Publication de la vidéo en tenue militaire : l’affaire prise en délibéré
L’affaire de la publication de la vidéo en tenue militaire sur les réseaux sociaux, dans laquelle l’adjudant Béanche Ebabi Bongoma est jugée en procédure de flagrance, pour violation des consignes, est prise en délibéré mardi, par le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe, à l’ issue de l’ audience de plaidoirie des parties, tenue au Camp lieutenant-colonel Kokolo, dans le centre de la capitale de la République démocratique du Congo.
» Le Tribunal se dit suffisamment éclairée, déclare le débat clos. L’affaire est prise en délibéré « , a déclaré le major magistrat Christian Safari, président de la composition.

Le Tribunal va se prononcer demain mercredi à 14h. Entre temps, passez déposer vos notes de plaidoirie, de même pour l’organe de la loi, pour le dépôt de ses notes de réquisition « , a ajouté le président de céans.
Cette décision du Tribunal a été précédée du réquisitoire du Parquet militaire et de la plaidoirie de la défense. » M. le président, comme nous vous avions démontré depuis le lundi, cette prévenue par devers vous, est une indisciplinée, c’est une hors la loi, elle a marché à l’encontre de l’article 113 du code judiciaire militaire, en violant intentionnellement les consignes données à tout militaire « , a dit le sous-lieutenant magistrat Ghislain Lisalama dans son réquisitoire.
Il a ajouté « qu’il plaise donc à votre Tribunal de condamner la prévenue Béanche Ebabi Bongoma à 10 ans de servitude pénale, ainsi vous rendrez justice « , a-t-il soutenu.
De leur côté, les avocats de la défense ont clamé l’innocence de leur cliente, et demandé son acquittement. » Vous ne commettrez aucune infraction en acquittant cette dame, Monsieur le président, distingués membres de la composition, qui a consacré toute sa jeunesse au service de la nation, sous le drapeau « , a plaidé Me Néhémie Wandja de la défense.
Il a argumenté en disant » le responsable du studio photo Raus d’où notre cliente avait sollicité son service pour la séance photos en prélude de son mariage, que vous avez interrogé tout à l’heure, a éclairé votre lanterne », a poursuivi ce praticien du droit.
» Il a avoué devant vous que c’est lui qui avait publié cette vidéo sur sa page tic toc à l’insu de notre cliente, et sans son consentement. Quoi dire encore, le dossier est vide, partant de la déposition du renseignant, a rétorqué la défense.
Elle conclut par évoquer une disposition de la loi fondamentale. » La constitution de notre pays en son article quatorze, stipule que l’infraction est individuelle. Nous attendons voir l’acquittement pur et simple, lorsque vous allez vous retirer », a plaidé un autre avocat de la prévenue.
Prenant en dernière la parole, la prévenue a fait sienne la plaidoirie de ses avocats. » Acquittez-moi mon Major, je ne peux pas déshonorer l’armée que j’ai servi il y a de cela 10 « , déclare l’adjudant Béanche Ebabi Bongoma Koli. Je n’ai jamais posté une seule de mes images photo où vidéo sur le réseau sociaux. Je n’ai pas l’intention de violer les consignes de ma hiérarchie « , a-t -elle ajouté.
» J’ai 400 invités mon Major, venus de 4 coins du monde, pour célébrer avec nous notre mariage au mois de novembre prochain. Je dois me concentrer sur ce grand événement de ma vie, qui fait également la fierté de l’armée. Je vous demande donc de me relâcher, je suis innocente », a conclu ce personnel militaire féminin (PMF).
Le verdict du Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe est attendu mercredi 29 octobre 2025.
SKB
Incitation des militaires à l’indiscipline
Six ans de prison requis contre le chef coutumier Zombi
La peine de six ans de prison ferme a été requise lundi 27 octobre par le Parquet militaire de Garnison de la Gombe contre le chef coutumier Fabrice Kavabioko connu sous sobriquet Zombi, pour incitation des militaires. C’était lors de l’ audience du Tribunal militaire de Kinshasa Gombe, tenue à la prison militaire dans l’Est de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.
« Par son silence, M. le président, le prévenu Fabrice Kavabioko Zombi, a incité les capitaine Bosco Pitchou Kabuya, l’ adjudant-chef Jaguar Ngiti Ramazau, soldat de 1ère classe Malula Nzeyi, et soldat de 1ère classe Joël Gaga Iko, à commettre les actes contraires aux devoirs ou à la discipline . C’est pourquoi Monsieur le président, nous demandons qu’il plaise à votre Tribunal de condamné le prévenu ci-devant vous avec admission des circonstances atténuantes, à 6 ans de servitude pénale principale », a requis le capitaine magistrat Godefroid Bamusamba, du Parquet militaire.
Il a ajouté que « le prévenu a aussi procédé à l’enlèvement de la prévenue Sylvie Masengu Kayembe , qu’ il a séquestré au Pullman hôtel. Et pour cette infraction, vous allez condamner ledit prévenu à 5 cinq ans de prison ».
Par ailleurs, le Parquet militaire a requis 20 ans de prison contre la dame précitée.
» S’agissant de la prévenue Sylvie Masengu, vous allez la condamner à 20 ans de SPP pour propagation des faux bruits » , a poursuivi le Ministère public.
» Pour les 4 prévenus, monsieur le président, vous les condamnerez chacun à 5 ans de prison pour détournement d’armes et munitions de guerre « , a martelé le capitaine magistrat Godefroid Bamusamba dans son réquisitoire.
Prenant la parole en dernier, les prévenus ont fait leur la plaidoirie de leurs avocats conseils, et ont sollicité du Tribunal leur acquittement.
» Je suis innocent Monsieur le président et je vous demande de m’acquitter pour retourner poursuivre mon travail, car la population a besoin de moi », a dit le prévenu Zombi.
Et d’ajouter : « j’ avais reçu mission du Commandant suprême lui-même, afin de remettre la paix dans une partie de la ville de Kinshasa, où les éléments de Mobondo semaient la terreur et la désolation », a- t – il soutenu.
« Ce sont les gens mécontents de mon rapprochement avec le président de la République, qui ont voulu me créer tout ce problème dont je ne connais ni les tenants, ni les aboutissants », a t-il conclu.
De leur côté, les militaires ont soutenu avoir agi sur ordre de la hiérarchie.
« Je n’ai rien fait du mal. Je suis allé monter la garde chez Mfumu Kavabioko sur autorisation de ma hiérarchie. Je suis porteur d’ un bulletin de service que voici mon major », a fait savoir le soldat de 1ère classe Joël Gaga Iko, comme tous les autres militaires.
« Le Tribunal prend en délibéré cette cause et va se prononcer dans le délai prévu par la loi », a déclaré le major magistrat Freddy Eume Ampia, président de la composition.
SKB
