégration du genre dans la future politique de sécurité nationale. Cette rencontre a réuni des femmes issues de la société civile, des organisations féminines de défense des droits des femmes, ainsi que la Ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae.

Une initiative portée par les femmes

Organisé par le Groupe consultatif des femmes pour la réforme du secteur de sécurité (GCFRSS), en collaboration avec le ministère du Genre, avec l’appui technique, logistique et financier de la MONUSCO, ce forum s’est tenu au Centre Judo du Commissariat de la Police nationale congolaise, dans la commune de Lingwala.

L’objectif principal est de promouvoir une participation accrue des femmes dans les instances et institutions de sécurité, notamment au sein des FARDC, de la Police nationale congolaise, de l’ANR, de la DGM et du Conseil national de sécurité.

Une faible représentation des femmes dans les services de sécurité

Selon une étude menée par le GCFRSS, en collaboration avec le professeur en criminologie, Jean René Mabwilo, et le Conseil national de sécurité, dans quatre provinces de la République démocratique du Congo notamment : Kinshasa, Ituri, Équateur et Tshopo, la représentation féminine demeure très faible.

Au sein des FARDC, il y a une représentation de 2,13% des officiers généraux femmes et 97,87% des officiers généraux hommes. 3,09% des officiers subalternes femmes et, 96,91% d’hommes.

Du côté de la PNC : il y a 0,2% des femmes pour toute catégorie et 99,8% d’hommes, dont 0,03% officiers généraux femmes contre 99,97% pour les hommes .

Ces chiffres illustrent les nombreux obstacles auxquels les femmes font face, notamment des barrières socio-culturelles, institutionnelles et économiques.

Judith Suminwa plaide pour une sécurité inclusive

Prenant la parole, la Cheffe du Gouvernement a salué cette initiative et réaffirmé son engagement en faveur d’une politique de sécurité inclusive.

« Le Gouvernement que j’ai l’honneur de diriger est guidé par la ferme conviction que sans inclusion et intégration du genre dans la politique de sécurité nationale, il ne serait en aucun cas possible de parler de politique de sécurité crédible », a déclaré Judith Suminwa.

Elle a insisté sur le rôle central des femmes : « Les femmes ne sont pas de simples bénéficiaires de la sécurité ; elles en sont des actrices de première ligne, tant dans la prévention, l’alerte communautaire, la cohésion sociale, la médiation, la résilience que la reconstruction. »

La Première Ministre a également souligné qu’une institution de sécurité non représentative de la société se prive de compétences essentielles, d’informations et de confiance.

Un engagement porté au plus haut niveau

Judith Suminwa a assuré que ce dossier sera porté au plus haut niveau de l’État, notamment en Conseil des ministres, afin d’aboutir à des décisions politiques, techniques et administratives concrètes.

Plaidoyer pour des réformes structurelles

De son côté, Faida Mwangilwa, point focal du GCFRSS, a salué la présence de la Première Ministre et dénoncé les obstacles persistants à l’intégration des femmes dans les services de sécurité.

Elle a insisté sur la nécessité de dépasser les stéréotypes et de lever les barrières structurelles qui limitent le recrutement et l’évolution des femmes, malgré leurs compétences.

Des recommandations concrètes

À l’issue du forum, plusieurs recommandations ont été formulées, notamment : améliorer les politiques et pratiques institutionnelles au sein des forces de défense et de sécurité ; nommer des femmes compétentes dans la chaîne de commandement et aux postes de décision et intégrer pleinement la dimension genre dans la future politique nationale de sécurité.

Le Gouvernement dirigé par Judith Suminwa réaffirme ainsi sa volonté de garantir l’accès aux services de base, de réduire les inégalités entre hommes et femmes et de lutter contre les violences faites aux femmes.

L’Exécutif entend également accorder à la femme congolaise toute sa place dans la société, en favorisant sa participation active au développement du pays, conformément au premier pilier du Programme d’actions du Gouvernement.

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