Lettre ouverte au PR Félix Tshisekedi : le Congo n’échappera pas au Dialogue que vous avez promis en 2019 et rappelé en 2020 !

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Ceux qui vous dissuadent de le tenir mais vous conseillent de changer la Constitution devraient commencer par vous rappeler ce que disait de ce pays un certain maréchal : il n’est pas facile d’être le Zaïre. Ce qui réussit facilement ailleurs ne l’a jamais été ici grâce, notamment, à l’…Udps ! 

Monsieur le Président de la République : Le pays n’en serait peut-être pas là où il en EST aujourd’hui…

Sauf s’ils n’ont jamais été les vôtres, c’est-à-dire glissés par des Congolais de « mauvaise qualité » dans deux de vos discours de 2019 et de 2020, les propos repris dans la première livraison de l’année 2026 sous les références 001 et le titre « Après la ‘Trêve des confiseurs’, sommes-nous capables d’une année 2026 qui soit celle du ‘Ressaisissement national ? » vous engagent.

En effet, dans le discours d’investiture du 24 janvier 2019, vous déclariez exactement ceci : »Nous ferons de la réconciliation nationale l’une de nos priorités. Nous sommes convaincus de l’urgence de mettre en place rapidement une véritable procédure d’écoute et de dialogue dans l’ensemble du pays en prélude à un Forum de réconciliation qui réunira toutes nos forces vives».

Preuve qu’à l’époque, la réconciliation nationale faisait défaut. 

Dans votre message de Nouvel An 2020, vous exhortiez les Congolais à s’interroger, à revisiter le chemin parcouru et à envisager des perspectives meilleures. « Au regard de l’état des lieux actuel, il me paraît urgent de nous remettre en question sur le modèle de la Nation que nous voulons construire. Nos Pères de l’indépendance ont toujours rêvé de construire une puissance économique au cœur de l’Afrique assise sur des valeurs d’amour, de tolérance et de partage. J’invite chacun de nous à réfléchir et à apporter sa réponse dans la concrétisation de ce rêve. C’est ainsi que j’ai décrété 2020, l’année de l’action ! »

Preuve qu’à l’époque, vous saviez le pays à la recherche du modèle de la Nation que nous voulons.

Sept ans après le discours d’investiture (supposé écrit pour vous par Vital Kamerhe) et 6 ans après celui de Nouvel An supervisé par Éberande Kolongele, vous vous remémorez probablement ces deux extraits.

Vous conviendrez au moins avec nous que si vous l’aviez vraiment voulu ou si les vôtres l’avaient réellement désiré, le Dialogue ainsi appelé de tous vos voeux se serait tenu à temps et, certainement que le pays n’en serait pas là où il en est aujourd’hui.

Et comment !

Monsieur le Président : On a touché à un boulon ou à un fil qu’il ne fallait pas toucher

La première alternance ne devrait pas se limiter à une simple passation du pouvoir entre un régime sortant et un régime entrant.

La remise-reprise aurait dû s’effectuer sous forme d’un état des lieux pour la bonne et simple raison que le législateur congolais a facilité à l’opppsition l’accès aux informations sur la gouvernance institutionnelle.

Pour mémoire, la loi n°07/008 du 04 décembre 2007 portant statut de l’Opposition politique reconnaît à son article 8 à celle-ci le droit d’ « Être informée de l’action de l’Exécutif » et de « Critiquer ladite action et, le cas échéant, formuler des contre-propositions, sous réserve du respect de la Loi, de l’ordre public et des bonnes mœurs ».

Par cette disposition légale, l’opposition avait de quoi confectionner un programme de campagne électorale pratique car fondée sur du concret en termes de gouvernance institutionnelle et non un programme qui refléterait un chapelet de bonnes intentions.

Évidemment, l’Udps n’y faisait jamais allusion, ni en étant parti de l’opposition, ni même devenu parti au pouvoir.

Conséquence : Monsieur le Président, vous avez pris le pouvoir le 25 janvier 2019 (au lendemain de la cérémonie d’investiture) visiblement sans rien connaître de la gouvernance institutionnelle héritée et vous vous êtes mis, hélas !, à déboulonner les boulons que vous n’avez jamais placés, pour paraphraser l’autre.

Pour l’anecdote, un artiste musicien réputé touche-à-tout se vantait d’avoir remonté le moteur de sa voiture qu’il venait de démonter.

Au remontage, il s’était retrouvé avec quelques petites pièces non replacées et apparemment sans importance. Lorsqu’il avait redémarré le véhicule, le moteur avait répondu parfaitement. Et l’artiste s’était mis à rouler sans problème, fier de son exploit. Seulement voilà : quand le véhicule tomba en panne, tous les garagistes appelés pour la réparation avaient échoué. La sentence fut terrible : le véhicule devait être simplement déclassé. À la base : l’absence des pièces « banales » non replacées.

C’est exactement ce qui est en train d’arriver. On a peut-être touché par imprudence à un fil de la toile d’araignée du système sécuritaire ou du système économique, et c’est la désintégration totale du mécanisme mis en place. On se contente du verbe « déboulonner » sans savoir ce que cela représente en termes de conséquences !

Monsieur le Président : nous sommes allés loin, au prix du sang et des larmes

Dans la dernière livraison, nous avons relevé deux cas qui ne peuvent pas ne pas nous interpeller, nous Congolais, donc forcément vous en premier.

Premier cas : le 4 décembre 2025, vous avez contresigné avec Paul Kagame le document dénommé CADRE D’INTEGRATION ÉCONOMIQUE RÉGIONAL (CIER). Il s’agit d’un Accord économique tripartite entre la RDC, le Rwanda et les États-Unis.

Pourtant, à bien réfléchir, ce n’est que la version enrichie de l’Accord RDC-Rwanda signé à Goma le 26 juin 2021. La nouveauté est que cette fois-ci, Kinshasa et Kigali incluent Washington !

Deuxième cas : le 19 juillet 2025 à Doha, votre haut représentant Sumbu Sita Mambu s’est substitué à un ministre de la République pour engager le Gouvernement congolais dans un acte d’Etat avec le M23 (rallié par l’AFC). Les deux parties ont signé une Déclaration de Principes. En réalité, il s’agit-là d’une Déclaration inspirée de l’Accord escompté du séjour à Kinshasa de la délégation du M23 en 2020.

À dire vrai, la guerre de 2022 nous a fait tourner en rond pour nous ramener au point de départ, cette fois avec pour seule nouveauté l’implication américaine pour le monde occidental et l’implication qatarie pour le monde arabe.

On doit alors se le dire, Monsieur le Président : nous sommes allés loin, trop loin, et ce au prix du sang et des larmes des Congolais.

Certes, en consolation, nous pouvons afficher la fierté d’une diplomatie agissante isolant le Rwanda de Paul Kagame et (peut-être) isolant aussi le M23-AFC.

Mais pour quelle finalité ? 

Car la finalité est que la RDC et le Rwanda sont aujourd’hui en dialogue diplomatique sous l’instigation d’un Donald Trump capable de violer le droit international (enlèvement et séquestration de Nicolás Maduro) pendant que la RDC et le M23-AFC sont, eux, en dialogue des belligérants.

Monsieur le Président : un tel challenge ne doit pas être l’affaire d’une seule famille politique

De tous ces dialogues, il en manque le tronc essentiel : le « Dialogue politique pour la Refondation du Congo ».

Il implique la SÉCURISATION :

1. de la Constitution,

2. de la Superficielle du territoire national,

3. de l’Identité nationale (Nationalité) ,

4. de la Démocratie,

5. des Droits de l’homme,

6. de l’État de droit,

7. de la Justice,

8. de la Défense,

9. de l’Ordre public,

10. des Renseignements,

11. de la Monnaie,

12. de l’Économie,

13. des Ressources naturelles,

14. de la Santé,

15. de l’Éducation,

16. de l’Environnement, bref

17. du Développement intégral de la République Démocratique du Congo.

Au regard de cette énumération suggestive, Monsieur le Chef de l’État, nous pouvons l’affirmer sans ambages ni fioritures : le Congo n’échappera pas à ce Dialogue n’ayant, pour rappel, rien à voir avec le déballage et le partage du pouvoir tant redoutés des vôtres.

C’est le Dialogue du Centenaire de l’indépendance (1960-2060) avec pour seul objectif : la Refondation du Congo dans la perspective inéluctable de l’érection de la IV° République.

Un tel challenge ne doit pas être l’affaire d’une seule famille politique. Il impérative (c’est un néologisme) le consensus national !

PS.

Il s’appelait Mankenda Voka. Opérateur économique, il était devenu éditeur de presse. Lors d’un échange dans son bureau, il m’avait surpris avec cette sentence pour expliquer le drame du Congo : « Ceux qui lisent ne décident pas ; et ceux qui décident ne lisent pas ! ». Il m’avait avoué l’avoir appris de quelqu’un. Et moi de répliquer : »Alors, j’arrête d’écrire ? » Il me répondit calmement : »Continue d’écrire, quitte à crier dans le désert. Peut-être qu’une oasis n’est pas loin. Et quelqu’un ayant une oreille exercée comprendra que ce n’est pas un mirage. C’est réellement un cri humain ».

Voilà pourquoi je crie, j’écris, je m’écrie sous le code « DRC-O-2060 » pour « DIALOGUE POUR LA REFONDATION DU CONGO-OBJECTIF 2060) ».

Peut-être qu’une oreille exercée entendra et comprendra…

Omer Nsongo die Lema

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