Prenant part à l’édition 2026 de l’Ukweli Summit : Muyaya pour la conciliation de la liberté d’informer et la responsabilité dans le traitement de l’information 

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Le Ministre de la Communication et Médias, également Porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, a pris part à l’édition 2026 de l’Ukweli Summit, tenue ce lundi 30 mars 2026 à l’Hôtel Memling, à Kinshasa.

Intervenant aux côtés du Chef des travaux à l’UNISIC, Adelard Mambuya Obul Okwes, et du Secrétaire général de l’UNPC, Jasbey Zegbia, le Ministre a co-animé un panel axé sur la thématique : « Où en est-on avec la loi sur l’accès à l’information en République Démocratique du Congo ? ».

Au cours de son intervention, le Ministre a insisté sur la nécessité de concilier liberté d’informer et responsabilité dans le traitement de l’information, particulièrement dans un contexte marqué par la montée de la désinformation.

« L’information ne peut être bâillonnée. Toutefois, elle requiert rigueur, précaution et sens des responsabilités de la part des sources officielles », a-t-il déclaré.

Évoquant les enjeux contemporains liés à la circulation des fausses informations, il a rappelé que la désinformation constitue un phénomène global aux ramifications multiples, affectant aussi bien les institutions que les citoyens. Face à cette réalité, le Gouvernement a opté pour une communication régulière, proactive et fondée sur des sources certifiées.

Le Ministre a, par ailleurs, souligné l’importance d’une synergie entre les pouvoirs publics, les professionnels des médias, la société civile ainsi que les plateformes numériques, en vue de lutter efficacement contre les discours de haine, les appels à la violence et les contenus de nature à compromettre la cohésion nationale ou la santé publique.

Abordant la question de la gestion de l’information en période de crise, il a rappelé que la diffusion d’une information officielle obéit à un processus rigoureux de vérification des faits.

« L’urgence médiatique ne saurait se substituer à l’exigence de fiabilité. Toute information doit être corroborée avant sa diffusion afin d’éviter des conséquences préjudiciables sur l’opinion et les comportements », a-t-il précisé, appelant à une attitude de réserve face aux contenus relayés sur les réseaux sociaux.

S’agissant de l’appropriation de la loi sur l’accès à l’information par les professionnels des médias, le Ministre a reconnu la nécessité d’harmoniser les interprétations, notamment au niveau de la magistrature. À cet effet, il a annoncé la tenue prochaine d’un atelier conjoint avec le Ministère de la Justice, réunissant magistrats et journalistes, en vue de clarifier certaines dispositions, notamment celles relatives au droit de réponse.

Par ailleurs, le Ministre a mis en exergue les mécanismes institutionnels existants pour la gestion de l’espace informationnel, notamment l’existence d’une cellule de veille stratégique. Il a rappelé que la lutte contre la désinformation constitue aujourd’hui un impératif pour tous les États, en particulier dans des secteurs sensibles tels que la santé publique, où une mauvaise information peut avoir des conséquences graves sur les populations.

À ce sujet, il a salué l’approche adoptée en République Démocratique du Congo dans la gestion des crises sanitaires, fondée sur la transparence, la communication communautaire et la diffusion régulière des données épidémiologiques à partir des structures sanitaires à travers le pays.

Attention aux nouvelles formes de désinformation

Le Ministre a également attiré l’attention sur les nouvelles formes de désinformation, parfois véhiculées par des figures d’autorité morale ou intellectuelle, rendant leur neutralisation plus complexe. Il a ainsi encouragé les citoyens à développer une culture de vérification et à privilégier les sources officielles.

Il sied de rappeler que l’Ukweli Summit vise à réunir des jeunes, experts nationaux et internationaux, universitaires, acteurs de la société civile, décideurs politiques, spécialistes de la communication et journalistes, afin d’élaborer des stratégies communes de lutte contre la désinformation en Afrique centrale et dans la région des Grands-Lacs.

Cette initiative poursuit notamment les objectifs de développer des mécanismes communautaires de lutte contre la désinformation en période de crise, de renforcer les capacités en matière de vérification des faits, de promouvoir une utilisation responsable de l’intelligence artificielle, d’encourager l’éducation aux médias et à l’information, ainsi que de proposer une charte régionale d’engagement contre ce fléau.

À travers cette participation, le Gouvernement réaffirme son engagement à préserver l’intégrité de l’information et à protéger les populations contre les effets néfastes de la désinformation, dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires et informationnels majeurs.

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