Paix en RDC : Malgré les blocages, Doha n’est pas encore hors jeu, estime Ebuteli
La dynamique diplomatique autour de la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo connaît un tournant délicat. La relance des négociations de Doha apparaît aujourd’hui de plus en plus incertaine, fragilisée par un climat de méfiance croissante. En cause notamment, l’absence de prise de position claire du Qatar après la prise de la ville d’Uvira par la coalition AFC/M23, un silence perçu à Kinshasa comme un signal négatif dans un contexte déjà tendu.
Face à cette situation, les autorités congolaises semblent désormais miser davantage sur la médiation de Luanda. La piste angolaise est présentée comme une alternative plus réaliste et mieux adaptée pour répondre aux enjeux sécuritaires complexes qui continuent d’endeuiller l’Est du pays. Kinshasa espère, à travers ce cadre, impulser une dynamique susceptible de déboucher sur des solutions concrètes et durables.
Malgré ces incertitudes, certaines voix appellent à ne pas enterrer trop vite l’option de Doha. Henri Pacific Mayala, chercheur à Ebuteli, un institut congolais reconnu pour ses travaux sur les conflits armés et la gouvernance, se montre prudemment optimiste. Selon lui, les pourparlers de Doha conservent un potentiel, à condition que les acteurs impliqués clarifient leurs positions et réaffirment leur engagement en faveur d’une paix négociée.
Dans ce contexte de rivalités diplomatiques et de calculs stratégiques, l’avenir du processus de paix demeure suspendu à la capacité des différentes médiations à regagner la confiance de Kinshasa et à répondre aux attentes pressantes des populations de l’Est, premières victimes d’une crise qui n’a que trop duré.
