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Mustapha El Haddaoui : La CAN Maroc 2025 écrit un nouveau chapitre de l’histoire du football africain  

Mustapha El Haddaoui : La CAN Maroc 2025 écrit un nouveau chapitre de l’histoire du football africain  

L’ancien international marocain Mustapha El Haddaoui a qualifié l’édition en cours de la TotalEnergies CAF Coupe d’Afrique des Nations d’exceptionnelle, estimant que l’ambiance générale reflète l’envergure et la valeur continentale du tournoi.

Il a souligné l’organisation de haute qualité, la forte affluence des supporters et la grande diversité des équipes participantes, ajoutant que la Confédération Africaine de Football (CAF) et le Maroc ont offert un démarrage impressionnant à la hauteur du statut de l’Afrique en tant que puissance footballistique montante.

El Haddaoui a évoqué ses propres souvenirs avec les Lions de l’Atlas lors de la compétition, notamment l’édition 1988 organisée par le Maroc, soulignant que l’écart entre cette époque et aujourd’hui est considérable.

Il a mis en avant le professionnalisme dans la gestion et l’organisation comme une preuve tangible des progrès majeurs accomplis par le football africain au cours des dernières décennies.

El Haddaoui, seul joueur marocain à avoir participé aux Coupes du Monde de la FIFA en 1986 et 1994, s’est exprimé sur le niveau technique et tactique après la phase de groupes.

Il a noté une disparité logique entre les favoris du tournoi et les équipes cherchant à se faire un nom, prédisant que cette édition pourrait figurer parmi les meilleures de l’histoire de la compétition.

Dans une interview exclusive accordée à CAFonline.com, El Haddaoui a également évoqué les équipes qui ont bien démarré le tournoi, soulignant que les phases à élimination directe s’annoncent encore plus passionnantes.

Il a ajouté que cette compétition constitue une nouvelle étape importante pour confirmer la capacité de l’Afrique à accueillir des événements mondiaux majeurs, notamment la Coupe du Monde de la FIFA 2030.

CAFonline.com : Comment vivez-vous l’ambiance autour de la TotalEnergies CAF Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025 ?

Mustapha El Haddaoui : Je vis ce tournoi comme tous les Africains et les supporters venus au Maroc pour encourager leurs sélections nationales. Nous assistons à une très belle édition de la CAN, tant sur le plan de l’organisation de la CAF que de celle du pays hôte, le Maroc. Nous espérons que ce départ impressionnant se poursuivra jusqu’à la finale.

Ces scènes te rappellent-elles tes jeunes années en tant que joueur international avec le Maroc ?

J’ai eu le privilège de participer à la CAN 1988, également organisée par le Maroc. Malheureusement, nous n’avons pas réussi à remporter le titre, éliminés en demi-finale par le Cameroun, qui a ensuite soulevé le trophée.

L’ambiance est honnêtement très différente entre ces deux éditions. Aujourd’hui, le nombre d’équipes participantes a augmenté, les infrastructures sont de très haut niveau, les stades sont excellents, les hôtels et centres d’entraînement bien équipés, et les transports parfaitement organisés. Nous avons même vu le président de la CAF, Dr Patrice Motsepe, assister à trois matchs en une seule journée dans trois villes différentes.

Comment évaluez-vous le niveau de compétition jusqu’à présent après la phase de groupes, en termes de buts marqués et de qualité technique et tactique ?

Certains matchs ont été très relevés, tandis que d’autres étaient plus moyens, selon le niveau des équipes en présence. Les équipes les plus fortes et les prétendantes au titre disposent d’effectifs étoffés, ce qui rend leurs rencontres plus compétitives.

D’autres équipes ont moins d’options sur le banc, et ce tournoi leur offre l’opportunité de rivaliser à haut niveau et d’élever leurs standards. Cela sert également de plateforme pour mettre en valeur les joueurs africains, leur permettant de signer dans de grands clubs européens, de continuer à progresser et de ramener cette expérience au sein de leurs sélections nationales. J’espère que cette édition sera la meilleure jamais organisée.

Quelles équipes vous ont le plus impressionné jusqu’à présent ?

Des équipes comme le Maroc, l’Algérie, le Cameroun, l’Égypte, le Sénégal et le Nigeria ont tous démarré fort. Chacune de ces sélections a son mot à dire dans cette compétition, ce qui promet des prochains tours passionnants et intenses. Je tiens aussi à souligner les foules impressionnantes dans les stades, une nette différence par rapport aux éditions précédentes et une grande fierté pour l’Afrique d’organiser de tels événements footballistiques. Après ce niveau d’organisation, nous serons prêts à accueillir la Coupe du Monde 2030 en Afrique, où nous espérons voir toutes les équipes briller après avoir relevé leur niveau.

Qui voyez-vous aller loin dans le tournoi et soulever le trophée continental ? Et qui pourrait être le petit poucet ?

Je ne pense pas que la surprise viendra d’une équipe moyenne ou inconnue. Je crois que le champion sera l’une des grandes équipes, dirigée par un entraîneur expérimenté qui sait gérer les situations et dispose de joueurs de haut niveau.

Des équipes comme l’Algérie, le Sénégal, le Nigeria, le Maroc, l’Égypte, la Tunisie, la RD Congo et le Cameroun ont toutes le potentiel pour briller dans cette compétition.

Qu’est-ce qui distingue cette édition des précédents tournois ?

Le nombre d’équipes est passé à 24, les standards d’infrastructure se sont nettement améliorés, et même les petits détails qui font la différence ont été soigneusement étudiés par les organisateurs et la CAF.

Un énorme travail est accompli en coulisses. La couverture médiatique mondiale est également bien plus importante que par le passé, ce qui aura un impact positif à l’avenir. Vraiment, tout est impressionnant.

Comment évaluez-vous l’évolution du football africain à travers cette édition du tournoi ?

Le football a beaucoup changé ces dernières années, et le football africain a suivi ces transformations, que ce soit au niveau des infrastructures sportives, des stades de haut niveau ou de l’amélioration du niveau d’arbitrage.

On dit souvent que la génération actuelle de joueurs manque de flamboyance technique, la discipline tactique prenant désormais le dessus. Pensez-vous que cela a réduit le plaisir du football par rapport à votre époque ?

Je partage ce constat. Autrefois, chaque équipe comptait cinq ou six joueurs d’une grande virtuosité technique qui enflammaient les supporters en quête de fantaisie et d’émotion. C’est devenu assez rare aujourd’hui. Je pense que lors de la formation, les entraîneurs découragent désormais les dribbles excessifs. Les jeunes devraient pourtant bénéficier de plus de liberté, car c’est vers 15 ans que le travail tactique et la préparation physique commencent à primer.

Autrefois, le football africain a donné naissance à des joueurs d’une incroyable habileté comme Belloumi, Madjer, et tant d’autres qu’on ne peut tous citer. À l’époque, il y avait des joueurs exceptionnels qui décidaient des matchs.

En tant qu’ancien international marocain, comment évaluez-vous les performances des Lions de l’Atlas jusqu’à présent ?

À l’exception du match contre le Mali, les Lions de l’Atlas ont montré un grand potentiel dans les rencontres disputées jusqu’ici. Il y a également une forte pression du public, que j’espère positive. Inchallah, nous verrons une grande équipe marocaine œuvrer pour atteindre son unique objectif : remporter la CAN et garder le trophée à Rabat.

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