Modification constitutionnelle : Le reflexe obsessionnel de la légitimation par la nomination (Alain Ngono)

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Les fonctionnaires qui ont pris le Cameroun en otage depuis 1982 croient fermement que les nominations mènent à tout, notamment aux hautes fonctions politiques, permettent de s’y maintenir et même de se passer le flambeau.

Cette infirmité congénitale du régime le pousse à considérer la démocratie comme un simple outil d’avalisation et de légitimation des nominations. Ils (se) nomment partout, même dans les églises et les syndicats.

Parachutés au pouvoir par nomination, il leur est difficile de considérer l’accession à la légitimité démocratique par des procédés autres que ceux qui sont antipopulaires: l’entrisme, la ruse, l’aplaventrisme, le management par embuscade, les intrigues de cour et l’adhésion à des réseaux opaques.

Il est vrai qu’être nommé toute sa vie, de chef de classe à chef d’Etat, rend difficile le fait de douter de l’infaillibilité du procédé. Surtout pas après neuf décennies sur terre et 60 ans de rodage… Mais attention aux certitudes illusionnistes de l’hyper-assurance que confère le principe du marteau de Maslow : « Quand on a un marteau dans la tête, on voit tous les problèmes sous forme de clou. »

Pour sortir de cette longue nuit noire, le Cameroun doit impérativement échapper au suicide qui consisterait à laisser un seul homme contrôler tout : l’agenda électoral, le processus électoral, la Constitution, les ressources naturelles et financières, les forces de sécurité, la justice, ainsi que la fonction publique et les institutions. Il n’est pas un demiurge, bon sang!

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