Recomposition des rapports de force
La guerre à l’Est devait affaiblir Kinshasa. Elle a fini par affaiblir surtout ceux qui misaient sur sa chute. Les parrains politiques de l’AFC, persuadés que le M23 serait le cheval de Troie de leur retour au pouvoir, ont découvert qu’un État congolais souvent décrié pour sa fragilité peut aussi surprendre par sa résilience.
Pas d’intégration d’officiers étrangers, ni de concessions politiques majeures. La « machine imparable » annoncée n’a pas produit les résultats escomptés. Les réseaux internes, qui rêvaient d’un rôle central dans un renversement orchestré, ont été méthodiquement neutralisés. Les opposants exilés, qui préparaient déjà leur retour « après la transition », doivent désormais réécrire leurs communiqués.
La région, elle aussi, a révélé un repositionnement discret mais décisif. Kigali, longtemps perçu comme l’architecte de l’équation sécuritaire, a privilégié ses intérêts économiques au détriment d’alliés congolais devenus encombrants.
Contre toute attente, la crise a déclenché un sursaut patriotique et resserré les institutions congolaises.
La République Démocratique du Congo que beaucoup imaginaient au bord du gouffre, ressort paradoxalement consolidée. Dans les Grands Lacs, les certitudes sont tombées, personne n’est maître du jeu.
Nico Minga



Laisser un commentaire