Martin Cauchon : « Une vraie volonté ferme de rebâtir une belle coopération »
Des négociations commerciales entre la Chine et les États-Unis se tiennent du 14 au 17 mars en France. À cette occasion, notre correspondant au Canada a interviewé Martin Cauchon, ancien ministre de la Justice et procureur général du Canada. Ce dernier s’est montré optimiste quant à ces discussions, soulignant que les deux parties avaient clairement manifesté leur volonté de rétablir et de relancer une coopération de qualité. Martin Cauchon, qui avait accompagné le Premier ministre canadien Carney lors de sa visite en Chine en janvier dernier, a indiqué que le Canada souhaitait également diversifier ses débouchés à l’exportation, en particulier en saisissant les opportunités offertes par le marché chinois, afin d’approfondir sa coopération pragmatique avec la Chine dans les domaines économique, commercial, éducatif et autres.
Quelques semaines après la visite, mon regard, évidemment, est extrêmement positif. Après, après plusieurs années de relations difficiles, il y a là une vraie volonté ferme de vouloir rebâtir, rétablir une belle coopération, mais une coopération aussi sur des bases historiques. Considérant aussi la relation avec les États-Unis, qui est un peu plus houleuse au moment où on se parle. Donc, il y a cette volonté de vouloir diversifier les exportations et avec une cible très précise pour le marché chinois, c’est à dire augmenter de 50 % nos exportations d’ici 2030. Mais aujourd’hui, lorsqu’on regarde la Chine, c’est un leader technologique mondial. On pense par exemple à la question des voitures électriques.Donc pour les sociétés canadiennes et les sociétés de partout dans le monde, je pense que d’avoir une présence en Chine, c’est un élément qui s’impose pour être capable d’aller obtenir des technologies, augmenter et maintenir le caractère concurrentiel sur les différents marchés internationaux. Donc oui, la Chine a changé. Et lorsqu’on regarde, en fait, on parlait tout à l’heure de s’engager de façon pragmatique. On a eu maintenant la destination privilégiée.
Depuis la fin de l’année dernière, on a été maintenant désigné de nouveau. La Chine a annoncé également l’absence de visas pour les visiteurs canadiens. Ça a été annoncé au cours des dernières semaines, donc tout ça va pouvoir relancer la relation touristique. Le marché de l’éducation a également été mentionné, donc beaucoup de potentiel. Le troisième élément, c’est un élément que j’ai soulevé tout à l’heure, c’est toute la question des relations de s’inscrire dans une mouvance basée sur les règles du multilatéralisme. Les règles établies par l’OMC est en réforme. S’assurer qu’il n’y a pas de doute qu’il n’y a pas de décisions unilatérales au niveau du commerce, décisions qui doivent s’inscrire dans les règles préétablies. L’autre élément important, qui a aussi un caractère économique parce que lorsqu’on parle d’une stabilité au niveau de la sécurité dans le monde. Qui dit stabilité, dit aussi dit encouragement au niveau économique, Donc la volonté de s’attaquer, de travailler ensemble. Pour la question du trafic de stupéfiants, qui est fondamentale. Comme ancien ministre de la Justice et procureur général du Canada, je peux comprendre la portée et l’importance de ce de cet élément-là. Et ça déjà fait. Cette réaction rapide là, elle était souhaitable et elle est le bienvenu, au niveau des gestes concrets. Bien évidemment, J’ai mentionné tout à l’heure la question des visas, qui est drôlement bienvenue, la question des importants des véhicules électriques, il y a eu maintenant un pas assez important, c’est à dire d’abord au niveau des tarifs, de diminuer les tarifs qui étaient de 100 % l’équivalent de la nation la plus favorisée selon les termes de l’OMC ou les règles des règles de droit international. Donc, c’est un tarif aux alentours de 6.1 %.
Ce qui est important est d’offrir un quota de quota de 49 000 véhicules par année pour les véhicules qui sont fabriqués en Chine. Donc déjà, on sent du mouvement de ce côté-là. Je pense que les différentes entreprises qui sont intéressées à venir au Canada sont déjà en train de traverser le processus de certification. Ça promet énormément, tant au niveau des échanges technologiques pour le Canada et la Chine, mais également pour le Canada, de s’assurer qu’on va pouvoir renouveler le marché, l’automobile, qu’on va pouvoir s’assurer également dans l’avenir des partenariats, des joint-ventures qui pourront amener de la création d’emplois considérables. C’est ce qui est souhaité et également s’assurer qu’on puisse éventuellement avoir des voitures de qualité, mais qui sont aussi abordables pour les Canadiens et Canadiennes. Chaque pays réagit de façon différente, aux différents défis qu’on a présentement dans le monde. Les États-Unis maintenant ont leurs règles, leurs relations, leurs réactions, leurs façons de voir, leurs enjeux au niveau international, leurs enjeux nationaux également, qu’il faut comprendre également, nous, ça nous amène, ça nous oblige à réagir. Ce qui se passe présentement donnera lieu à un nouvel ordre mondial, un nouveau un ordre mondial au niveau géopolitique, mais également au niveau des relations économiques.
Donc, à quelque part, vous savez, il y aura une réorganisation qui sera bénéfique pour l’ensemble des joueurs, en tenant compte des priorités de chacun. Maintenant, les États-Unis sont dans un monde moins multilatéral, sont dans un mode plus protectionniste. Il faut réagir en conséquence. La Chine le fait. Nous, on le fait, les autres pays, l’Europe le fait aussi et ça donnera lieu à un nouvel ordre mondial qui ne sera pas nécessairement négatif. Vous savez, le monde va se réinventer comme ça, comme cela s’est toujours passé. Je suis un optimiste.(FIN)
