Nyumba ya Faraja à Kingoze: un espace sûr où les femmes déplacées reconstruisent leur dignité
Depuis 2019, au sein du site de déplacés de Kingoze à Bunia, l’espace sûr Nyumba ya Faraja, signifiant Maison de consolation, offre aux femmes et aux filles un lieu protégé pour échanger, se soutenir et acquérir des compétences pratiques. Soutenu par le projet UniRR de l’UNICEF, avec l’appui des bailleurs BHA et ECHO, cet espace joue un rôle essentiel dans la résilience, l’autonomie et la guérison des survivantes du déplacement.

Au cœur du site de déplacés de Kingoze, la vie quotidienne est marquée par les difficultés, les pertes et les changements brusques qu’impose le déplacement forcé. Dans ce contexte, les femmes et les filles se retrouvent souvent en première ligne : responsables des enfants, confrontées à l’insécurité, à la pauvreté, mais aussi aux traumatismes liés à la violence et à l’exil.
C’est pour répondre à ces besoins que l’espace sûr Nyumba ya Faraja a été créé en 2019. Son nom, qui signifie Maison de consolation, reflète sa raison d’être : offrir un refuge d’écoute, de dialogue et de reconstruction personnelle.

Avant l’existence de cet espace, les femmes n’avaient souvent ni le lieu, ni le temps, ni l’encadrement pour parler de leurs difficultés. Les souffrances se vivaient en silence. À Nyumba ya Faraja, les femmes se réunissent désormais régulièrement pour échanger autour de thèmes qu’elles choisissent elles-mêmes : la confiance en soi, la vie familiale, les expériences du déplacement, ou encore la solidarité entre femmes. Ces discussions soutiennent la guérison émotionnelle, renforcent la cohésion et permettent de rompre l’isolement.
L’espace n’est pas seulement un lieu de parole : il est aussi un centre de formation. Grâce au soutien du projet UniRR de l’UNICEF, associé aux financements de BHA et ECHO, les femmes y apprennent des activités génératrices de revenus, telles que la coupe et couture, la préparation de jus et autres produits transformés, ou encore la fabrication d’objets artisanaux.

Ces compétences leur permettent de reprendre progressivement une autonomie économique, indispensable pour assurer la survie de leur famille et restaurer leur dignité.
« Ici, nous retrouvons notre courage. Nous apprenons, nous parlons, et petit à petit, nous nous relevons », témoigne une participante.
Dans une province encore marquée par les crises humanitaires prolongées, Nyumba ya Faraja se distingue comme un espace de résilience. Un lieu où la parole libère, où les mains créent, où l’identité se reconstruit. Un lieu où, malgré tout, la vie continue et l’espoir persiste.
