Une acquisition qui pue des rétro-commissions : Congo Airways renforce sa flotte avec un Airbus vieux de 36 ans  

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Personne ne s’explique l’urgence ou l’opportunité d’acquisition de cet A320 en fin de cycle, surtout quand on sait que la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) est en train d’acquérir de trois Embraer 190 pour le compte de Congo Airways. Cette affaire pue les rétro-commissions à mille lieues, cela expliquerait sans nul doute le montage d’un tel dossier qui ne vaut pas la peine.

L’affaire laisse plus d’un observateur sans voix. La compagnie nationale Congo Airways, lancée dans un ambitieux processus de relance de ses activités, a vu sa flotte s’enrichir d’un aéronef, un Airbus A320, arrivé en en leasing.

Seulement, cet Airbus A320 acquis en leasing est mis en service depuis 1989. Il est donc vieux de 36 ans. Selon le site spécialisé NewsAero, cet aéronef est classé parmi les quatre A320 les plus anciens encore exploités dans le monde.

D’après des sources concordantes et le suivi de NewsAero, l’A320 a exploité de nombreuses immatriculations et couleurs commerciales au fil de sa carrière -Braniff, GPA, America West, US Airways, Sénégal Airlines, Fly Baghdad, Jubba Airways, Corendon Airlines, entre autres- avant d’atterrir sous la bannière de Global Aviation.

Acquis en leasing auprès de la société sud-africaine Global Aviation, cet A320 est le deuxième appareil reçu par la compagnie nationale en peu de temps. Vers fin 2025, Congo Airways s’est vu doter d’un Embraer E190.

A en croire NewsAero, l’Embraer E190 réceptionné fin 2025 affiche quant à lui environ 18 ans et aurait bénéficié de travaux de maintenance importants à Toulouse; un second E190 est attendu dans les prochains jours. En ce moment, il subit des opérations similaires en France.

 

Risques de mise en service d’un vieil aéronef

Cet A320 a été acquis via un contrat de leasing à coût réduit auprès d’un bailleur (Global Aviation) pour permettre à la compagnie de reprendre rapidement les vols sans engager des investissements très importants dans l’immédiat.

L’utilisation d’un avion âgé de 36 ans paraît économiquement intéressante à court terme, mais soulève des défis techniques et opérationnels, notamment en matière de maintenance, disponibilité des pièces de rechange, consommation de carburant plus élevée et risques d’immobilisation.

Pour le bailleur, la remise en service d’un tel avion est rentable : prolonger son exploitation permet d’amortir un appareil en fin de cycle. Pour Congo Airways, souvent fragile financièrement, le recours à des leasings à bas coût apparaît comme une solution de court terme pour reconstituer une flotte opérationnelle.

Des experts estiment toutefois que l’exploitation d’appareils anciens n’est pas rédhibitoire si la maintenance est rigoureuse. Elle implique toutefois des contrôles structurels renforcés, une fréquence accrue des visites techniques et une logistique de pièces de rechange souvent complexe et coûteuse.

« Plus un avion est ancien, plus le risque d’immobilisation augmente, ce qui peut annuler les économies réalisées sur le leasing », estime un pilote rd congolais sous couvert d’anonymat.

 

Investissement onéreux

Les risques pointés vont de l’augmentation des coûts de maintenance non planifiée aux retards et annulations, en passant par une consommation de carburant plus élevée et une possible érosion de l’image de la compagnie. Les experts interrogent la viabilité d’une stratégie fondée sur des acquisitions d’occasion face à l’objectif affiché par le gouvernement -et rappelé lors du Conseil des ministres du 19 juillet 2024- d’un renouvellement de la flotte, notamment par l’achat de trois Airbus A320 neufs.

«A 25 ans, un appareil utilisé sur de grandes lignes se trouve “dans ses dernières années de service commercial», affirme un autre expert avant de poursuivre: «Si un avion est considéré comme trop vieux pour être exploitable, c’est parce qu’il va avoir une consommation de carburant et des coûts d’entretien qui deviennent supérieurs à ceux des avions les plus récents».

Prestige de la compagnie

L’autre point qui fâche dans ce dossier est le fait que cet aéronef a été débaptisé « Etienne Tshisekedi ». A première vue, c’est un honneur fait à l’ancien Premier ministre de la RDC, Etienne Tshisekedi wa Mulumba, Père de la démocratie congolaise, également mentor et père biologique de Félix-Antoine Tshisekedi.

Mais quand on examine avec froideur, donner le nom d’Etienne Tshisekedi à un A320 vieux de 36 ans, de plus acquis en leasing est tout, sauf de l’honneur. On sait aussi qu’au terme du contrat de leasing, cet aéronef sera retiré de la flotte de Congo Airways. Que devient donc cet « honneur » fait à Etienne Tshisekedi ? Devra-t-on comprendre qu’Etienne Tshisekedi mourra bien de belle mort ? Quelle honte !

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