Marché des matières précieuses : La RDC renverse la table du cobalt

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Kinshasa a choisi son moment. En levant, mi-octobre, l’interdiction d’exportation du cobalt, tout en imposant des quotas drastiques, la République Démocratique du Congo a envoyé un signal clair. Le temps où elle subissait les règles du marché est révolu. Désormais, elle veut les fixer.

 

Ce métal bleu, clé des batteries électriques et de la transition énergétique mondiale, n’est plus une simple ressource d’exportation. Il devient un instrument de puissance économique et diplomatique. En contrôlant l’offre, la RDC fait remonter les prix, au-delà de 44 000 $ la tonne, rappelant au monde que sans elle, la révolution verte n’a pas de moteur.

 

Mais ce sursaut de souveraineté a ses revers, notamment les pressions des multinationales, le risque accru de contrebande, et le dilemme entre rente à court terme et industrialisation durable. Le défi pour Kinshasa est immense : transformer cette stratégie en politique structurante, bâtir une chaîne locale de valeur et éviter que la flambée du cobalt ne se dissipe en simple spéculation.

Le monde regarde, inquiet ou admiratif. La RDC, elle, avance enfin en terrain miné, mais en terrain maîtrisé.

 

Nico Minga

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