Luanda : vers le Dialogue de la Refondation au travers de la Réparation et pour la Réconciliation !
Conscient de la faillibilité de l’homme, le bon leadership favorise l’une et l’autre… Faire le déplacement de Luanda deux fois en moins de quatre jours (5 et 8 janvier 2026), c’est la preuve que les lignes sont en train de bouger avec possibilité de voir enfin le Rubicon franchi. Car la position du chef de l’Etat angolais pour la résolution de la crise sécuritaire à l’Est est connue : Dialogue inclusif !
Qu’est-ce qui aura alors changé par rapport au dialogue ?
De l’échange du 5 janvier, l’essentiel à retenir de Félix Tshisekedi sont les propos suivants : « C’est une agression barbare et la guerre continue (…) mais nous avons un grand homme, le Président João Lourenço, qui est notre champion en Afrique pour la paix. À son initiative, je crois que cette paix deviendra réelle ». Les médias ont fait état des «propositions très intéressantes » du Chef de l’Etat angolais sans en dire plus.
De l’échange du 8 janvier 2026, l’essentiel à retenir des propos de Félix Tshisekedi est « l’engagement sans faille » de son homologue en faveur de la paix dans son pays ainsi la précision selon laquelle « Qu’on n’accuse pas le président João Lourenço d’avoir voulu créer un autre processus. Il ne sort d’aucun processus. Nous restons bien dans le processus de Doha et de Washington ». On parle d’un cessez-le-feu sans en définir cependant la contrepartie.
Le fait déjà de ne pas parler clairement dudit Dialogue est une indice crédible en ce que de l’ex-Processus de Luanda, il ne reste que l’initiative informelle du Dialogue national.
En effet, en février, en octobre et en décembre 2025, Joao Lourenço est resté dans cette logique.
Qu’est-ce qui l’aura alors amené à changer soudain d’avis ?
Au demeurant, Patrick Muyaya a rappelé dans son briefing du 9 janvier dernier l’initiative du Président de la République d’une concertation entre son cabinet, d’un côté, et les confessions religieuses de l’autre, en vue justement du Dialogue national.
Naturellement, « haute communication oblige » : il en exclut d’office ceux qui ne condamnent pas l’agression rwandaise puisqu’ils n’y défendraient que les positions kagamiennes !
La motivation a un nom : survie politique individuelle…
Au fait, à bien réfléchir, les Congolais sont allés trop loin dans la diabolisation des Congolais. Manichéisme et égocentrisme sur fond de manipulation ont fait et font d’horribles dégâts radicalisant les positions au lieu de les modérer.
Un esprit ou un groupe d’esprits malin continue d’exalter des positions extrémistes dans tous les piliers de la société congolaise que même le diable, père du mensonge qualifié de dérobeur, d’égorgeur et de destructeur, en est ébahi, ébloui, voire jaloux !
Bien entendu, la motivation a un nom : la survie politique individuelle sous couvert de nationalisme et de patriotisme !
Ainsi, toute la communication politique s’evalue dans une sorte de hit-parade des « meilleures insultes » et des « meilleurs mensonges » contre l’adversaire ou l’ennemi.
Plus grave : la science est mise à la disposition de la violation du Droit et de la banalisation de la logique. Professeurs d’université, avocats, religieux, journalistes, bref corps d’élite sont comme ensorcelés par des faux ministres de Dieu et des vrais spiritistes opérant désormais à découvert au cimetière de Gombe réunissant, à les croire, toutes les ethnies et tribus du Congo !
C’est à se demander si chacun des protagonistes parmi les plus en vue – tous domaines confondus – peut prétendre être sain et saint dans sa marche et sa démarche au Congo, de 1960 à ce jour !
Le drame est de voir certains acteurs majeurs du Pouvoir, de l’Opposition (armée et non armée) et de la Société civile reduire savamment le Dialogue à l’agression rwandaise et à la rébellion M23-AFC.
Pourtant, ils savent tous que les dérapages qui se constatent dans la gouvernance depuis 65 ans et demi ne sont pas la cause première et unique de l’insécurité qui prévaut à l’Est depuis 1996.
Bien qu’on ait connu des moments d’accalmie, la moyenne des guerres (sécession, rébellion, agression, mutinerie, révolte populaire) en 65 ans d’indépendance est d’ un conflit armé tous les 5 ans, rendant impossible toute gouvernance visant la stabilité en tant que fondement du développement intégral.
Juste un rappel à ne pas rattacher au « poison rwandais » : quand il y avait eu les sécessions au Katanga et au Sud-Kasaï en 1960, les rébellions lumumbiste en 1961 et muleliste en 1964, la mutinerie de Bukavu en 1967, les guerres de Shaba I en 1977 et de Shaba II en 1978, les épurations ethniques visant les Baluba en 1960 au Kasaï Central et en 1992-93 au Katanga, ce n’était pas à cause du Rwanda de Paul Kagame.
Quand, par la suite, il y a eu la guerre de l’Afdl en 1996 suivie des guerres en 1998 portées par le Rcd et le Mlc en plus de celle de Kisangani en 2000, ce n’était pas à cause du Rwanda seul.
La vérité à rétablir est que des Congolais encourageaient des Congolais dans les agressions contre leurs propres pays à la suite des frustrations subies dans des contextes différents. Cas du soutien d’Étienne Tshisekedi à l’Afdl. On peut supposer que ça résultait des frustrations accumulées depuis les années 1970 et 80, accentuées au cours de la décennie 1990. Kes dégâts de ce soutien ont fini par rattraper Félix Tshisekedi !
Le mérite de l’agression actuelle, portée encore et toujours mais malheureusement par des Congolais, est de secouer enfin Communauté internationale restée figée jusque-là. Elle remobilise la conscience nationale exténuée par l’indifférence des partenaires extérieurs.
Non au schéma du dialogue national, oui au schéma de Washington
En toute logique, cette énième agression est l’occasion pour la RDC de s’interroger sur les « causes profondes » des guerres qui se produisent et se reproduisent sur le territoire national depuis 65 ans et demi, de façon à en tirer toutes les conséquences.
Car, il y a des défis à relever pour faire de la RDC un pays normal. Pour l’heure, à notre avis, il y a de bonnes raisons d’en douter au regard des carences inexplicables comme celles-ci :
*pas de certification des frontières nationales ;
*pas de certification de la nationalité congolaise (d’ailleurs, on n’a pas de carte d’identité) ;
*pas de Constitution adaptée aux réalités du pays ;
*pas de processus électoral fiable et rassurant ;
*pas de formalisation de l’opposition légale ;
*pas de Droits de l’homme respectés ;
*pas de certification des ressources naturelles ;
*pas de justice « juste » ;
*pas d’armée, ni de police, ni de Renseignements répondant aux normes sécuritaires établies ;
*pas de respect de la conduite routière ;
*pas d’économie compétitive en interne et en externe ;
*pas de monnaie stable ;
*etc.
Il ne sert à rien d’en nier l’évidence puisque dans les Accords économiques de Washington du 4 décembre 2025, il y a des aspects économiques et sociaux qui relèvent de la souveraineté nationale.
À l’article V relatif aux « PROJETS STRATÉGIQUES DÉSIGNÉS PAR LA RDC », il est par exemple question pour Kinshasa de désigner des projets supplémentaires allant de la paix (dont « la Stabilité et l’Autorité de l’État en particulier dans les zones touchées par les conflits ou les régions isolées riches en ressources naturelles ») à « l’amélioration des conditions de vie du peuple congolais grâce à une transformation économique à long terme » !
Comment peut-on développer un narratif reniant l’existence d’une crise politique, économique et sociale interne (au motif de rejeter Dialogue national) et, en même temps, solliciter des Américains sa résolution !
De ce fait, Kinshasa se plante dans le schéma du NON au Dialogue national et du OUI au schéma de Washington. Même les Américains doivent s’en étonner…
A qui la charge d’arrêter la descente aux enfers ?
À « BALISES », nous persistons et signons : la RDC a une « soif intense d’un Dialogue pour la Refondation de la Nation ».
Vont y participer toutes ses filles et tous ses fils indistinctement, car personne ne peut prétendre n’avoir péché contre ce pays dans un domaine ou dans un autre. « Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu », trancherait Romains 3:23.
De nos grands-parents qui avaient hérité d’un pays économiquement fort et socialement organisé à nos petits-enfants qui enflamment la cohésion nationale par les réseaux sociaux en passant par nous-mêmes du fait d’avoir détourné le pays des objectifs de la Conférence nationale souveraine et du Dialogue intercongolais, personne d’honnête ne peut nier sa participation, d’une manière ou d’une autre, à la mise en débandade et en lambeaux de l’intégrité territoriale du pays.
Nous avons le devoir de réparer ensemble, et cela requiert la Réconciliation nationale.
Ne plus piéger Luanda
Il revient au Chef de l’Etat la responsabilité, ou plutôt la charge d’arrêter la descente aux enfers.
Déjà, il n’a et il n’y a aucune alternative au Dialogue national qui, pour « BALISES », n’est ni pour le lieu du déballage, ni le cadre du partage du Pouvoir.
C’est le Dialogue au cours duquel sera construite la RDC du Centenaire de l’Indépendance en 2060. D’où l’acronyme « DRC-O-2060 ».
Ce sera la première fois que les Congolais auront à doter leur pays, sous forme d’une loi, d’un Programme de gouvernement sur 35 ans.
Pour ce faire, le Rubicon est à franchir à partir de Luanda.
Espérons des uns et des autres qu’ils s’abstiendront de la formule « Deux pas en avant, un pas en arrière » en ne piégeant plus Luanda !
Dans tous les cas, le Dialogue national est inéluctable, quel qu’en soit le temps…
Omer Nsongo die Lema



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