Kamituga : l’or au cœur de l’insécurité et du banditisme armé

0

À Kamituga, cité aurifère du Sud-Kivu, la montée de l’insécurité est intimement liée à l’exploitation minière. Ces dernières semaines, plusieurs attaques ciblant des comptoirs d’achat d’or et des transporteurs de pierres précieuses ont été enregistrées, faisant des blessés et des pertes économiques considérables. Les bandits armés s’attaquent particulièrement aux négociants et creuseurs artisanaux, alimentant un climat de peur dans cette ville minière.

Pour des habitants rencontrés, cette situation n’est pas une surprise. « Tant que l’or de Kamituga attire des convoitises, nous ne connaîtrons jamais la paix », confie David, un creuseur artisanal. Une commerçante, Jeanne, souligne pour sa part que « les braquages se multiplient parce que certains groupes armés savent que les pierres précieuses circulent en ville sans véritable contrôle ».

La société civile locale dénonce un laisser-faire des autorités et appelle à une meilleure sécurisation des circuits de commercialisation de l’or. « L’État doit encadrer le secteur minier, sinon l’insécurité restera alimentée par cette économie criminelle », alerte Jean-Paul Mbeya, acteur de la société civile. Du côté des autorités, le bourgmestre de Kamituga reconnaît des « défis sécuritaires majeurs », mais promet un renforcement des patrouilles nocturnes avec l’appui des FARDC et de la Police nationale congolaise.

Pour les experts, la solution doit être structurelle. « Il ne suffit pas d’envoyer des militaires, il faut assainir la filière aurifère par la traçabilité et le contrôle des comptoirs », explique un chercheur en gouvernance minière basé à Bukavu. En attendant, les habitants de Kamituga continuent de vivre dans la peur, redoutant que l’or, source de richesse potentielle, ne reste synonyme de malheur et de violence armée.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *