Sud-Kivu : Nouveaux affrontements entre Wazalendo et M23 à Walungu
Au cœur d’une nuit déchirée par les bombes, les villages de Mugogo, Kaniola et Ikoma ont été transformés en champs de bataille. Les Wazalendo ont opposé une résistance farouche aux rebelles du M23, laissant derrière eux morts, blessés et maisons éventrées. Les habitants, terrifiés, décrivent une scène d’apocalypse.
Les premières détonations ont retenti bien avant l’aube, ce mercredi 19 novembre 2025, plongeant le territoire de Walungu dans un chaos meurtrier. Des armes lourdes ont éclaté simultanément à Mugogo, Kaniola, Walungu-Centre et Ikoma, provoquant une vague de panique parmi les habitants. Selon des sources sécuritaires, les combats ont opposé les vaillants Wazalendo aux rebelles du M23, déterminés à avancer vers les zones habitées. « On a cru que la terre se fissurait sous nos pieds », témoigne Catherine, habitante de Mugogo.
À Mugogo, le choc a été brutal. Trois combattants ont été fauchés au front, tandis qu’un civil en provenance de Ciherano a été lâchement abattu. Plusieurs personnes ont également été blessées par des balles perdues. Les rues sont restées désertes et les maisons barricadées. « J’ai vu des gens courir dans toutes les directions, certains blessés, d’autres appelant leurs enfants disparus », ajoute Bisimwa, conducteur de moto-tax. La zone commence à retrouver une légère accalmie, mais la peur reste palpable.
La circulation demeure totalement paralysée, isolant Mugogo du reste du territoire. Des commerçants qui tentaient de rejoindre le centre ont rebroussé chemin après avoir entendu de nouveaux tirs sporadiques. « On ne sait plus où aller. Même les chemins de brousse ne sont plus sûrs », confie Jeanne, vendeuse de légumes. Les habitants craignent une reprise imminente des hostilités.
À Kaniola, la situation est encore plus dramatique. Depuis 3 heures du matin, les affrontements sont décrits comme « les plus intenses depuis plusieurs mois » par Aimé, un cultivateur qui s’est réfugié chez un voisin. Des véhicules ont été endommagés à Igurhu, dans le sous-groupement de Mwirama, preuve de la violence des échanges de tirs. Les habitants, cloîtrés, entendent régulièrement les bombardements résonner dans la vallée.
Sur les chemins menant vers Kaniola, des hommes en tenue militaire ont été aperçus avançant vers les lignes de front. Leur présence laisse penser à un renforcement des Wazalendo pour stabiliser la zone. « Ils marchaient vite, l’air déterminé. On a compris que la bataille était loin d’être finie », rapporte Léonard, un jeune du groupement de Mwirama. L’incertitude plane sur les villages voisins, qui redoutent une extension des combats.
À Walungu-Centre et Ikoma, les habitants vivent au rythme des explosions lointaines, scrutant le ciel chaque fois qu’un bruit retentit. « Nous ne dormons plus. Chaque minute peut être la dernière », confie Espérance, mère de trois enfants. Alors que les autorités locales appellent au calme, les familles demandent un déploiement rapide des FARDC pour éviter un drame encore plus grand. Les besoins humanitaires deviennent urgents.



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