Supercoupe 2025 : Pyramids FC, la nouvelle puissance du football africain
Pyramids FC aborde la TotalEnergies CAF Supercoupe 2025 avec l’assurance des nouveaux grands d’Afrique. Tout juste auréolé de son premier sacre en TotalEnergies CAF Ligue des Champions, le club cairote affronte le RS Berkane ce samedi au stade du 30 Juin, son antre fétiche.
Une première participation pour les Égyptiens dans ce match de prestige à élimination directe, tandis que Berkane tentera de décrocher un deuxième titre. Coup d’envoi à 20h00, heure locale.
D’Al Assiouty à Pyramids : l’ascension fulgurante
L’histoire du club ressemble à un conte moderne. Fondé en 2008 sous le nom d’Al Assiouty Sport, le club s’est d’abord forgé une réputation de dénicheur de talents avant de se réinventer en 2018 sous le nom de Pyramids FC, avec un déménagement stratégique vers la capitale.
L’arrivée d’investissements massifs a tout changé : professionnalisation de la structure, politique de recrutement ciblée, et ambition continentale clairement affichée. En quelques saisons, Pyramids s’est hissé parmi les candidats aux titres nationaux, puis aux compétitions africaines.
En 2024, le club remporte enfin le Championnat d’Égypte, avant de conquérir, un an plus tard, la Ligue des Champions, symbole de sa mue achevée.
Cette montée en puissance repose sur un modèle précis : conserver les meilleurs jeunes talents du pays, y adjoindre des cadres étrangers d’expérience, et s’appuyer sur une préparation scientifique digne des clubs européens les plus avancés.
Le stade du 30 Juin, situé dans le nouveau Caire, est devenu à la fois un symbole de cette modernité et une forteresse imprenable — et c’est là que se jouera la Super Coupe.
Krunoslav Jurčić, la rigueur croate
À la tête de cette réussite, Krunoslav Jurčić a donné à Pyramids une identité claire. Le technicien croate s’appuie sur un 4-2-3-1 discipliné : pressing sélectif, densité axiale et transitions tranchantes.
Sans ballon, les deux milieux récupérateurs verrouillent le centre du terrain ; en phase offensive, les quatre joueurs de devant se projettent avec vitesse et coordination.
Cet équilibre, prudence sans ballon, tranchant avec, a été la clé du parcours victorieux des Égyptiens en Ligue des Champions.
Jurčić a su insuffler un professionnalisme méticuleux : séances vidéo pointues, planification physique rigoureuse, gestion fine des rotations. Ces détails ont permis de maintenir la fraîcheur du groupe sur l’ensemble de la saison, entre championnat et joutes africaines.
Une ossature expérimentée et complémentaire
Le socle défensif inspire confiance. Ahmed El Shenawy, gardien international, reste une référence pour ses réflexes et sa sérénité dans les grands rendez-vous. Devant lui, Ahmed Sami et Osama Galal assurent la stabilité de la charnière, tandis que le Marocain Mohamed Chibi et l’Égyptien Mohamed Hamdi animent les couloirs avec discernement.
Au milieu, Muhannad Lasheen protège la défense et oriente les transitions, tandis que Walid El Karti, le stratège marocain, donne le tempo et fluidifie le jeu.
Sur les ailes et dans l’axe, Jurčić dispose d’une palette de talents : Ibrahim Adel, quand il est disponible, la créativité de Mostafa Fathi, la rigueur collective de Mohamed Atef, sans oublier Ramadan Sobhi, toujours précieux par son expérience et sa capacité à créer la différence dans les moments décisifs.
Fiston Mayele, le symbole d’une ambition continentale
Si un joueur incarne la montée en puissance de Pyramids, c’est bien Fiston Mayele. L’attaquant congolais, redoutable dans la surface, offre à son entraîneur ce que son système réclame : des appels agressifs, des frappes rapides et un sang-froid remarquable.
Autour de lui, les ailiers attaquent le second poteau et les milieux jaillissent dans la surface, un schéma répété qui a fait la réussite du club en Ligue des Champions et lors de la dernière Super Coupe intercontinentale.
Une revanche à portée de main
Pyramids n’a pas oublié la finale perdue en 2020 face à… Berkane, justement, en Coupe de la Confédération. Ce souvenir alimente la motivation avant cette nouvelle confrontation.
Cette Super Coupe représente plus qu’un trophée : une validation du projet Pyramids, récompensé par un chèque de 500 000 dollars pour le vainqueur. Pour les Égyptiens, c’est aussi l’occasion d’affirmer que leur réussite n’est pas éphémère, mais structurée et durable.
Une philosophie taillée pour les grands rendez-vous
Jurčić devrait rester fidèle à sa philosophie : compacité, patience et efficacité. Le double pivot Lasheen–El Karti cherchera à contrôler les intervalles, tandis que les latéraux doseront leurs montées.
Les transitions rapides vers Mayele et les coups de pied arrêtés destinés à Sami ou Galal seront les principales armes offensives.
Dans son stade, Pyramids misera sur la maîtrise : réduire les erreurs, exploiter les déséquilibres adverses, et garder une intensité constante grâce à la profondeur du banc.
Quelle que soit l’issue, Pyramids FC s’est imposé comme le nouveau fil conducteur du football de clubs égyptien et africain. Un modèle moderne, ambitieux et rigoureux, capable de rivaliser avec les références du continent.
S’ils ajoutent la Supercoupe à leur premier sacre continental, le message sera clair : Pyramids FC n’est plus une promesse — c’est désormais une puissance installée.
