Lutte contre la spoliation des biens de l’État, Guillaume Ngefa sonne la riposte à Kisangani

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La question de la spoliation des biens publics refait surface au cœur de l’action gouvernementale. En mission à Kisangani, le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a affiché une position ferme face à l’occupation illégale des domaines de l’État, lors d’une audience avec le gouverneur de la province de la Tshopo, Paulin Lendongolia.

Au centre des échanges : la situation préoccupante du patrimoine public, notamment celui de l’Institut national pour l’étude et la recherche agronomiques à Yangambi. Selon le ministre, ce domaine stratégique est aujourd’hui « complètement morcelé », conséquence directe d’occupations anarchiques et de pratiques de spoliation qui fragilisent les capacités de l’État à préserver ses ressources foncières.

Face à ce constat, le ton se veut sans équivoque. Guillaume Ngefa a annoncé des mesures imminentes pour rétablir l’autorité de l’État sur ses biens. « Nous allons donner injonction pour que l’État déguerpisse tous les occupants et récupère ses patrimoines », a-t-il déclaré, traduisant ainsi la volonté du gouvernement d’engager une action concrète contre ce phénomène longtemps décrié.

Au-delà du cas de Yangambi, d’autres situations préoccupantes ont été évoquées, notamment dans le secteur judiciaire. Le ministre a pointé du doigt l’occupation illégale de terrains appartenant à la justice, où des constructions ont été érigées à proximité immédiate d’infrastructures pénitentiaires. Une situation jugée inacceptable, qui soulève des questions de sécurité, de légalité et de gouvernance.

Cette mission à Kisangani s’inscrit dans une dynamique plus large de restauration de l’autorité de l’État et de protection du patrimoine public en République démocratique du Congo. La spoliation des biens de l’État constitue en effet un défi majeur, avec des conséquences directes sur le développement, l’aménagement du territoire et la crédibilité des institutions.

Pour les autorités, il ne s’agit plus seulement de constater les faits, mais d’agir avec fermeté. La récupération des domaines publics, la sanction des auteurs de spoliation et la mise en place de mécanismes de prévention apparaissent désormais comme des priorités. Cette approche vise également à envoyer un signal fort : les biens de l’État ne sont pas négociables et doivent être protégés dans l’intérêt général.

Sur le terrain, cette volonté politique suscite à la fois espoir et attentes. Si les populations saluent généralement l’initiative, elles restent attentives à sa mise en œuvre effective. Car au-delà des annonces, c’est la capacité des institutions à traduire ces engagements en actions concrètes qui déterminera l’impact réel de cette lutte contre la spoliation.

En s’attaquant à ce fléau à Kisangani, le ministre Guillaume Ngefa ouvre ainsi un chantier crucial pour la gouvernance publique en RDC : celui de la récupération, de la sécurisation et de la valorisation du patrimoine de l’État, condition essentielle pour un développement durable et une justice équitable.

 

Corinne Ontande

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