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Après l’appréciation du franc congolais: Wameso met le cap sur la digitalisation 

Après l’appréciation du franc congolais: Wameso met le cap sur la digitalisation 

Invité de l’émission « Le débat » animée mercredi 08 octobre 2025 par Top Congo, le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo, André Wameso s’est livré à un exercice pédagogique pour expliquer aux Congolais les raisons qui ont milité pour la baisse du taux directeur de 25% à 17,5%. Il a annoncé avoir pris des mesures internes, pour répondre au problème d’éducation financière, en permettant à la Cellule de communication de fonctionner, mais aussi en s’entourant d’une conseillère en communication. La BCC qui se veut transparente, va communiquer de plus en plus pour le besoin d’informations financières fiables, parce que la nature a horreur du vide.

A son avènement à la tête de la Banque Centrale du Congo le 04 août dernier, le Gouverneur André Wameso avait tenu une réunion avec l’équipe de la BCC pour analyser tous les instruments de la politique monétaire. Il a constaté que le coefficient obligatoire était la principale cause. Ce qu’il a poussé à ajuster les réserves cristallisées en franc congolais au taux du dollar.

C’est alors qu’il va prendre deux mesures. La première, c’est l’injection de 50 millions de dollars américains pour éponger le trop plein de francs congolais sur le marché. Mais en le faisant, le dollar n’avait pas baissé. C’est ainsi qu’il demandera aux banques de corriger le coefficient de la réserve obligatoire.

En échangeant avec les experts de la BCC, le Gouverneur s’est rendu compte que la surliquidité, c’était autour de 900 milliards de francs congolais. « Si nous retirons le tout, nous risquons un choc. On a enlevé du marché 400 milliards. Dans le marché, on sait que la correction n’est pas terminée et c’est le marché qui va déterminer le niveau d’équilibre. Nous enlevons tout simplement l’excédent sur le marché », dit-il.

De la production

Une certaine opinion estime que la mesure adoptée par la Banque Centrale est cosmétique et le dollar va reprendre sa prééminence sur le franc congolais. Pour André Wameso, la monnaie est une question très importante qui n’autorise pas de raccourcis. « De 2010 à 2015, nous avons connu une période de stabilité. Avons-nous un niveau de production important ? Ce n’est ne pas que la production qui justifie la stabilité de la monnaie », dit-il. Il a par la suite donné l’exemple d’un des plus grands producteurs au monde, membre du G7, l’Italie, avant l’Euro. Elle avait une faible monnaie et un déficit.

A l’en croire, il faut créer une période stabilité longue pour financer notre économie, avec notre monnaie locale et accroitre la production. Là, nous aurons une période structurellement financière et monétaire. Si les causes ont été conjoncturelles, on applique des mesures conjoncturelles pour corriger, insiste-t-il. Structurellement, la force d’une monnaie vient de la production nationale, à travers la stabilisation du cadre macroéconomique. L’erreur de la période stabilité, on n’a pas suffisamment investi dans l’économie. Voilà pourquoi dans ces matières, il ne faut pas des débats épidermiques. Quand un scientifique prend la parole, c’est très grave. Sa parole peut induire en erreur les gens qui lui donnent la présomption de savoir.

Pourquoi les prix résistent

Si le franc congolais s’est apprécié, mais comment expliquer que les prix ne changent pas sur les marchés? Pour le Gouverneur André Wameso, la question est liée à la bancarisation. Nombreux qui ont besoin des petites coupures, mais n’ont pas de comptes en banques. Sinon, ils auraient dû les demander à la banque. A partir de maintenant, on a ouvert un guichet pour ceux qui désir avoir des petites coupures, même s’ils n’ont pas de comptes bancaires. Nous devons accélérer le processus de la digitalisation, pense-t-il.

Mais pourquoi la BCC ne produit-elle pas des pièces de monnaies ? André Wameso rétorque que pour produire le billet de 20.000 et 10.000 Fc, c’est le même coût. Maintenant, il faut voir l’opportunité pour produire les petites coupures. La BCC répond à un besoin.

De la disparité de taux ? Disons que la BCC est résolument engagé dans l’organisation du marché des changes. Il a été constaté qu’il n’y avait pas de transparence au sein du marché et chaque banque avait son prix. Pour le moment, seule la BCC dégage le cours indicatif. « Nous irons dans la transparence comme sur le plan international. Toutes les banques seront connectées sur un système de Bloomberg où le court indicatif sera communiqué en temps réel. Les banques ont des comptes en francs congolais à la BCC et elles ne peuvent que demander », explique-t-il. Il promet de sensibiliser l’Association congolaise des banques, tout en rejetant la rigidité.

« Je vais renforcer l’utilisation du Franc congolais, je vais rendre le congolais fier de leur monnaie », promet-il.

Des taux d’intérêt élevés

La problématique des taux d’intérêts élevés des crédits a été posée au Gouverneur Wameso, qui pense que ce n’est pas parce que les banques sont entre les mains des étrangers, que les taux d’intérêts doivent être élevés. Et ce, même si la banque regarde le montant sollicité pour calculer le taux d’intérêt. « Ça serait de manière facile si notre économie fonctionnait en franc congolais. Et pourtant, nous fonctionnons en dollars. On a un problème de financement de notre économie », dit-il.

Un des indicateurs du taux de crédit dans un pays, c’est le taux directeur de la BCC, explique-t-il, avant de dire que son souci, une fois que le cadre macroéconomique est stabilisé et que l’inflation est maitrisée, on va ramener le taux directeur au niveau où on peut accorder les crédits. Il promet d’organiser de manière formelle un système de pension complémentaire par capitalisation en Franc congolais. Et ce, pour permettre par exemple la construction des maisons à un cout modéré.

Des paiements en mode d’urgence

La BCC peut-elle refuser de payer un paiement en mode d’urgence d’une opération floue ? A cette question, le Gouverneur André Wameso répond que la BCC n’est pas propriétaire des fonds du Gouvernement. Si le gouvernement autorise le paiement, la BCC exécute. La procédure d’urgence est encadrée par un Arrêté interministériel. Or nous sommes en guerre. Toutes les dépenses qui concernent la protection de la souveraineté du pays ne doivent être payées qu’en procédure d’urgence. D’ailleurs, la Rdc est en programme avec le FMI depuis 2020, pensez-vous que le FMI va passer outre cet aspect de choses ? On fonctionne de manière suffisamment orthodoxe, rassure-t-il.

Au sujet de la de-dollarisation, le Gouverneur préfère parler du renforcement du franc congolais. « Moi je ne travaille pas contre, mais je travaille pour ; j’ai une fonction qui fait que constitutionnellement, je dois travailler pour veiller à la stabilité financière ; pour lutter contre l’inflation et permettre à notre économie d’être financée », pense-t-il. Même en Europe, ils font des transactions en dollars ! Il y a deux manières de voir les choses. Soit on impose, c’est le bâton, ou on encourage. La meilleure stratégie, c’est d’encourager l’utilisation du franc congolais, parce qu’on ne va pas créer des effets pervers, on est dans une fenêtre d’observation qui est trop courte.

JMNK

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