Plus forts ensemble : le cofinancement, plus essentiel que jamais (Akihiko Nishio)

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Les défis du développement sont plus vastes, plus complexes et plus imbriqués que jamais, et les ressources de plus en plus limitées. Dans ce moment, il nous faut œuvrer de manière plus concertée. La question n’est plus de savoir si nous devons travailler ensemble, mais comment procéder avec le plus d’efficacité et de célérité possible.

Et la réponse passe par le cofinancement. C’est pourquoi le Groupe de la Banque mondiale s’emploie depuis plusieurs années à actionner davantage ce levier puissant qui permet de mobiliser des ressources, d’harmoniser les efforts et de traduire la collaboration en impact.

Le recours au cofinancement ne date pas d’hier, mais, dans le contexte actuel, il revêt une importance nouvelle. L’alignement des partenaires autour des priorités nationales et leurs contributions conjointes réduisent la fragmentation de l’aide, diminuent les coûts de transaction et permettent aux pays d’entreprendre des programmes plus ambitieux et complexes que ce qu’un seul bailleur de fonds pourrait financer.

Un rapport récent intitulé Building Together : Co-Financing with the World Bank – Progress Report 2025 (a) met en lumière ce potentiel. Au cours des cinq dernières années, les cofinancements ont progressé régulièrement dans le cadre des projets du Groupe de la Banque mondiale, pour atteindre un montant record de 7,6 milliards de dollars sur l’exercice 2025. Cette hausse résulte de réformes volontaristes : des circuits de cofinancement plus clairs, des modalités de partage des coûts plus attractives et des partenariats institutionnels renforcés. Elle traduit aussi un engagement renouvelé des banques multilatérales de développement, des partenaires bilatéraux et d’autres acteurs à travailler de manière cohérente, dans une logique de système.

De la coordination à l’impact

À l’heure où le cofinancement monte en puissance, un consensus se dessine : pour intensifier notre collaboration, nous avons besoin d’une direction commune, clairement définie, sur la manière de coopérer.

Dans quelques jours se tiendra à Casablanca (Maroc) le forum La force du cofinancement, une rencontre de haut niveau coorganisée par le Groupe de la Banque mondiale, le ministère marocain de l’Économie et des Finances et le Groupe Agence française de développement (AFD). De hauts dirigeants représentant des gouvernements, des banques multilatérales de développement, des partenaires bilatéraux et d’autres bailleurs de fonds se réuniront pour partager des expériences concrètes, démystifier le fonctionnement des cofinancements (y compris avec le secteur privé) et identifier des possibilités de collaboration plus étroite.

Le Maroc s’impose comme un pays des plus pertinents en la matière. Du pôle de mobilité du Grand Casablanca à de récents investissements dans la performance des communes, l’expérience du Maroc illustre comment des financements coordonnés peuvent produire des résultats transformateurs. L’AFD, premier partenaire bilatéral de cofinancement de la Banque mondiale sur la dernière décennie, démontre l’efficacité de partenariats structurés et de long terme. Elle fait partie des premiers partenaires bilatéraux à avoir rejoint la Plateforme mondiale de cofinancement collaboratif, lancée en 2024 par la Banque mondiale avec neuf autres banques multilatérales de développement.

Les partenariats sont cruciaux

C’est sur le terrain que la portée du cofinancement est la plus tangible. Dans l’ensemble des régions du monde, les projets cofinancés élargissent l’accès à l’énergie, renforcent les réseaux de transport, améliorent les systèmes de santé et d’éducation et soutiennent une reprise résiliente. Ces investissements prouvent qu’en mettant en commun leurs ressources, en partageant les risques et en alignant leurs procédures, les institutions sont plus à même de contribuer à la transformation d’objectifs ambitieux en résultats pérennes.

La Plateforme mondiale de cofinancement collaboratif (a) favorise la mise en place de telles coopérations. Elle est conçue pour réunir les partenaires autour de projets concrets, accroître la transparence et réduire les charges administratives pesant sur les pays clients. Des partenaires bilatéraux de premier plan et autres cofinanceurs y participent. La Plateforme soutient également des initiatives phares telles que la Mission 300, un effort conjoint de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement visant à étendre l’accès à l’électricité à 300 millions de personnes en Afrique subsaharienne d’ici 2030.

Forte de plus de 233 projets — dont 22 ont déjà trouvé un partenaire de cofinancement — la Plateforme favorise la transparence, la coordination et les mises en relation, tout en contribuant à limiter les interventions redondantes et à lever des capitaux supplémentaires au service des priorités de développement les plus essentielles.

Construire la suite ensemble

Les progrès présentés dans le rapport Building Together attestent de l’efficacité du cofinancement. La Plateforme mondiale de cofinancement collaboratif montre qu’il est possible d’institutionnaliser la coopération à grande échelle. La tâche, désormais, consiste à nous aligner autour d’une vision partagée qui nous permette d’aller plus loin, ensemble.

Dans un monde où les ressources sont limitées et les besoins croissants, le cofinancement est la preuve que le multilatéralisme donne des résultats. En unissant nos forces avec clarté, flexibilité et un but commun, nous pouvons aider les pays à renforcer leur résilience, créer des emplois et élargir les opportunités, à la mesure des défis du moment.

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