RDC-Guerre dans l’Est: Germain Kambinga estime que « seule la force militaire fera raisonner Kagame »
La persistance de l’insécurité dans l’Est de la République démocratique du Congo continue d’alimenter les réactions au sein de la classe politique congolaise. Alors que les combats impliquant les rebelles de l’AFC/M23 se poursuivent dans certaines zones du Nord-Kivu et de l’Ituri, plusieurs voix s’élèvent pour appeler à une réponse plus ferme face à ce que Kinshasa qualifie d’agression extérieure. Parmi elles, celle de Germain Kambinga, qui estime que la solution au conflit ne peut pas reposer uniquement sur la diplomatie.
Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, l’acteur politique congolais a affirmé que les négociations ont leurs limites face à la crise actuelle. Selon lui, bien que les discussions restent nécessaires dans la gestion des conflits internationaux, elles ne suffisent pas à mettre un terme aux hostilités dans l’Est du pays. Il considère qu’une réponse militaire forte demeure un élément déterminant pour contraindre le Rwanda à revoir sa position.
« Je sais de quoi je parle ; on peut bien négocier, mais il n’y a que la force militaire qui fera raisonner Kagame », a déclaré Germain Kambinga. Par ces propos, il exprime la conviction qu’une pression militaire sur le terrain pourrait constituer un levier essentiel pour inverser le rapport de force et mettre fin aux violences qui affectent les populations de l’Est.
L’ancien ministre souligne par ailleurs que le président de la République, Félix Tshisekedi, disposerait encore de plusieurs marges de manœuvre pour défendre la souveraineté nationale. Selon lui, les autorités congolaises doivent continuer à mobiliser tous les instruments à leur disposition diplomatiques, politiques et militaires afin de préserver l’intégrité territoriale du pays.
Pour Germain Kambinga, la résistance nationale face à ce qu’il qualifie d’agression est un impératif stratégique. « Si nous ne résistons pas, nous ne sauverons pas l’Est », a-t-il ajouté, appelant implicitement à une mobilisation collective autour des institutions de la République et des forces de défense.
Cette prise de position intervient dans un contexte de fortes tensions entre Kinshasa et Kigali. La RDC accuse régulièrement le Rwanda de soutenir la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23), aujourd’hui regroupée au sein de l’alliance politico-militaire Alliance Fleuve Congo. Kigali rejette de son côté ces accusations, malgré plusieurs rapports internationaux évoquant un soutien militaire rwandais aux rebelles opérant dans l’Est congolais.
Sur le plan régional et international, diverses initiatives diplomatiques ont été lancées afin de désamorcer la crise. Des médiations ont notamment été entreprises dans le cadre des processus de paix régionaux impliquant plusieurs pays africains. Toutefois, ces efforts n’ont pas encore permis d’aboutir à une désescalade durable sur le terrain.
Pendant ce temps, la situation humanitaire demeure préoccupante. Les affrontements armés ont provoqué des déplacements massifs de populations, aggravant la précarité dans plusieurs territoires du Nord-Kivu et de l’Ituri. Des milliers de familles continuent de vivre dans des conditions difficiles dans des camps de déplacés ou dans des zones d’accueil déjà fragilisées par des années d’insécurité.
Dans ce contexte, les déclarations de Germain Kambinga reflètent un courant de pensée présent dans l’opinion congolaise, selon lequel la restauration de la paix dans l’Est de la RDC passe aussi par un renforcement des capacités militaires nationales. Entre diplomatie régionale, pression internationale et actions sur le terrain, la question de la stratégie à adopter pour mettre fin au conflit reste au cœur du débat politique en République démocratique du Congo.
Corinne Ontande
