Sud-Kivu : La société civile décrit une « catastrophe humanitaire sans précédent »
Alors que le Sud-Kivu multiplie les crises, le silence face à la souffrance des déplacés de Kaniola interroge. Une alerte conjointe lancée par la société civile et les leaders communautaires dénonce une « catastrophe humanitaire oubliée et sans précédent ».
Chaque jour, de nouvelles familles arrivent à Kaniola, fuyant les affrontements dans les zones de conflit. Elles trouvent un accueil précaire auprès de familles déjà appauvries. Les greniers sont vides, les champs abandonnés, et les maigres ressources s’épuisent à vue d’œil.
Dans leur note adressée à **OCHA**, les acteurs locaux décrivent une situation « intenable et explosive ». Les déplacés survivent grâce à la solidarité communautaire, mais celle-ci s’effrite. « Nous partageons le peu que nous avons, mais comment continuer quand nous-mêmes manquons de tout ? » s’interroge **Mulezi Bahati**, un agriculteur local.
Les leaders religieux, quant à eux, évoquent un devoir moral et humanitaire. « L’Église ne peut rester indifférente face à la souffrance humaine », déclare le **pasteur Kalume**, appelant à un « sursaut international pour sauver des vies ».
Des analystes indépendants pointent la lenteur de la réponse humanitaire dans le Sud-Kivu. Pour eux, Kaniola risque de devenir un nouveau symbole de l’abandon des déplacés internes congolais, si aucune action d’envergure n’est entreprise d’ici la fin de l’année.
