RDC : Le réveil de la bonne gouvernance: Tribune de Christophe Masala
Juin 2021.
Pour la première fois dans l’histoire institutionnelle de la République démocratique du Congo, une mission de contrôle scrute en profondeur la gestion de la Banque Centrale du Congo (BCC). L’Inspection Générale des Finances (IGF) livre les conclusions de son audit couvrant la période 2014–2019. Les révélations sont saisissantes.
1. Plus de 630 millions USD d’impôts versés par la GECAMINES via le compte de la BCC sont introuvables.
2. Près de 20 millions USD ont été retirés de la BCC à quelques jours de la passation de pouvoir entre le Président élu Félix Tshisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila, sans justification ni traçabilité.
3. L’IGF découvre l’existence de cartes VISA connectées au Compte Général du Trésor, détenues par des dignitaires et leurs proches. Les retraits mensuels dépassent parfois 100.000 USD par carte.
4. La BCC n’a pas versé plus de 50 millions USD d’impôts sur les rémunérations et salaires (IPR), en violation flagrante des obligations fiscales.
– Limogeage de l’équipe dirigeante de la BCC.
– Suppression des cartes VISA connectées au Trésor public.
Ces mesures marquent le début d’une nouvelle ère : celle de la redevabilité, de la transparence et de la lutte contre l’impunité financière.
Sous la houlette de l’Inspecteur Général Jules Alingete, surnommé « l’Alligator », la machine de la bonne gouvernance est en marche. L’IGF ne se contente plus de constater : elle agit, elle assainit, elle protège les ressources publiques.
Ce rapport n’est pas un simple document administratif. C’est un signal fort. Un appel à la conscience collective.
Le réveil citoyen, institutionnel et moral est en cours.
Et il ne s’arrêtera pas.
Didier Mbongomingi
