Tirs croisés entre l’Abbé Nicolas Yamba et Mgr Emmanuel Kasanda  

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Dans une lettre ouverte, l’Abbé Nicolas Yamba Mutombo, Prêtre du diocèse de Kongolo s’est adressé à Mgr Emmanuel Kasanda,

Evêque de Mbuji-Mayi avec pour objet : « De la correction fraternelle au scandale public : Plaidoyer pour la dignité de notre Eglise et de la CENCO ».

M. l’Abbé constate qu’en exposant des griefs de ”tribalisme” et de ”tricherie” au sein même de l’instance suprême de l’Eglise en RDC, vous portez un coup dur et un préjudice grave à la réputation de vos pairs et à l’unité de l’Eglise Catholique RD Congolaise. « Les linges sales se lavent en famille », dit-on.

« Vous fustigez le tribalisme et la tricherie ; mais le calendrier de votre sortie, qui coïncide exactement avec une période de tensions politiques où l’on cherche à isoler la CENCO en la lynchant médiatiquement et en traitant de tous les noms d’oiseaux les principaux de ses acteurs, laisse transparaître une troublante proximité d’intérêts avec le pouvoir temporel. A l’horizon, il y a lieu de craindre un dévouement préprogrammé de voir la CENCO présider le dialogue inclusif pour la paix durable en RDC au seul bénéfice des pasteurs et chantres du pouvoir », explique-t-il.

Comment ne pas percevoir un appui inapproprié à ceux qui, par stratégie politique, cherchent à exclure l’Eglise du dialogue national dont elle est pourtant l’une des initiatrices ? Comment ne pas observer dans votre démarche une consécration du tribalisme que vous fustigez, une instrumentalisation et un blanchiment de toutes les dérives du pouvoir actuel ?, se demande-t-il.

Et l’Abbé Nicolas Yamba Mutombo, Prêtre du diocèse de Kongolo, de pourusivre que votre silence observé sur les actions et déclarations parfois véhémentes de la CENCO durant les 18 ans du régime précédent intrigue. Vers la fin du règne Kabila, elle se dressait avec la plus grande fermeté contre les dérives autoritaires — il me rappelle que vous en étiez l’un des ténors — contraste douloureusement et ostensiblement avec votre virulence actuelle. « Un royaume divisé contre lui-même finit par s’effondrer », a dit le Christ. C’est ici le lieu de vous le rappeler.

Pourquoi avoir cautionné les prises de position acerbes de la CENCO et surtout celles du feu Cardinal Laurent Monsengwo dont on retient la phrase célèbre, qu’on interprète comme le paroxysme du désaveu : ”Que les médiocres dégagent”, pour ne les fustiger que sous ce régime (le vôtre) ? Pourquoi ce zèle délateur aujourd’hui, alors que les Congolais réclament de plus en plus une Eglise dorénavant forte et unie pour plaider sa cause et guider son destin en ruine ?

« En sciant ”l’arbre sur lequel vous êtes assis”, non seulement vous scandalisez, mais aussi vous sapez tous les efforts et les sacrifices consentis par vos pairs en vue d’une réconciliation nationale et d’une paix durable. Plus grave encore, vous jetez à court, à moyen et long termes l’opprobre et le discrédit sur toute l’Eglise RD Congolaise ainsi que sa hiérarchie, pourtant vous faites partie de ce Corps », indique-t-il, avant de soutenir que vous affaiblissez, non seulement la CENCO, mais l’autorité et le prestige même de votre ministère épiscopal au risque de ne plus être crédible. Par cet acte, d’aucuns vous considèrent désormais comme « un cheveu dans la soupe », car désormais, « le ver est dans le fruit », ce qui donnait l’impression qu’il était mûr et prêt à être cueilli et consommé.

Un appel à la sagesse (Sapientia) 

Point n’est besoin de vous le rappeler : dans la situation actuelle, la CENCO reste jusque-là, aux yeux des Congolais encore honnêtes, le rempart moral — si pas l’unique — pour notre nation et surtout pour son avenir. Il serait intéressant pour vous de ne jamais perdre de vue cette réalité : la CENCO est comme ce ”linge” que l’on jette parfois au gré des humeurs politiques, mais que l’on recherche désespérément chaque fois que l’atmosphère de la maison (RDC) devient irrespirable. Et l’histoire a démontré que « pour l’amour du Congo », elle ne s’est jamais vengée et que pour le bien du peuple, elle a toujours été prête à rendre service.

A travers vos pages, vous avez jeté le pavé dans la mare : c’est une autoflagellation inédite qui sonne le glas d’une autodestruction regrettable avec des conséquences incalculables. Qui plus est, elle mine l’unité des Congolais et, davantage encore, celle des fidèles catholiques. Bien que le vin ait déjà été tiré et qu’il faille péniblement le boire (en tout cas, pas à cœur joie), je vous suggère humblement, à la prochaine, de bien vouloir revenir à la voie de la discrétion et de la résolution de vos conflits à l’interne, conformément aux Statuts de la Conférence (que vous évoquez dans votre épître) et à l’esprit de l’Evangile (cfr le synode de Jérusalem).

Permettez-moi enfin de vous inviter, en ce précieux temps de Carême, à vous raviser et à vous convertir tout autant que la CENCO que vous dénoncez (en vous dénonçant) et à laquelle vous le demandez instamment. Au bout d’un examen de conscience et d’une méditation profonde sur les conséquences désastreuses de vos écrits, je serais très soulagé de vous voir vous humilier en demandant pardon à vos pairs parce que ça aurait dû se chuchoter à huis clos entre vous. Vous avez brisé, certes, l’unité et la communion épiscopales (réfrence).

Ensuite, ce prêtre encourage vivement Mgr Kasanda à demander pardon aux clercs, aux fidèles et à tous ceux qui, parmi les congolais, ont été scandalisés et déçus. Permettez-moi enfin, en tant que prêtre, pasteur, collaborateur et conseiller (cfr C. je vous prierais de demander à mon aîné, le Révérend Abbé Blaise KANDA (que j’aime beaucoup) de mettre un peu d’eau dans son vin car, de temps en temps, il déborde et en fait un peu trop. Ce qui n’honore pas l’Eglise.

 

« Je vous suggère pour cela de réécrire et de republier une seconde lettre que vous veillerez bien publier à travers les mêmes canaux (les médias sociaux) comme vous l’avez fait pour la précédente. Si ce n’est pas vous-même qui l’avez publiée, nous vous serons gré de nous le faire savoir et de nous aider à identifier l’auteur de cette odieuse ”cybercriminalité” », martèle-t-il.

 

 

 

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