Mardi 30 juin 2026, la RDC a commémoré le 66ème anniversaire de l’accession du Pays à son indépendance. Une indépendance arrachée par les Pères de la Nation Congolaise dont les dirigeants actuels ne s’en souviennent presque pas. Si ce n’est que lors de leurs orgies et non dans leurs actes.
En effet, en cherchant à tout prix à se desceller et se dévasseler de l’ancienne colonie belge, les Pères de l’Indépendance avaient à l’esprit que l’élite congolaise allait prendre la relève pour le décollage définitif de leur Pays. Malheureusement pour eux, au fil des années, qui s’égrènent de façon cynique, leur Pays vacille dangereusement. A commencer par son unité.
Aujourd’hui plus que hier, la RDC est écartelée à la suite de la gourmandise de ses propres fils. Coalisant avec des forces obscures pour des besoins économico-financiers, ils ont, eux-mêmes, parodié l’unité du pays. Avant que des lobbies financiers internationaux ne s’en mêlent ; pendant que le tribalisme, le sectarisme et bien d’autres maux liquéfient l’unité nationale et se sont dangereusement corsés. Au point que la RDC est déchiquetée par des centaines de pseudos rebellions avares des richesses de son sous-sol.
Dans la gestion de la chose publique, c’est le tableau plus que sombre. Un tableau diabolique. Les détournements des deniers publics, la corruption chronique, la cupidité économico-clanique, la délinquance financière, l’irresponsabilité dans la gouvernance, autant des griefs retenus à charge de l’actuelle élite. Qui ne sait gérer les acquis d’après le 30 juin 1960. La vie sociale collective devient un leurre. On se fourvoie, juste pour rester avec le peu de souffle de vie.
Comme l’élite doit sa survie au Gouvernement, à l’Assemblée nationale, au Sénat ou dans les entreprises publiques, à défaut d’occuper des hautes fonctions en provinces, elle a tôt fait de « boutiquer » des conditions ne permettant pas à la Plèbe d’aspirer à un poste, d’y avoir accès. Même en rêve, car n’ayant comme soubassement politique que son insomnie pendant que l’élite joue sa partition, se frotte les mains d’avoir édicté des lois taillées sur mesure.
De la rédaction de la Constitution à la Loi électorale, non sans citer des textes réglementaires qui régissent le peuple congolais sous une sorte de coupe réglée, des longs bras de l’élite passent toujours par là. Elle prend soin de tout verrouiller de telle sorte que lorsqu’elle occupe un poste, ses épouses, ses enfants, ses autorités morales, ses tantines, ses tantinettes doivent aussi graviter autour du pouvoir politique ou économique qui appartient désormais à une seule caste.
De son côté, le système judiciaire devient de la magie. Cynique, inique et anachronique, il est prononcé à la tête du client. Souvent aux plus démunis car les grosses « cylindrés politiques », hauts placés, bénéficient plus de privilèges de juridictions et des droits que le petit peuple qui croupit dans la misère voulue et entretenue par l’élite. Cette élite qui, hier, avait applaudi les Pères de l’Indépendance. Mais qui, aujourd’hui trahit les aspirations de toute une Nation. De tout un peuple. Qui aspirait voir cette indépendance servir de béquilles pour le décollage définitif de son Pays. De sa Nation. La seule et l’unique auquel ce petit peuple appartient.
C’est cette République-là qui, 66 ans après, vit toutes ces réalités.
Dommage pour le Peuple congolais !
Willy Kilapi
