250.000 réfugiés congolais au Burundi et 87.000 en Tanzanie: Eve Bazaiba parle d’une tragédie humaine
De retour du Burundi et de la Tanzanie où elle a apporté l’aide humanitaire constituée des vivres et des non-vivres, Mme Eve Bazaiba, ministre des Affaires sociales et de la Solidarité nationale, a qualifié ce qu’elle a vu de « tragédie humaine ». Elle se dit révoltée de voir des compatriotes souffrir ; eux qui n’ont pas fui leur pays à cause de la misère ou des problèmes climatiques, mais à cause de l’agression rwandaise perpétrée par les supplétifs du M23.
« J’ai conduit une mission humanitaire au nom du chef de l’État et du gouvernement de la République. J’étais accompagné de Jacques Mbadu, ministre délégué à la Francophonie et d’un délégué du ministère des Droits humains. La mission a été coordonnée à distance par Jacquemain Shabani qui a dans ses attributions la gestion des réfugiés. C’est une tragédie humaine, une désolation. Je me sens révoltée de voir les compatriotes souffrir ainsi. Ils n’ont pas fui le pays à cause de la misère, à cause des problèmes climatiques, mais des hostilités de l’agression rwandaise perpétrée par les supplétifs du M23 », explique-t-elle devant la presse conviée à un briefing organisé par Patrick Muyaya, ministre de la Communication et médias.
Au Burundi, dit-elle, il y a 250.000 congolais parsemés dans 7 sites. Le gros lot est à Busuma avec 67.000 compatriotes, dont 30.000 enfants, 2.200 enfants non accompagnés. Les populations sont dans une situation difficile. Le monde entier sait que les grands donateurs de l’aide humanitaire que sont les Etats-Unis ont revu leurs stratégies et beaucoup d’agences et les ONG ont plié bagage. Le Burundi avait lancé l’appel. La RDC est le premier à répondre à cet appel. « C’est un devoir pour nous et ce sont nos compatriotes, quand bien même on a dérogé à la règle », note-t-elle, avant de préciser qu’en Droit international humanitaire, le pays d’origine n’intervient directement envers ses ressortissants. Mais en situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Lorsqu’il y a un appel lancé par le pays d’accueil, le premier à réagir naturellement, c’est le pays d’origine. « Mon rôle était d’apporter l’aide humanitaire », soutien-t-elle.
Rupture d’éducation, pas une vie normale…
En Tanzanie, poursuit Eve Bazaiba, c’est 87.000 Congolais, dont 50.000 enfants de 0 à-18 ans. 28 naissances le jour de notre arrivée. Il s’agit des Congolais sont en rupture scolaire, rupture d’éducation, la vie n’est pas normale… Parmi eux, il y a les congolais qui étaient en Ouganda.
Au sujet des tensions des réfugiés qui veulent revenir en Rdc, Eve Bazaiba pense que c’est normal. « La mission de la Rdc a fait bouger les lignes sur la responsabilité du Rwanda et ses supplétifs. La population souffre par le fait du comportement belliciste du Rwanda. La plupart des compatriotes sont des responsables qui se retrouvent déstabilisés », dit-elle, tout en révélant que « le M23 en a profité pour manipuler la population des 69 sites pour leur dire qu’à Uvira, il y a la paix. C’est une stratégie éhontée. Ils sont allés là-bas parce qu’il fallait sauver leur vie. Ça été une manipulation. Le gouvernement burundais est prêt. Nous avons un plan chronométré pour le retour. Mais préalablement, il faut le retour de la paix et de la Sécurité. Sinon, ça serait exposé les compatriotes », insiste la ministre.
Jean-Marie Nkambua
