« Prendre les commandes de la CIRGL noctroie pas à la RDC une clef magique pour mettre immédiatement fin à la crise sécuritaire » (Floribert Anzuluni)

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« Les enjeux du neuvième sommet ordinaire de la CIRGL », cest le thème dun spécial briefing presse qui a mis sur une même table M. Patrick Muyaya et Floribert Anzuluni Isiloketshi, respectivement ministre de la Communication et médias et ministre de lIntégration régionale. A la différence dautres institutions régionales, explique le ministre de lInégration régionale, la CIRGL a lavantage de réunir en son sein tous les pays africains qui sont directement ou indirectement liés aux conflits armés dans lEst de notre pays.

 

Dans son introduction, Floribert Anzuluni Isiloketshi a rappelé que le samedi 15 novembre dernier, Kinshasa a abrité le Neuvième Sommet des Chefs dÉtat et de Gouvernement de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL). Le dernier sommet ordinaire tenu remonte à 2020. Il va sans dire que lenjeu de ce sommet consistait avant tout pour les Chefs dEtat et de Gouvernement de se retrouver pour faire le point de la situation dans la région des Grands Lacs, et de donner de nouvelles orientations pour le fonctionnement de la CIRGL.

Quest-ce que la CIRGL ?

A len croire, la CIRGL est une institution régionale établie comme un Mécanisme de suivi des engagements souscrits aux termes du « Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la Région des Grands Lacs ».

Ce Pacte, signé le 15 décembre 2006, a pour but de permettre la création des conditions favorables, dune part, à la fin des cycles récurrents des conflits armés déstabilisant la Région, et, dautre part, à lintégration économique régionale, gage dune paix durable.

Le Pacte est assorti de dix Protocoles et de cinq Programmes dactions. Les Protocoles répondent aux causes structurelles des conflits armés dans la Région, fixant les actions idoines pour prévenir et assurer une résolution durable des conflits armés.

Il sagit du Protocole de non-agression et de défense mutuelle ; Protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance ; Protocole sur la coopération judiciaire ; Protocole sur la prévention et la répression du crime de génocide, des crimes de guerre et des crimes contre lhumanité et de toute forme de discrimination ; Protocole sur la lutte contre lexploitation illégale des ressources naturelles ; Protocole sur la zone spécifique de reconstruction et de développement ; Protocole sur la prévention et la répression de la violence sexuelle à légard des femmes et des enfants ; Protocole sur la protection et lassistance aux personnes déplacées ; Protocole sur les droits à la propriété des rapatriés ; Protocole sur la gestion de linformation et de la communication.

Quant aux Programmes dactions, ils offrent, au travers des projets, des opportunités visant à satisfaire les besoins des populations de la Région.

Les principaux programmes de la CIRGL sont axés sur les points ci-après : Paix et sécurité ; Démocratie et bonne gouvernance ; Développement économique et intégration régionale ; Questions humanitaires, sociales et environnementales ; Genre, Enfants et Femmes.

 

Cest ici quil a précisé que la CIRGL comprend douze Etats membres, à savoir : la République dAngola, la République du Burundi, la République du Kenya, la République dOuganda, la République Centrafricaine, la République du Congo, la République Démocratique du Congo, la République Unie de Tanzanie, la République du Rwanda, la République du Soudan, la République du Soudan du Sud, et la République de Zambie.

 

La CIRGL comprend quatre organes principaux que sont : le Sommet, le Comité Interministériel Régional, le Secrétariat exécutif ainsi quun Mécanisme national de coordination dans chaque pays.

 

« Le Sommet est lorgane suprême. Il se tient en session ordinaire une fois tous les deux ans. Le Comité Interministériel Régional est lorgane exécutif de la CIRGL. Il se réunit en session ordinaire deux fois par an pour évaluer létat des progrès dans la mise en uvre des programmes daction. Il a également la charge de préparer le Sommet », dit-il.

 

Le Secrétariat est lorgane de coordination de la mise en uvre du Pacte. Dans le but dassurer le suivi et la mise en uvre des décisions prises par le Sommet et le Comité Interministériel Régional, un Mécanisme national de coordination (MNC) a été mis en place dans chaque État Membre.

 

Soulignons quau cours du Neuvième Sommet ordinaire des Chefs dEtat et de Gouvernement de la CIRGL, la République Démocratique du Congo a accédé à la présidence de cette institution. Elle préside dès lors toutes ses instances intergouvernementales.

A cet effet, M. Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la République, est le nouveau Président en exercice pour un mandat de deux ans. Quant au Ministre en charge de lIntégration Régionale de la République Démocratique du Congo, il préside le Comité Interministériel Régional pour un mandat également de deux ans.

 

Près de dix-neuf ans après la signature du Pacte, la CIRGL vaut-elle toujours son pesant dor ?

Cette question taraude certainement plusieurs esprits, déçus de voir persister des conflits armés dans notre Région, et évoluer au ralenti lintégration économique régionale.

Cette déception est compréhensible car la signature du Pacte avait suscité tant d’espoirs.

Le Pacte, dans sa substance est une clef pour redéfinir le visage de notre Région. Le problème ne réside pas en la CIRGL, mais plutôt en la violation, par un Etat en particulier, des engagements souscrits aux termes du Pacte. Preuve que la signature dun accord et sa mise en uvre ne font pas toujours bon ménage.

A la différence dautres institutions régionales, la CIRGL a lavantage de réunir en son sein tous les pays africains qui sont directement ou indirectement liés aux conflits armés dans lEst de notre pays.

En accédant à la présidence de la CIRGL, il y a avant tout lieu de souligner la confiance que les autres Etats membres ont placée en la RDC.

Par ailleurs, il convient de noter avec intérêt que le fait de prendre les commandes de la CIRGL noctroie pas à la RDC une clef magique pour mettre immédiatement fin à la crise sécuritaire dans lEst du pays.

La CIRGL est un cadre multilatéral. Cest lensemble des douze Etats qui la constituent. Il ne faudrait donc pas la confondre avec des considérations strictement bilatérales. A la tête de la CIRGL, lobjectif de la RDC nest pas de régler ses comptes, mais plutôt de promouvoir et dimpulser, avec le soutien des autres Etats, un élan salignant davantage sur le Pacte qui trace clairement la voie vers une paix durable requérant lintégration économique régionale.

Ce que veut la RDC, cest de voir la CIRGL être plus dynamique pour jouer pleinement son rôle, et de constituer un cadre de solidarité plus forte.

Cest ici le lieu dindiquer, une très grande avancée vers une reconnaissance internationale de la réalité tragique dont sont victimes nos populations. En effet, dans leur Déclaration finale, les Chefs dEtat et de Gouvernement réunis en Sommet à Kinshasa ont appelé (je cite) « à exiger le retrait sans délai du territoire congolais des troupes du pays agresseur de la République démocratique du Congo conformément à la Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies ainsi quà condamner la poursuite des hostilités par le « Mouvement du 23 mars » et les « Allied Democratic Forces » (ADF) » (fin de citation).

Cette Déclaration finale ne parle pas dun pays agresseur, mais plutôt « du pays agresseur ». Cest-à-dire dire que le pays dont il sagit est connu, puisque déjà nommément cité dans la Résolution 2773. Au point 4 de cette Résolution, le Conseil de sécurité « demande à la Force de défense rwandaise de cesser de soutenir le M23 et de se retirer immédiatement du territoire de la République Démocratique du Congo, sans conditions préalables ».

La valeur ajoutée de la Déclaration finale du neuvième Sommet ordinaire de la CIRGL consiste en la précision que ce pays, le Rwanda pour être le plus clair possible, est OFFICIELLEMENT ET TRES EXPLICITEMENT reconnu comme « agresseur » de la RDC.

Sous le leadership du Président de la République, le Gouvernement continue de se déployer sur plusieurs fronts, en vue de parvenir à la paix pour nos populations ainsi quà lintégration économique au bénéfice de tous les Etats de la Région.

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