Raffermissement du Franc congolais ou relative baisse de change en sa faveur ?
Intervenant par rapport au raffermissement du Franc congolais par rapport au dollar américain, le professeur Godé Mpoyi crucifie Doudou Fwamba et pense qu’une stabilité monétaire réelle se constate au marché et non sur les ordinateurs. Le taux d’inflation de 7% est un maquillage des chiffres pour la longévité du ministre. Il n’est confirmé ni au marché, ni par les scientifiques sérieux.
A l’en croire, cette stabilité artificielle est aujourd’hui complétée par l’injection des devises par la BCC (une autre demi-mesure). À moyen terme, ces injections vont entamer nos réserves de change et relancer l’hyperinflation. « Il a opté pour la compression des dépenses publiques (salaire tardif des fonctionnaires, pas des frais de fonctionnement). Cette technique bloque la demande globale, viole les échéances sociales, fait souffrir la population », affirme-t-il.
Jean-Claude Mputu, Editeur du Journal La vie économique partage le point de vue de Gode Mpoyi qui, analytiquement dénonce ce qu’on a tendance à considérer comme raffermissent du franc congolais ces derniers temps. En ce qui me concerne, dit-il, je ne constate pas le raffermissement de la devise nationale, mais plutôt une relative baisse de change en sa faveur. Le raffermissement de la monnaie veut dire remettre celle-ci dans un état plus ferme, plus stable. Est-ce le cas? Non, parce que certaines dépenses pourtant incompressibles sont gelées d’une part et de l’autre le décaissement des devises étrangères par la BCC aux fins de racheter le franc congolais pour le raréfier et par ricochet lui faire gagner un peu de points par rapport à la devise étrangère, sont des astuces mises en place pour obtenir cette baisse de change. C’est conjoncturel, temporel pour stopper l’envolée des prix sur le marché des biens et services. Malheureusement, cet objectif risque de ne pas être atteint.
En revanche, à la différence de la baisse de change, le raffermissement de la monnaie est constatée quand toutes les dépenses prévues sont effectuées et sans recourir aux réserves de change pour stabiliser la monnaie. C’est ça la vraie stabilité sans béquille et qui, toutes choses restant égales par ailleurs, est durable et partant susceptible d’influencer le marché des biens et services dans le sens de la révision à la baisse des prix.
Ainsi, le raffermissement de la monnaie repose sur l’augmentation de la production nationale et des exportations. C’est ça le socle d’une stabilité durable et rassurante de la monnaie nationale qui peut, in fine, conduire à la dedollarisation de l’économie. Comme on peut le deviner, on n’y est pas encore.
Revenons au cas sous étude pour faire remarquer que ce cas de baisse de change est récurrent en RDC. Il arrive souvent quand le gouvernement et la Banque centrale s’entendent pour mettre en place des politiques budgétaire et monétaire restrictives pour arrêter le dérapage des prix sur le marché des biens et services. Et très souvent, les prix sont réfractaires à la baisse pour la simple raison suivante: les opérateurs économiques ne sont pas rassurés par cette baisse qu’ils estiment artificielle et éphémère ne reposant pas sur un socle solide.
Qui perd dans le cas d’espèce ? C’est finalement les ménages qui perdent dans ce sens que d’une part, la valeur de leurs encaissés en devises s’évapore et de l’autre, les prix sur le marché restent figés à la hausse. D’où la situation actuelle caractérisée par une baisse relative de change n’est pas soutenable parce qu’elle peut provoquer la spéculation à la baisse de change sur le marché parallèle des changes et le gel de l’activité économique dû au gel des dépenses pour le paiement de la dette intérieure et autres frais de fonctionnement, voire des rémunérations, …
