Nouvelle plaque d’immatriculation en RDC : saluer la clarification, maintenir la vigilance citoyenne (Par Jonas Tshiombela)
La récente réaction du gouvernement, faisant suite à notre tribune sur la question de la nouvelle plaque d’immatriculation, apporte des clarifications importantes qu’il convient de saluer avec responsabilité, tout en appelant à une vigilance citoyenne accrue. Selon cette mise au point, relayée notamment dans l’édition de 19h00 de Radio Top Congo FM et sur le compte X officiel, « le lancement de la nouvelle plaque d’immatriculation ne concerne pas les véhicules déjà immatriculés et en circulation ». L’opération viserait prioritairement les véhicules appelés à entrer en circulation pour la première fois en RDC, avec une coexistence légale de deux types de plaques jusqu’au lancement du processus de mise en conformité. Le gouvernement précise également que cette démarche vise à lutter contre la prolifération des fausses plaques minéralogiques, émises en dehors du système intégré de la Direction générale des impôts (DGI). Sur le principe, cet objectif est légitime et rejoint les préoccupations de la société civile en matière de sécurité, de traçabilité et de gouvernance administrative.
Une clarification bienvenue, mais attendue sous forme officielle
La NSCC prend acte de ces déclarations et salue la clarification, notamment l’affirmation selon laquelle il ne s’agira pas d’une réimmatriculation, pratique expressément interdite par l’article 59.2 du Code de la route, mais d’un simple changement de plaque tout en conservant les éléments de l’immatriculation initiale. Cependant, une précision majeure s’impose : une clarification diffusée dans les médias, aussi importante soit-elle, ne remplace pas un communiqué officiel ou un acte administratif formel. Dans un État de droit, la sécurité juridique du citoyen exige : des décisions écrites, des termes clairs, des modalités précises, et des garanties opposables à l’administration elle-même. La NSCC attend donc un communiqué officiel du gouvernement, sans ambiguïté, confirmant ces engagements et encadrant juridiquement le processus de mise en conformité.
La mise en conformité doit être gratuite : une exigence de justice
Un point fondamental demeure non négociable : la mise en conformité ne peut et ne doit pas être payante pour les véhicules déjà régulièrement immatriculés. On ne peut raisonnablement exiger d’un citoyen qu’il paie deux fois une même plaque à un même État, alors qu’il a déjà rempli toutes ses obligations légales au moment de l’immatriculation initiale. Faire supporter un coût supplémentaire aux automobilistes, sous couvert de modernisation administrative, reviendrait à : détourner l’esprit du Code de la route, transformer une réforme technique en pression fiscale déguisée, aggraver une situation sociale déjà fragile. La lutte contre les fausses plaques relève de la responsabilité de l’État et de ses services, non d’une sanction collective infligée aux citoyens en règle. Automobilistes, restons vigilants. La NSCC appelle l’ensemble des automobilistes et usagers de la route à demeurer vigilants ; exiger des documents officiels clairs ; refuser toute tracasserie ou perception illégale ; signaler tout abus.
La période annoncée de 12 mois, courant jusqu’à fin décembre 2026, ne doit pas devenir un prétexte à l’arbitraire, aux contrôles abusifs ou à la corruption routière.
Conclusion
La clarification du gouvernement est un pas dans la bonne direction. Elle montre que la mobilisation citoyenne et l’argumentation juridique portent leurs fruits. Mais la vigilance reste de mise. Nous saluons la clarification. Nous attendons un communiqué officiel clair et contraignant. Nous exigeons que la mise en conformité soit gratuite pour les véhicules déjà immatriculés. Nous appelons les automobilistes à rester vigilants et solidaires. Dans un contexte social déjà tendu, la réforme ne doit pas devenir une charge de trop pour des citoyens déjà appauvris. Restons vigilants. La loi doit rester notre boussole.
