Makutano Talk 2025: ‎Redonner la confiance au franc congolais, crédo du Gouv’ Wameso

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« Pourquoi l’épargne nationale ne finance-t-elle pas les projets en République démocratique du Congo ? Comment créer les conditions nécessaires ? ». Ces deux questions qui étaient au centre de la rencontre ce samedi 11 octobre 2025 à Kinshasa au Makutano Talk 2025,  nous conduisent à une réflexion stratégique autour de trois axes principaux : renforcer l’architecture et la régulation des marchés financiers en bâtissant un cadre juridique et institutionnel solide, promouvoir un modèle innovant de financement et d’investissement incluant la digitalisation, la formalisation des acteurs et la création d’instrument adaptés au développement du pays, développer les infrastructures et les connexions régionales afin d’intégrer progressivement notre économie aux marchés africains et modifier la profondeur de notre marché financier domestique.

Selon les organisateurs, ce cadre demeure un moment rare où il faut penser à l’avenir et  questionner les évidences. A cette première rencontre, au-delà des quelques intervenants du jour, un invité de taille marqué cet événement, il s’agit du Gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC), André Wameso, qui a été l’intervenant principal à cet échange qui a tourné essentiellement sur l’épargne et l’investissement en RDC.

‎Prenant la parole, André Wameso a tenu d’abord à souligner qu’en terme générale, le Congo au cœur du développement financier, doit développer la confiance, parce que la monnaie, la banque et la finance tournent autour de la confiance.

« Il y a eu deux mots qui sont sortis qui peuvent paraitre anodins et qui sont très importants et au cœur de tout développement financier », dit-il, avant d’ajouter qu’il s’agit de la confiance, mais pas n’importe laquelle. La monnaie, la banque, la finance, n’est que confiance au sens de la foi. Comment organisons-nous notre épargne ? L’objectif, c’est d’organiser cette épargne autrement, mais avec un besoin. Nous devons d’abord organiser l’épargne pour qu’elle finance l’économie à travers les banques ou le marché financier.

Le marché des capitaux a commencé avec l’introduction des assurances et l’idée des retraites. Le véritable marché des capitaux, ce qui est vendu et acheté, c’est un taux d’intérêt. J’ai proposé la constitution d’un marché des capitaux et d’un marché financier. Quand on regarde l’enveloppe salariale (400 millions de dollars par mois). Si on prélève 5%, c’est 20 millions de dollars Us. Cela nous amène à tirer avantage de la jeunesse congolaise, car 70% de la population à moins de 25 ans. Il y a d’autres personnes qui utilisent notre marché pour faire le bonheur des investisseurs à l’étranger. La création du marché boursier n’est pas une finalité. La finalité, c’est organiser l’épargne.

Organiser l’épargne

‎Il a souligné qu’en premier lieu, en ce qui concerne l’épargne, la RDC doit avant tout organiser le système d’épargne pour que celui-ci puisse financer son économie, soit au travers les banques ou le marché financier. En deuxième lieu, le patron de la BCC a évoqué également le fait que la RDC a une économie dont 90% se fait en dollars.

Comme les banques commerciales n’ont pas accès au financement de l’institution d’émission de la monnaie dans lequel elles travaillent, le dollar, ont un mécanisme de constitution de taux. Alors en tant que Banque Centrale du Congo, le souhait, c’est de financer l’économie en franc congolais

‎Le gouverneur de la BCC réaffirme encore sa détermination de rendre l’économie congolaise en Franc. « Moi étant que BCC, mon souhait et de pouvoir financer l’économie en franc congolais. Le premier problème reste encore le taux directeur. Donc le problème de financement de notre économie reste la confiance. On n’avait pas suffisamment confiance au franc, ce qui faisait que chaque fois qu’on est payé ou on faisait une transaction, on pensait directement au dollar. Il faut redonner confiance au Franc congolais et ça c’est le rôle de la Banque centrale », a souligné le patron de la BCC.

‎Après son exposé, plusieurs préoccupations liées au secteur financier, l’investissement et le climat des affaires ont été soumises au gouverneur de la Banque Centrale du Congo qui, à son tour, a donné des réponses concrètes en rapport avec les enjeux de l’heure dans le secteur financier en RDC et aussi de sa vision comme le patron de la Banque des banques en RDC.

‎André Wameso, nommé récemment à la tête de la Banque Centrale du Congo, rappelle qu’il place au cœur de son action la stabilisation du cadre macro-économique, le renforcement de la crédibilité du franc congolais et la modernisation du système bancaire avec une vision tendue vers la digitalisation, de l’inclusion financière contribuant ainsi aux conditions du pouvoir d’achat, au financement de l’économie des capitaux et à l’amélioration du climat des affaires.

‎A noter que cette même rencontre était également l’inauguration de ce cadre conçu comme un espace d’échange stratégique propice à la réflexion et la confrontation d’idées et la construction collective. Plusieurs personnalités politico-administratives et experts des différents domaines essentiellement de finances, avaient pris part à cet échange.

OSK

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