×

Stratégies de production et de diffusion des vidéos en format court : Le Professeur Lin Tie dépeint la transmission de l’information dans la société contemporaine

Stratégies de production et de diffusion des vidéos en format court : Le Professeur Lin Tie dépeint la transmission de l’information dans la société contemporaine

(Un condensé de Willy Kilapi, Changsha, Hunan Province)

Salle des conférences Xianghui de l’Hôtel Dolton, à Changsha, province du Hunan. Nous sommes le dimanche 21 septembre 2025 en Chine. Il sonne 9 heures de Changsha, soit 2 heures du matin en RDC. Le Professeur Lin Tie, Doyen et Professeur de la Faculté des Sciences Humaines de l’Université d’Économie et des Finances du Hunan fait son entrée dans la salle.

Il a l’air jovial, prêt à « affronter » les professionnels des médias congolais qui sont en face de lui, venus tous de la République Démocratique du Congo pour une session de formation organisée par l’Institut professionnel du Commerce Extérieur du Hunan, avec comme sponsor : le Ministère du Commerce de la République Populaire de Chine. L’ambiance est bon enfant, surtout que le Professeur Lin Tie a, à ses côtés, Mme Camille, vaillante interprète, du Mandarin au Français.

Lorsque le Professeur Lin Tie prend la parole, il introduit qu’il va parler des « Stratégies de production et de diffusion des vidéos en format court ». Il subdivise son cours en quatre parties, notamment « les caractéristiques des vidéos courtes », « la production de contenu journalistique en vidéo courte » ; « les contextes technologiques des vidéos courtes » et « les modes de pensée des usagers dans la diffusion des vidéos courtes d’informations ».

Professeur d’université, Lin Tie est droit dans ses pensées quand il affirme à l’auditoire que selon le 55ᵉme rapport statistique sur l’état de développement d’Internet en Chine (janvier 2025), « le nombre total d’internautes en Chine a atteint 1,108 milliard, dont 1,04 milliard d’utilisateurs de vidéos courtes ». Avec une base d’utilisateurs aussi vaste et une expansion rapide du secteur, « la vidéo courte s’est imposée comme un outil essentiel de transmission de l’information dans la société contemporaine, exerçant une influence significative sur la diffusion des nouvelles », dit-il.

Information hautement condensée

Parlant notamment des caractéristiques des vidéos courtes, le Professeur se dirige vers la fragmentation et l’orientation vers le divertissement. La fragmentation désigne des contenus d’une durée très courte (principalement de 15 à 60 secondes), dont l’information est hautement condensée. Chaque vidéo ne portant qu’un seul point émotionnel ou informatif, et pouvant être segmentée et recomposée à l’infini. En comparaison avec les reportages textuels traditionnels, le reportage textuel est un article de 800 à 1200 mots, structuré en pyramide inversée qui doit impérativement inclure les 5W1H (Pourquoi, Quoi, Où, Qui, Quand, Comment). La chaîne logique est complète et nécessite une lecture linéaire de la part du lecteur.

Par contre, « le journalisme en vidéo courte est une séquence de 15 secondes, qui ne montre que le point culminant d’un conflit ou un instant décisif tandis que le contexte, les causes et les suites sont compressés ou renvoyés au swipe suivant. Ainsi, le parcours de lecture est ponctuel et non linéaire », explique-t-il à l’assistance.

Pour être plus explicite, le Professeur Lin Tie explique que les vidéos courtes tirent leur nom de leur caractéristique principale : la brièveté. Leur durée se situe généralement entre quelques secondes et une à deux minutes. Le contenu des vidéos est d’une grande diversité, couvrant des domaines tels que le divertissement, l’actualité politique, et le partage du quotidien.

« Malgré leur courte durée, chaque vidéo courte est soigneusement conçue et montée par son créateur, condensant l’information essentielle et s’adaptant ainsi parfaitement au rythme effréné de la vie moderne », souligne Lin Tie. Dans le contexte actuel d’explosion informationnelle et de pression accrue au travail et dans la vie, « le format court et percutant des vidéos, allié à la richesse de leur contenu, répond parfaitement au besoin des utilisateurs d’acquérir l’information de manière fragmentée. Par ailleurs, la diversité de leur contenu permet également de satisfaire les besoins personnalisés différents.

Les vidéos courtes ont souvent du mal à présenter de manière complète des informations cruciales, telles que la causalité des événements ou leur déroulement, ce qui limite tant leur profondeur que leur portée en matière de diffusion. « L’avantage de la vidéo courte réside dans sa capacité à transmettre efficacement une information fragmentée ».

Cependant, cela implique également une réduction de la cohérence globale et de la profondeur du contenu, donnant lieu à des caractéristiques de fragmentation. Ce mode de diffusion, tant sur le fond que dans sa temporalité, contraste vivement avec la solennité et la rigueur traditionnellement incarnées par les médias classiques.

Instantanéité et grande capacité d’impact

En termes de vitesse de diffusion, d’étendue de la couverture et de pouvoir de contagion, la vidéo courte surpasse le reportage journalistique traditionnel sur tous les plans. L’essence même du journalisme réside dans sa « nouveauté », c’est-est-à-dire sa capacité à saisir et à rapporter en temps réel les informations brûlantes. « Lorsque le journalisme textuel en est encore au stade de la rédaction, les plateformes de vidéo courte ont déjà accompli la transmission de l’information par le medium vidéo, réduisant ainsi considérablement le décalage temporel de la diffusion de l’actualité. Par ailleurs, de nombreux médias individuels traditionnels (texte) intègrent délibérément des opinions subjectives dans leurs contenus. Le public ne peut éviter d’être influencé par ces subjectivités lors de la lecture, ce qui affecte inévitablement sa propre réflexion et son jugement face à l’information. Le format textuel traditionnel tend également à provoquer une fatigue visuelle chez l’audience ».

En revanche, la vidéo courte présente les informations essentielles sous forme visuelle, capable de transmettre en un temps record ce dont le public a besoin. Cette forme, plus fraîche et dynamique, répond mieux aux attentes des utilisateurs en quête d’information.

En ce qui concerne notamment l’instantanéité et grande capacité d’impact, l’orateur précise que le fort pouvoir de contagion désigne la capacité à déclencher des émotions immédiates (suspense, compassion, colère, joie) par une stimulation multisensorielle (images, son naturel, musique, rythme des sous-titres), renforçant ainsi la mémorisation et la retransmission.

En comparaison avec le journalisme textuel traditionnel. Pour le texte, l’émotion est « traduite » par des adjectifs, des adverbes et des figures de style. Le lecteur doit d’abord décoder puis imaginer, laissant un large espace au filtre rationnel.

Ainsi, pour la vidéo courte, le langage visuel frappe directement les sens, l’émotion précède la compréhension, et le « pare-feu » rationnel est contourné.

(A suivre…)

Laisser un commentaire