XIIIe Conférence des Gouverneurs : Bandundu, une terre à vocation agricole face au contraste de son potentiel
Les travaux de la 13e Conférence des Gouverneurs, qui se tiennent dans le chef-lieu de la province du Kwilu, permettent de découvrir les réalités locales, et plus particulièrement dans les secteurs agricole, halieutique et pastoral. Pour une ville située aux confluents de trois rivières, en l’occurrence le Kwilu, le Kwango et le Kasaï, l’ancienne Banningville ne sait pas tirer profit de ces dons de la nature.

Une ville fertile et à gros potentiel halieutique
Pour les habitants de Bandundu-ville, c’est dans une sorte de paradoxe qu’ils vivent depuis plusieurs décennies maintenant. Et l’heure est arrivée pour y mettre fin.
« La ville de Bandundu a vocation de devenir la deuxième plus grande ville de la République Démocratique du Congo pour plusieurs raisons. Cette ville est constituée d’un sol fertile, et elle a une capacité de production halieutique inimaginée », indique Jean-Claude Bwanganga, agronome et député national élu de Bandundu.
Promouvoir la consommation locale
Alors que la vision du Président de la République dans le secteur agricole, qui se résume en la revanche du sol sur le sous-sol, vise la reconquête de l’autonomie alimentaire, la province du Kwilu, et plus particulièrement la ville de Bandundu, est à ce jour dépendante des autres, en dépit de ses atouts.

« Bandundu-ville a beaucoup d’atouts. On a l’électricité, des terres fertiles, mais je peux vous rassurer que les oeufs qui sont mangés ici viennent de Kinshasa. Vous ne pouvez pas acheter chez les autres ce que vous êtes capables de produire vous-mêmes. On ne peut pas comprendre qu’on ait autant de capacités, mais qu’on dépende de la ville qu’on devrait nourrir », ajoute l’élu de la ville.
Une ville de vaillants hommes et femmes
Entre-temps, Bandundu-ville est nourrie tant bien que mal par ses fils et filles qui font de l’agriculture de survie, de l’élevage familial ou encore de la pêche de subsistance. Le long de la route, on peut apercevoir ces vaillantes femmes revenant des champs, parcourant de longues distances à pied, se débrouillant avec les moyens du bord, pour nourrir leurs ménages ; des femmes résilientes qui s’adaptent tout en gardant l’espoir d’un lendemain meilleur.

Autrefois terre de pêcheurs, l’activité est quasiment abandonnée, pratiquée par quelques rares amateurs avec des moyens rudimentaires, juste pour la survie. Dans la ville, on trouve quelques étangs appartenant aux particuliers, mais aussi des fermes, où sont cultivés une variété de légumes (tomate, aubergine, cacao, poivron ou encore du manioc), des porcheries et chèvreries, où sont élevées du bétail, et quelques investissements privés qui ne sont malheureusement pas accompagnés. Mais tout cela pour des faibles productions.
« Nous avons de la volonté, mais nous manquons de moyens. Nous voulons que les autorités nous soutiennent à travers nos regroupements afin de pouvoir faire plus, notamment dans la pisciculture au sol et hors-sol, l’élevage et l’agriculture », déclare Adelard Foto, agriculteur et assistant vétérinaire, propriétaire d’une ferme.
Ce dernier semble connaître par ailleurs comment orienter l’intervention des pouvoirs publics.
« Les semences de qualité, qu’on appelle F1, coûtent cher pour nous. Pour une boîte de 50 g, il faut débourser 50 à 60 $. Il y a des semences à moins cher, mais qui ne donnent pas de bons résultats. Si nous avons à notre disposition des semences de qualité, nous allons nourrir notre population », assure-t-il.

Des routes de desserte agricole pour s’approvisionner en intrants et évacuer les produits
Autre difficulté, ce sont des routes d’évacuation des produits vers les marchés de consommation, ces routes rurales qui font encore défaut par ici.
« Si nous avons des routes, nous allons aussi beaucoup produire et avoir plusieurs intrants qui nous viennent de loin, car il faut parcourir 30 à 50 kms. Je remercie le Président Félix Tshisekedi et la Première Ministre Judith Suminwa et toutes les autorités pour cette Conférence des Gouverneurs. Je sais qu’avec leur arrivée ici, une solution sera trouvée pour nos activités dans le Bandundu », confie-t-il.
Des préoccupations qui rencontrent les diagnostics déjà posés par le Gouvernement mais aussi par les experts. Les recommandations de la 13e session de la Conférence des Gouverneurs sont très attendues pour booster ces secteurs appelés à être compétitifs tel qu’envisagé au premier pilier du Programme d’actions du Gouvernement Suminwa ; des secteurs compétitifs qui consacrent la diversité économique. En attendant, ces assises apportent une lueur d’espoir aux petits producteurs du secteur agropastoral et halieutique mais aussi aux populations consommatrices.
