Pollution à Lubumbashi et éboulement au Lualaba: Nul ne sera épargné
Cela fait trois mois que M. Watum Kabamba, est à la tête du ministère des Mines. C’est dans ce cadre qu’il a été invité par le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, afin de faire la « Restitution de la mission dans l’espace Grand Katanga en rapport avec les incidents survenus à Lubumbashi et au Lualaba ». Au-delà de la vision du chef de l’Etat et des instructions réussies de la Première ministre à son endroit, dans le cadre du plan d’action gouvernementale, il s’est fixé quelques priorités.
Il s’agit notamment de renforcer la bonne gouvernance, la traçabilité, mais également de lutter contre la fraude minière. Il sera aussi question d’encadrer l’artisanat minier comme il se doit, regarder à ce cliché que le secteur minier continue d’afficher en Rdc où tous les mines sont les îlots de prospérité pour une élite et sont entourés d’un océan de misère et diversifier l’écosystème pour que les mines profitent aux Congolais. Pour certains, on ne peut jamais parler de la croissance inclusive dans le secteur minier, ni insister sur la création des emplois. Et ce, surtout que ce sont les machines qui exécutent plusieurs tâches à la place de l’homme.
Un autre objectif, ce sont les réformes qui se veulent courageuses. Et ce, dans le but notamment de permettre aux Congolais et aux communautés locales de participer aux capitaux de tous ces groupements miniers. Il faut que les Congolais deviennent actionnaires dans les mines et les études sont en cours.
Enfin, il y a aussi l’exploration géologique. « J’ai toujours dit, les mines commencent par l’exploration géologique et se terminent par la géologie. Il est important que nous mettions les moyens dans l’exploration géologique et cela doit se faire avec les géologues congolais. Je les appelle les enfants de Dieu, parce qu’un gisement est un acte de Dieu. Il faut leur donner les fonds d’avances », explique-t-il.
Et le ministre Watum Kabamba de souligner que nous voulons casser un autre cliché, celui de voir les géologues venus d’Australie, du Canada, … « Je crois que les Congolais sont bien formés pour le faire aussi. Ils n’ont pas peur de morsures du serpent. Il faut leur donner les moyens », insiste-t-il.
Des responsabilités partagées
Le ministre des Mines, Watum Kabamba a été alerté, le 04 Novembre dernier, du débordement d’un bassin de rétention de la compagnie minière CDM, avec des répercussions graves sur l’environnement. « Des eaux usées qui se déversaient et qui ont affecté l’environnement, l’écosystème des rivières et autres. Le constat a été malheureux, celui de mépris des normes élémentaires dans la conception et la construction des bassins de retentions », a-t-il indiqué, tout en fustigeant le fait que les standards en la matière n’étaient pas au rendez-vous, de même que la manière de prévenir pareils accidents.
Il a démontré comment il y a eu des signes avant-coureurs, mais qui étaient ignorés par CDM. C’est la raison pour laquelle il a mis en place une commission d’enquête pour établir les responsabilités. A l’en croire, la société sera tenue de réparer les dégâts, de dédommager tous ceux qui sont affectés, de payer les travailleurs pendant trois mois.
« Je ne lèverai cette mesure que lorsque je serais satisfait », martèle-t-il, avant de reconnaitre que les responsabilités sont partagées. En effet, l’administration devrait jouer son rôle. Voilà qui le pousse à dire qu’il y a lieu de renforcer les capacités de notre administration. Lorsque cette mission sera close, prévient-il, nous allons demander à la commission d’aller dans d’autres sites. L’objectif, c’est ne pas la chasse à l’homme, mais c’est surtout prendre des mesures pour que cela ne se reproduise.
Personne ne sera épargné
Au sujet de l’éboulement survenu dans le Lualaba et qui a occasionné beaucoup de morts, le ministre Watum Kabamba parle d’un incident très malheureux et en profite pour saluer la mémoire de tous ces jeunes qui ont perdu leur vie. « Vous savez, c’est une vraie tragédie. Ces jeunes gens qui meurent sont vos enfants… C’est pour cela que fort du message du chef de l’Etat, il m’a donné des mots de compassion pour cette jeunesse et m’a donné tout ce qui est de mon pouvoir », dit-il.
C’est au regard de cela qu’il s’est rendu sur le site. « Il y a le crache, mais grâce à Dieu, nous sommes sortis vivants », reconnait-il. Ce qu’il faut retenir de ça, pense-t-il, c’est encore une fois, les responsabilités partagées. Ceux qui ont permis que tous ces jeunes se retrouvent dans ces lieux-là, c’est la responsabilité de notre administration, de ceux-là qui achètent les minerais. Rien ne sera épargné.
Et de prévenir qu’aucun officier supérieur de l’armée ne sera épargné. Personne n’est au-dessus de la loi, insiste-t-il. Et de souligner : c’est ainsi que je travaille à mon collègue de la Justice pour que les poursuites soient engagées, parce qu’il faut qu’il en soit ainsi. On ne peut pas continuer à pleurer les morts humaines à cause de la bêtise humaine, de la corruption, des pratiques qui finalement ne nous honorent pas et font qu’on ne soit pas respecté à travers le monde.
JMNK
