21 milliards $ du Qatar à sécuriser via consensus… national !
« RDC : Le Qatar met 100 milliards de dollars sur les tables africaines ». Le titre est du journal belge « LA LIBRE » version africaine. Dans son édition du 1er septembre 2025, il précise _ »Tapis rouge !Les dix pays africains qui avaient le bonheur de se trouver sur la liste du Cheikh Al Mansour Bin Jabor Bin Jassim Al Thani, le cousin de l’émir du Qatar, n’ont pas lésiné sur les fastes pour accueillir le fondateur et patron de la al Mansour holding. Il faut dire que cette structure va être chargée de gérer les milliards libérés par le fonds qatari (qui pèse au moins 300 milliards de dollars) pour l’Afrique et à l’Asie. Entre le 13 et le 28 août, l’homme, flanqué de ses conseillers et d’experts internationaux, est passé par la République démocratique du Congo, le Burundi, la Zambie, le Botswana, le Mozambique, le Zimbabwe, l’Angola, le Gabon, la Centrafrique et la Tanzanie. À chaque escale, le prince a promis des milliards d’investissements dans divers secteurs (agriculture, infrastructures, logistique, santé, sécurité_)*…
Visiblement, la Com’ du pouvoir a compris la leçon
_ »C’est la RDC de Félix Tshisekedi qui a reçu la plus importante promesse : 21 milliards de dollars pour une dizaine de secteurs majeurs comme le médical, la sécurité (des mines), l’agriculture, les hydrocarbures ou encore l’aviation. Un point sensible pour le Qatar qui dessert déjà plusieurs lignes africaines et qui veut devenir un pion majeur dans ce secteur en Afrique. La pétromonarchie investit aussi dans les infrastructures, comme c’est le cas au Rwanda où Qatar Airways est actionnaire majoritaire de l’aéroport de Kigali_ », poursuit le média en ligne.
Bien entendu, Mozambique s’en tire avec UDD 20 milliards, le Zimbabwe et la Zambie 19 milliards, le Botswana 12 milliards. _“Et ce n’est qu’un début_ », annonce-t-on.
Faut-il s’emballer comme cela a été le cas à l’annonce du deal avec Washington dans le cadre de l’Accord minier ?
Visiblement, la Com’ du Pouvoir a compris la leçon : *entre une annonce médiatique et la réalisation physique, il y a le temps du mûrissement*. Qui peut aller dans le sens de la concrétisation ou dans celui, au mieux de la suspension, au pire de l’abandon. Un temps pouvant s’avérer une éternité !
Un exemple parmi cent : le centre culturel africain aménagé sur le Bld Triomphal, face au Palais du Peuple. Lors de la célébration du Cinquantenaire de l’indépendance le 30 juin 2010, il avait été fait état du caractère *provisoire* de belle tribune officielle érigée pour la circonstance. L’emplacement, avait-on indiqué, était réservé au projet d’implantation de ce centre. En 2012 avaient commencé sous Joseph Kabila les négociations pour le financement (don de USD 100 millions). Or la pose de la première pierre n’est intervenue qu’en 2019 sous Félix Tshisekedi qui, du reste, a eu l’honneur de l’inaugurer en 2024.
C’est donc au nom de la notion sacrée de la *continuité de l’État* que l’affaire avait été bouclée.
De la même manière que cela a été le cas pour des infrastructures initiées sous Kabila puis inaugurées par Tshisekedi, il y aura aussi des infrastructures initiées sous Tshisekedi pour être inaugurées par son prédécesseur.
Il en sera ainsi des celles visées par les milliards qataris.
Et comment !
Ce genre de coïncidence n’a généralement rien d’accidentel
Retour à l’article de *LA LIBRE*. L’auteur reprend en citation les propos d’un diplomate occidental en poste dans la région. Au sujet de ces milliards, il dit : _ »C’est un espoir de développement pour plusieurs États africains (…) Mais pour l’instant, tout reste sur papier. On ne connaît pas les détails. On sait aussi que le Qatar a mis la main sur des milliers d’hectares de terre arable pour garantir son approvisionnement. Que prévoient ces accords sur ce point, on l’ignore_ ».
Autant parler des milliards qui rejoignent d’autres milliards complétant d’autres milliards tous logés dans le *même pipe-line*.
Pourquoi dans le pipe-line !
Il est de notoriété publique que l’argent n’aime pas les bruits de guerre. Mieux, les investisseurs sérieux ont horreur des crépitements continus de balles.
On note d’emblée qu’à l’exception de Mozambique qui est en guerre, les trois autres pays de la SADC auxquels le Qatar a accordé des prêts pour investissements ne sont pas en conflits ni en internes (rébellion), ni en externes.
Moralité : ils pourraient être servis *avant* la RDC du fait de l’insécurité.
Lorsque les ONG d’obédience occidentale ayant pignon sur rue choisissent des circonstances comme celles de l’annonce de gros investissements « occidentaux » pour publier des rapports qui mettent plus à mal le Pouvoir que l’Opposition (surtout armée), ce n’est pas par le fait du hasard.
En 35 ans du Zaïre de Mobutu à la RDC de L-D. Kabila, Joseph Kabila et Félix Tshisekedi, on connaît leur modus operandi.
C’est le cas du dernier rapport en date. Il est du 5 septembre 2025. À une vingtaine de jours de l’AGO (Assemblée générale ordinaire des Nations-Unies). Il est publié le lendemain de l’audience accordée par la Première Ministre Judith Sumwina au Cheikh Al Mansour.
Ce genre de coïncidence n’a généralement rien d’accidentel. C’est souvent planifié.
A percevoir comme une sonnette d’alarme
Certes, entre Qatar et la RDC, tout ou presque baigne dans l’huile avec pour projet phare le port en eaux profondes de Banana. Mais, il ne faudrait pas que Kinshasa (lisez Pouvoir ou régime) soit perçu dans la suite des temps comme un obstacle aux ambitions qataries.
Toutes les puissances d’argent réfléchissent de la même manière, peu importe qu’elles soient de l’Occident ou de l’Orient, voire du continent, des régions ou des sous-régions d’Afrique.
C’est la raison pour laquelle, en s’instituant facilitateur ou médiateur, Doha pourra devenir un cauchemar pour Kinshasa ou pour « Goma » !
L’enlisement auquel allusion a été faite dans la derniere livraison intitulée * »Dialogue : le OUI-MAIS de Félix Tshisekedi suffit pour en confirmer la tenue ! »* est à percevoir comme une sonnette d’alarme.
Tout le monde est conscient du fait qu’en cas d’échec du Processus de Doha avec impact direct sur celui de Washington, et si cela se produisait par sa faute, Kinshasa se mettrait dans de beaux draps, et verrait le pipe-line à milliards de dollars des Occidentaux et des Orientaux se fermer à défaut d’être retardé.
Au Palais de la Nation ou au Mont Ngaliema, la capacité de circonscrire cette évidence ne fait pas défaut…
Omer Nsongo die Lema
