
Les affrontements entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les rebelles du M23 soutenus par le Rwanda ont de nouveau plongé la population du territoire de Kalehe, dans la province du Sud-Kivu, dans une situation de grande inquiétude. Le jeudi 6 février 2025, des violents combats ont éclaté dans le village de Bushushu, théâtre de destruction de l’environnement, selon plusieurs sources concordantes ainsi que la société civile locale.
Ces affrontements surviennent au lendemain des combats signalés dans le village voisin de Nyamukubi, un autre point stratégique dans cette zone déjà fragilisée par des catastrophes naturelles et des violences récurrentes. La tension ne cesse de monter, et la progression des rebelles inquiète profondément la population civile ainsi que les organisations de la société civile.
Nyamukubi et Bushushu ne sont pas de simples localités perdues dans le territoire de Kalehe. Ces villages portent encore des stigmates de la tragédie qui les a frappés en mai 2023, notamment, des inondations meurtrières à la base de plus de 500 morts et la disparition d’au moins 5 000 autres. Alors que les survivants tentaient de se reconstruire après cette catastrophe naturelle, les voilà aujourd’hui confrontés à une nouvelle menace qui est la guerre.
Les acteurs de la société civile expriment des vives préoccupations quant à la suite des événements. Ils redoutent que les affrontements ne s’étendent vers Ihusi et Kalehe Centre, des localités à forte densité démographique et présentant un intérêt stratégique majeur.
Une telle progression pourrait provoquer des déplacements massifs de la population et aggraver une crise humanitaire déjà critique dans cette partie du pays.
Alors que les combats font rage, les habitants de Bushushu, déjà fragilisés par les pertes humaines et matérielles causées par les inondations de 2023, se retrouvent une fois de plus, dans une situation précaire. Beaucoup sont contraints de fuir, abandonnant derrière eux leurs maisons, leurs terres et leurs moyens de subsistance.
Les organisations humanitaires, pour leur part, peinent à intervenir dans ces zones de conflit. Le manque d’accès aux régions touchées, combiné à l’insécurité croissante, complique l’acheminement de l’aide aux populations vulnérables. Une action urgente est nécessaire pour prévenir une catastrophe humanitaire à grande échelle.
Appel à une solution durable
Face à cette escalade de violence, de nombreuses voix s’élèvent pour appeler à une intervention rapide des autorités congolaises et de la communauté internationale.
La stabilisation de la région passe non seulement par une réponse militaire appropriée, mais aussi par des solutions politiques et diplomatiques durables.
L’histoire récente de la RDC a montré que l’usage de la force seule ne suffit pas. Il est impératif d’engager un dialogue constructif tout en renforçant la protection des populations civiles.
Par ailleurs, l’accent doit être mis sur la reconstruction des villages touchés par les catastrophes naturelles et les conflits, afin d’offrir aux habitants une perspective d’avenir loin de la peur et de la destruction.
E.A.N.