Supercoupe 2025 : RS Berkane, la science des finales
RS Berkane débarque au Caire avec un sentiment familier : celui d’avoir un trophée continental à conquérir et une dynamique à entretenir. Sacré la saison passée en TotalEnergies CAF Coupe de la Confédération, le club marocain défie samedi l’équipe égyptienne de Pyramids FC à l’occasion de la TotalEnergies CAF Supercoupe, au stade du 30 Juin (20h00).
Une affiche unique entre les deux derniers rois d’Afrique, avec à la clé 500 000 dollars pour le vainqueur et 250 000 pour le finaliste. Berkane, déjà titré en 2022, espère ajouter une deuxième Supercoupe à son palmarès.
Une success story née dans le nord-est marocain
Basé dans la cité des agrumes, la Renaissance Sportive de Berkane est passé du statut de club provincial bien géré à celui de véritable machine à coupes sur la scène africaine.
Le tournant s’est opéré au cours de la dernière décennie : infrastructures modernisées, recrutement intelligent, et surtout une identité de jeu claire. Les finales continentales se sont enchaînées – d’abord douloureuses, puis victorieuses.
Berkane a remporté la Coupe de la Confédération en 2020, récidivé en 2022, puis repris la couronne la saison dernière, confirmant sa réputation de spécialiste des tournois à élimination directe.
Cette régularité s’explique aussi par leur solidité en déplacement : des équipes difficiles à manœuvrer loin de leurs bases, puis impitoyables à domicile devant le public bouillant du Stade Municipal.
Leur modèle : une structure défensive d’abord, puis de la vitesse et de la précision en transition, soutenues par une redoutable efficacité sur coups de pied arrêtés.
Moin Chaabani, l’architecte exigeant
Sur le banc, Moin Chaabani incarne cette rigueur. L’ancien international marocain, connu pour sa lucidité tactique, a redonné à Berkane les fondamentaux qui en font un adversaire si inconfortable : un bloc médian compact, des latéraux qui choisissent leurs montées avec justesse, et des attaquants orientés vers les espaces plus que vers la possession.
Son staff attache une attention méticuleuse aux détails : répétition des schémas sur coup de pied arrêté, analyse vidéo pointue des déclencheurs adverses, et rotation calculée pour maintenir un haut niveau d’intensité malgré le double calendrier.
C’est un style taillé pour les matches à élimination directe, qui a fait ses preuves tout au long de la dernière campagne continentale : peu de buts encaissés, des frappes au moment opportun, et une gestion exemplaire des temps faibles.
Une colonne vertébrale solide
Le capitaine et avant-centre Oussama Lamlioui reste le cœur de cette équipe. Puissant dans le jeu aérien, précis dans le placement, il incarne l’équilibre entre sérénité et efficacité, notamment sur coups de pied arrêtés.
À ses côtés, Paul Bassene, partenaire de confiance, multiplie les appels en profondeur, tandis que Youssef Mehri, sur le couloir droit, apporte percussion et justesse dans la dernière passe.
Au milieu, l’alchimie repose sur un trio équilibré : un récupérateur qui assure les transitions rapides, un relayeur capable de sauter au pressing, et un meneur de jeu qui dicte le tempo. Cette complémentarité permet à Berkane de changer de rythme selon les besoins du match, contenir puis piquer.
Kandouss, Bassene et les éclairs décisifs
Devant, la menace est diffuse. Lamlioui, avec son sens du timing, a souvent débloqué des situations tendues. Bassene use les défenses par ses courses constantes, tandis qu’un créateur excentré, souvent côté gauche, alimente les diagonales et centres en retrait.
À cela s’ajoute le danger sur coups de pied arrêtés, où Ismaël Kandouss et les défenseurs centraux montent systématiquement. Berkane sait varier sans se déséquilibrer.
Chaabani n’hésite pas non plus à remodeler son équipe en cours de match : passer d’un 4-2-3-1 à un 3-4-3 pour sécuriser un résultat ou forcer la décision. Ces ajustements tactiques ont souvent fait la différence lors de la dernière Coupe de la Confédération.
Une équipe programmée pour les grands rendez-vous
L’atout majeur de Berkane réside dans son expérience des finales. Le groupe sait comment gérer les temps du jeu, réduire les espaces, et exploiter chaque erreur adverse.
Sur terrain neutre, leur discipline structurelle et leur efficacité sur phases arrêtées pèsent lourd. Un profil idéal pour une Supercoupe disputée sur un seul match.
La rencontre de samedi a aussi un parfum de revanche historique : la dernière confrontation entre Berkane et Pyramids en finale continentale avait tourné à l’avantage des Marocains. Cette fois, ils reviennent au Caire, face au champion d’Égypte, avec l’opportunité de confirmer leur suprématie.
On peut s’attendre à voir Chaabani resserrer les lignes, attirer Pyramids dans les zones denses, puis jaillir dans les couloirs pour servir ses attaquants. La priorité : maîtriser le tempo plutôt que multiplier les occasions.
Une culture club patiemment bâtie
Derrière cette réussite, une stratégie discrète mais efficace : investir dans la détection régionale au nord-est du Maroc et dans les pays voisins.
Cette politique a permis de constituer un noyau stable, composé de cadres expérimentés et de jeunes intégrés progressivement. Ce mélange d’expérience et de fraîcheur explique la sérénité de Berkane dans les matches serrés et leur régularité dans les derniers carrés des compétitions africaines.
En mission au Caire
Face à Pyramids, vainqueur de la TotalEnergies CAF Ligue des Champions, Berkane avance avec son habituelle assurance. Solides derrière, menaçants sur transitions et redoutables sur coups de pied arrêtés, les Marocains savent qu’ils n’auront pas la possession, mais qu’ils peuvent dicter le rythme.
Si le match s’emballe, Chaabani fera appel à la profondeur de son banc ; si la tension perdure, un détail, un coup de pied arrêté, pourrait suffire. Et c’est justement là que Berkane excelle.
Quelle que soit l’issue, une chose est certaine : RS Berkane s’est imposé comme une puissance moderne du football marocain, fondée sur la clarté, la cohésion et une efficacité redoutable lorsque les trophées se jouent.
Une nouvelle Supercoupe ne ferait que confirmer une évidence : les Orange Boys sont taillés pour les finales.



Laisser un commentaire