Les partenariats Rdc-Chine, Rdc-USA au cœur d’une Journée de réflexion à Pullman Kinshasa 

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L’Institut pour la Démocratie et le Leadership Politique (IDLP), l’Université Kongo (UK), avec l’appui financier de la Fondation Konrad Adenauer (KAS) et la participation active de l’Observatoire de la Gouvernance (OG) ont organisé, le jeudi 27 novembre 2025, au Pullman à Kinshasa, une journée de réflexion consacrée aux partenariats Rdc-Chine et Rdc-USA.

Ayant pour objectif de produire une lecture croisée, rigoureuse et utile à la décision nationale, cette journée a connu deux panels composés d’éminents professeurs des Universités qui ont exposé sur des sujets pertinents.

Il ressort de différentes interventions que le contrat Sino-congolais présente plusieurs avantages étant donné que la Chine, dans sa politique, n’impose aucune condition pour investir contrairement aux occidentaux qui posent des préalables de démocratie et des droits de l’homme. La Chine privilégie le l’intelligence et les valeurs autrement dit le soft power. Et le pays de Mao n’a aussi contribué au partage de l’Afrique lors de la conférence de Berlin.

 

Le premier panel

 

Dans le premier panel, l’honorable professeur Gode Mpoy Kadima a axé son intervention sur la  » Lecture économique comparée : infrastructures contre minerais contre le partenariats sécuritaires et politiques « .

Il expliqué que les deux puissances, la Chine et les États-Unis d’Amérique, cherchent à imposer leur domination dans le monde. Le pasteur Mpoy a soutenu que les États-Unis se sont réveillés en retard lors qu’ils ont constaté que la Chine s’accaparait de toute l’Afrique grâce à son système mettant en exergue l’intelligence et les valeurs, le soft power.

Ce professeur a signalé que le contrat Sino-congolais était basé sur l’échange des minerais contre les infrastructures. Il a, par ailleurs, admis que les quelques failles constatées dans ce contrat étaient de la responsabilité des congolais qui n’ont pas pu respecter les procédures de signatures des contrats internationaux.

Si pour lui le partenariat avec les États-Unis serait bénéfique à la RDC pour la sécurité, il laisse entendre que la Chine est un modèle de développement pour le monde depuis la révolution Maoïste.

L’honorable Gode Mpoy propose ainsi le modèle hybride pour marcher avec les deux puissances mais en cas de conflit d’intérêt, dit-il, il opte pour la sécurité américaine.

Le Professeur Michel Bisa Kibul, Géopolitologue et Secrétaire Scientifique de l’OG, a abordé la question relative à la  » Gouvernance, transparence et clauses cachées : que sait-on réellement des accords ? « .

Il a débuté son intervention en notant que la République démocratique du Congo est considérée dans les milieux géostratèges comme une injustice de Dieu suite à toutes ses richesses.

Il a soutenu que la RDC doit militer pour devenir une puissance car la paix, affirme-t-il, ne dirige pas, c’est la puissance qui dirige.

Comparant la Chine aux États-Unis, il a laissé entendre que la Chine n’exige jamais des concessions comme des occidentaux. Et il a également ajouté que la Chine a l’argent que les occidentaux n’ont pas.

Selon le le géostratège Michel Bisa, si les Américains proposent la sécurité dans le contrat avec la RDC, c’est parce qu’ils n’ont pas de moyens financiers étant donné que la dette fédérale pèse énormément et leurs infrastructures sont également devenues vieillissantes. Il déclare que la RDC doit chercher à développer la puissance et la gouvernance interne tout en évitant des détournements ainsi que la marginalisation de la compétence intellectuelle.

Le professeur Bisa a conclu son intervention en soutenant que la RDC n’a pas besoin d’une paix tiède mais d’une paix ardente.

 

Le deuxième panel

 

Ce deuxième panel a connu deux interventions qui ont permis aux participants à cette journée de réflexion de saisir la quintessence de ces partenariats entre la RDC et la Chine, d’une part, et entre la RDC et les États-Unis d’Amérique, d’autre part.

Le premier intervenant, le Professeur Germain Kuna Maba, Recteur de l’Université Kongo, a développé le point relatif à la  » Lecture sociopolitique des accords : perceptions publiques, gouvernance et légitimité « .

Il a relevé deux courants dans son discours. Le premier, le courant externaliste qui soutient que l’état doit tendre la main pour être soutenu car étant faible et le second, le courant souverainiste qui refuse les échanges inégaux.

Le professeur Germain a souligné que l’état congolais souffre d’un déficit de visions stratégiques étant donné qu’il n’a pas de vision claire. Il propose comme solutions de renforcer les capacités internes su pays, de valoriser l’expertise nationale, de privilégier la transparence totale dans la négociation et l’exécution des accords, d’impliquer les communautés locales et de construire une vision stratégique et compétitive.

Le deuxième intervenant, le professeur Daniel Makiese, géostratège, a communiqué sur  » Comment rendre les partenariats internationaux profitables pour le développement durable de la RDC ? ».

Ce professeur a, d’entrée de jeu, soutenu qu’à cause de sa valeur géostratégique, la RDC ne peut pas s’échapper aux partenariats étrangers.

Il affirme qu’étant donné que la RDC est sollicité par beaucoup de partenaires, elle doit avoir une technicité et une vitesse dans la réalisation des projets.

Pour sa part, monsieur Timo Roujean, représentant de la fondation Konrad Adenauer Stiftung, a expliqué que si les Européens, précisément les Allemands n’investissent pas en RDC, c’est parce qu’ils ont été les dindons de la farce, tout en affirmant que ces derniers veulent le respect des accords et des contrats. Il a remercié les intervenants et les participants pour cette journée de réflexion.

Il convient de signaler que cette journée a connu la participation des chercheurs, des universitaires, des experts, des acteurs institutionnels, de la société civile et des décideurs qui pris part à une interaction avec les panelistes sur les différents sujets abordés.

Serge Musene

 

 

 

 

 

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