Sud-Kivu : Les acteurs sociaux dénoncent l’exploitation des enfants dans les mines de Mwenga
À Mwenga, dans le Sud-Kivu, des enfants troquent les bancs de l’école contre les puits d’or. Exploités sur les sites miniers de Kamituga, Lugushwa et Manungu, ils incarnent une urgence sociale qui scandalise les acteurs locaux et interpelle l’État.
Dans le territoire de Mwenga, la colère gronde. Les acteurs sociaux dénoncent avec force l’exploitation des enfants dans le secteur minier, une pratique qu’ils qualifient de « crime silencieux contre l’avenir ». « On détruit l’éducation, la santé et le bien-être de toute une génération sous prétexte de survie économique », s’indigne un membre de la société civile locale. À Kamituga et Lugushwa, la scène est devenue banale : des enfants, parfois très jeunes, s’enfoncent dans des galeries dangereuses, exposés aux éboulements, aux maladies et à la violence.
Dans la cité minière de Manungu, ces enfants racontent une réalité brutale. « Je creuse l’or pour aider mes parents à manger », confie un garçon, les mains couvertes de boue. Un autre murmure : « Sans ça, on ne survit pas. » Des paroles qui glacent le sang. Pour Masudi Mazambi, acteur de la société civile, cette situation est inacceptable. « Les parents doivent reprendre leurs responsabilités. Un enfant n’est pas une main-d’œuvre, c’est une vie à protéger », martèle-t-il, dénonçant un cercle vicieux de pauvreté et d’abandon.
Mais la responsabilité ne s’arrête pas aux familles. Les sociétés minières sont directement mises en cause. « Qu’elles engagent des adultes et cessent d’exploiter les enfants », insiste Masudi Mazambi, rappelant que cette pratique hypothèque l’avenir de toute la communauté. À Lugushwa, le chef de poste administratif abonde dans le même sens : « Le code minier est clair, l’utilisation des enfants dans les carrés miniers est strictement interdite. La loi doit s’appliquer. »
Au-delà de Mwenga, le drame se répète à Walungu, Kabare, Fizi et dans d’autres territoires du Sud-Kivu. « On ne peut plus fermer les yeux », alerte un défenseur des droits de l’enfant. L’implication ferme des autorités est réclamée pour éradiquer ce fléau, faire respecter la Convention relative aux droits de l’enfant et la loi du 10 janvier 2009 sur la protection de l’enfant en RDC. Car chaque jour passé dans une mine est un jour volé à l’enfance et un avenir qui s’effondre.



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