Numérique : la RDC explore un partenariat avec l’Ukraine

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Comme dans de nombreux pays africains, les autorités de la RDC misent sur la transformation numérique pour soutenir le développement socio‑économique. Elles comptent notamment sur la coopération internationale pour atteindre leurs objectifs et accélérer la mise en œuvre des projets structurants.

La République démocratique du Congo (RDC) explore un partenariat avec l’Ukraine dans le domaine du numérique. Les perspectives ont été discutées le mercredi 18 février lors d’une réunion entre le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba (photo, à droite), et l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire d’Ukraine, Vasyl Hanyanin (photo, à gauche).

À travers son diplomate, l’Ukraine s’est dite prête à accompagner la RDC en mettant à disposition son expertise dans plusieurs secteurs impactés par le digital, notamment la santé, l’éducation, les affaires étrangères ainsi que d’autres domaines stratégiques. Le partenariat envisagé vise à moderniser l’administration publique, faciliter le travail des services étatiques et générer de nouvelles opportunités économiques grâce aux solutions numériques. L’objectif est également de permettre à la population de tirer pleinement profit des innovations technologiques, sources de revenus et d’emplois.

Ce rapprochement intervient dans un contexte où les autorités congolaises valorisent la coopération dans le cadre de leurs ambitions de transformation numérique. Elles misent sur le renforcement des alliances stratégiques avec le secteur privé, national et international, afin de mutualiser les expertises et d’accélérer l’innovation. Le 5 février 2026, Augustin Kibassa Maliba a reçu des investisseurs venus de l’Inde, de la Tunisie et des Émirats arabes unis. Au cours des derniers mois, le pays s’est également rapproché des États‑Unis et du Royaume‑Uni.

L’Ukraine est classée 30ᵉ sur 193 pays à l’Indice de développement de l’e‑gouvernement (EGDI) 2024 des Nations unies, avec un score de 0,8841 sur 1, au‑dessus de la moyenne mondiale. Le pays a obtenu son score le plus élevé dans le sous‑indice des services en ligne (0,9854 sur 1). La RDC, de son côté, affiche un score de 0,2715, en deçà des moyennes en Afrique centrale, en Afrique et dans le monde.

La digitalisation de l’administration ukrainienne s’appuie sur la plateforme Diia, qui centralise services gouvernementaux, bases de données et registres d’État. L’écosystème comprend l’application Diia, offrant des documents numériques et des services essentiels, le portail Diia avec plus de 130 services en ligne, Diia.Business pour accompagner les entrepreneurs, Diia.Education avec ses programmes de littératie numérique ayant touché 2,6 millions d’Ukrainiens, Diia.City, environnement juridique et fiscal pour plus de 1 700 entreprises IT, ainsi que Diia.Engine, un outil open‑source low‑code permettant de développer rapidement de nouveaux services numériques.

Selon le ministère congolais de l’Économie numérique, « cette audience marque ainsi une étape importante vers l’établissement d’une coopération numérique mutuellement bénéfique, fondée sur le transfert de compétences, l’innovation et la volonté commune d’accélérer la transformation digitale au service du développement ». Cela est d’autant plus important que la GSMA estime qu’une accélération de la transformation numérique pourrait générer une valeur ajoutée de 4,1 milliards de dollars d’ici 2030 en RDC, dans des secteurs clés comme l’agriculture, les services, les transports, l’industrie et les mines.

Il convient toutefois de rappeler que le potentiel partenariat RDC‑Ukraine dans le numérique reste à l’étape des discussions, malgré l’intérêt affiché par le pays d’Europe de l’Est. Il faudra donc attendre la formalisation d’accords et la mise en œuvre concrète des engagements pour en mesurer les retombées.

Isaac K. Kassouwi

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