Des restitutions encore plus sévères sur les liquidités : les opérations de maintien de la paix en difficulté !

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Au cours de ce rendez-vous avec la presse, Jean-Pierre Lacroix, Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux Opérations de paix , a abordé un autre défi, qui est celui de la contrainte financière, parce que nous avons déjà des restrictions qui sont liées au fait que tous nos États membres ne paient pas, en temps voulu et dans leur totalité, les contributions obligatoires qu’ils doivent payer pour le budget du maintien de la paix, d’ailleurs comme pour le budget dit budget régulier, qui est le budget des Nations Unies hors Maintien de la Paix. Ça nous conduit déjà à prendre des mesures de restriction du type gel de recrutement et faire beaucoup d’économies.

« Mais nous avons aussi un degré d’incertitude, je dirais, plus fort quant à l’avenir de nos contributions et ces incertitudes sur le montant des liquidités qui seront rendues disponibles pour les opérations de maintien de la paix, y compris pour la MONUSCO, nous conduisent à prendre des décisions, à faire des préparatifs, des plans de contingence—comme on dit « Contingency planning » — pour le cas où, effectivement, nous aurions des restitutions encore plus sévères sur nos liquidités. Et bien sûr, cela aurait un impact sur toutes nos opérations de maintien de la paix. Un impact sévère », souligne-t-il.

Et d’ajouter qu’il croit que, parallèlement à nos plans de contingence, à nos plans dans la perspective, encore une fois, de restrictions financières encore plus fortes, il est important de continuer un plaidoyer pour que, encore une fois, toutes les contributions qui sont dues aux Nations Unies, et notamment au financement des opérations de maintien de la paix, soient payées dans leur totalité et en temps utile par tous les États membres.

D’ailleurs, c’est une obligation qui leur incombe au niveau de la Charte, mais je dirais que ce que nous souhaitons, c’est de la cohérence de la part dans nos États membres.

Ceux-ci votent des résolutions qui soutiennent la MONUSCO. La résolution 2773, dernière en date, contient un langage très proactif sur le rôle que joue et que pourrait jouer la MONUSCO en cas de progrès, et notamment de cessez-le-feu. Des déclarations adoptées à Washington, en présence des autorités congolaises et rwandaises et des plus hautes autorités américaines, contiennent également des éléments positifs et favorables au rôle de la MONUSCO et au rôle qu’elle pourrait jouer dans l’avenir, un rôle accru. De même des déclarations de Doha.

« Nous attendons une cohérence dans la mesure où, d’un côté, si nous avons ces expressions de soutien à la MONUSCO, ces expressions doivent être normalement, je dirais, accompagnées d’un soutien financier compatible avec ces expressions de soutien politique. C’est ce que nous souhaitons obtenir de la part de nos États membres », note-t-il.

Il a terminé en remerciant tous ses collègues de la MONUSCO qui font un travail exceptionnel dans des conditions difficiles, parfois même très difficiles. Je pense encore une fois à la situation dans la zone de Goma, et celle des zones occupées actuellement par le M23.

Il souhaite remercier les autorités congolaises et tous nos interlocuteurs congolais et je souhaite aussi remercier les représentants de la société civile, les représentants des communautés congolaises que nous avons rencontrés, et qui d’abord restent encore trop souvent affectés par des violences, mais qui expriment à notre égard des attentes aussi, parce qu’il faut le dire, de la gratitude par rapport à ce que font nos collègues en dépit de tous les défis, qui expriment aussi des attentes, et c’est tout à fait normal parce que, certes, il y a des efforts diplomatiques mais la situation reste encore très, très difficile.

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