Campagne de démobilisation populaire à Sainte Thérèse/N’Djili : Les autorités accusent la ‘’MUBAKI’’ de sortir de son cahier de charge
Les forces de Police combinées se sont montrées à la hauteur de leur tâche, vendredi 1er novembre courant, pour contenir les manifestants à une journée politique à la place Sainte Thérèse à N’Djili. Selon des témoins, la répression s’est poursuivie jusqu’au niveau de l’entrée Kimbuta (entendez la 2è entrée N’Djili, à hauteur de sa jonction avec le boulevard Lumumba). A ce niveau, des 4×4 des forces de l’ordre ont repoussé des poches de résistants, dans un après-midi que d’aucuns ont qualifié d’apocalyptique. Car la voie principale déjà familière aux embouteillages, a connu cette fois-là le bouchon. ‘’C’était comme si la vie allait s’arrêter’’, a ironisé un passager. Pour la petite histoire, il nous revient que la Mutuelle de base de Kimbanseke, ‘’MUBAKI’’ en sigle, a réussi une sortie fulgurante d’une marche avec pour point de chute la place Sainte Thérèse. Les observateurs ont décelé dans cette marche suivie d’un rassemblement, la marque du président Luyindula et son entourage restructuré. Connu auparavant comme sympathisant doublé d’animateur de l’ECIDé de Martin Fayulu / district de la Tshangu (dans la partie est de la ville), le président de MUBAKI aurait pris ses distances et décidé de masquer sa nouvelle orientation politique sous couvert d’une Mutuelle. Deux dames dont la nommée Ngudiangani NLandu que le public appelait Kety, et un jeune étudiant Kuzungu Manteke dit Mohamed s’illustrent dans la ceinture rapprochée du président.
La duplicité de MUBAKI intrigue les autorités : Sur papier, une Mutuelle de solidarité ; dans les faits, un parti doté d’un discours radical
« Les acteurs de MUBAKI sont sortis de leur cahier de charge, en se compromettant dans une diatribe contre les autorités de la République et un rassemblement non prévu dans la demande adressée à l’autorité. Nous allons charger les responsables de ce mouvement de réparer les dégâts collatéraux découlant du débordement humain et du sang versé à la place Sainte Thérèse. Car nous n’avions pas eu assez d’effectifs pour contenir la foule, la Ville a dépêché les unités mobiles et la Police d’intervention rapide ». C’est en ces termes et non sans empressement que le Commandant de Police a répondu à la presse, la semaine dernière au carrefour Sainte Thérèse.
Pour rappel, ledit site doit sa dénomination à une Paroisse catholique septuagénaire située au quartier VII /N’Djili, à mi-parcours du carrefour qui borde les quartiers IV, V, VI et VII. Son étendue avoisine trois terrains de football juxtaposés. Comme carrefour, cette place enregistre journellement un intense trafic tant d’engins motorisés que de piétons. La route qui mène à la commune populeuse de Kimbanseke vers l’ancien cimetière (désaffecté) de Kimbanseke passe également par la Place Sainte Thérèse. Comme on le comprend, envisager une sortie politique au carrefour Sainte Thérèse, c’est un gage d’un envol déterminant et un thermomètre de passage en force.
Dans sa diatribe, Kety Ngudiangani procède à une remise en question de l’Etat de droit en RDC
Des sources ont rapporté que la marche de MUBAKI suivie d’un rassemblement place Sainte Thérèse, a été précédée d’une réunion. A l’occasion, le président et sa suite tenaient à harmoniser leurs vues et marquer cette sortie déterminante. ‘’La colonne de la marche est partie de Kimbanseke à Sainte Thérèse, en passant par la Place de Bakwanga et le Quartier 13.
Sous des applaudissements frénétiques, l’oratrice a introduit en disant que cela a toujours été une manipulation que de restreindre les droits de l’homme à quelque insécurité entretenue par des gangs, des violeurs de femmes ainsi que les tracasseries policières. ‘’Il faut voir les droits de l’homme au sens large du droit à la vie. Après un tel exercice, la question se pose de savoir si les gouvernants congolais sont dans une action logique entre l’Etat de droit déclaré et leur mode de gouvernance’’, a-t-elle clamé.
Et de poursuivre : les personnes de troisième âge ne vont pas à la retraite, faute de politique dans le secteur. Quelques années auparavant, le Programme des Nations unies au Développement (PNUD) avait proposé d’accompagner le gouvernement congolais sur ce plan. Cependant, les bonnes idées exprimées par l’institution internationale n’ont pas trouvé terre fertile. Des détournements à foison fragilisent les institutions et disqualifient l’Etat. L’élite au pouvoir qui, hier, pouvait s’octroyer des étendues cultivables en périphéries et donner du boulot aux agronomes, a changé d’option. Désormais, les cimetières avec caveaux pré-aménagés sont devenus un nouveau commerce lamentablement juteux pour les fossoyeurs de la République qui entretiennent de la surenchère. Dans la capitale, les gens marchent à pied, s’ils ne sont pas carrément enfermés dans des embouteillages. Après l’obtention d‘un diplôme supérieur, il faut se taper un parrain politique pour accéder quelques opportunités d’emploi. Pour cela, le candidat ou la candidate sollicite son adhésion préalable au sein d’un parti politique et se conforme aux exigences. Poursuivant sur cette lancée, Kety a cru bon électriser la foule en exigeant des autorités de la lumière sur la situation d’occupation rwando-ougandaise dans l’est.
Quand des associations démobilisent en situation de guerre
Les bonnes consciences face à ce qui est advenu, n’ont pas manqué de s’interroger pour savoir s’il fallait inscrire la MUBAKI dans le cadre de la société civile ou dans l’ordre des mille partis politiques opérationnels en RDC ?
En situation de guerre, il est incompréhensible de voir une structure mener ainsi une campagne de démobilisation publique. Pour dérapage, c’en est un, estiment les bonnes consciences qui déplorent une démarche outrageant sur fond de contestation de l’autorité établie.
Car il est entendu que pour dénoncer les velléités expansionnistes de Kagame ainsi que les visées déstabilisatrices de ses commanditaires, les Congolais de partout doivent taire leurs divergences internes, et faire entendre une seule voix convergente.
Comme on le comprend, c’est avec des idées derrière la tête que les responsables de la MUBAKI ont choisi de manifester la veille de la date anniversaire de l’indépendance. La finalité inavouée des manifestants n’a pas été loin de désorienter les manifestants de la cohabitation dans l’unité nationale, d’envenimer le climat social. La paix, la sécurité et l’unité nationale, cette triade érigée en fondement de l’Etat congolais.
Pour rappel, en effet, l’appel à la mobilisation tous azimuts est intervenu dans un contexte où, comme le décrivent les bonnes consciences : ‘’Le Rwanda massacre le peuple congolais et le monde observe’’.
Et de fil en aiguille, la situation de l’heure en RDC : l’agression rwandaise par le M23 interposé, la position ambivalente de la communauté internationale. Laquelle situation est présentée en des termes propres sous le vocable ‘’Holocauste en RDC’’. L’écrivain et journaliste d’investigations franco-camerounais Charles Onana n’est pas allé par le dos de la cuillère pour en faire le titre de son ouvrage de parution récente.
En interdisant toutes accointances avec des milieux de financement occidentaux, la Russie de Poutine avait vu juste
Il est sans conteste que face à l’imbroglio et au déni de l’Etat de droit dans un contexte de guerre, les organisateurs de MUBAKI ont franchi le cap de traitres à la République sous agression. Ils pourront possiblement, l’un de ces jours, éclairer la religion des autorités compétentes quant à leurs mobiles. En Russie, des sources indiquent que les autorités ont mis une ligne à ne pas franchir, entre les associations locales et les milieux de financement occidentaux. Cette mesure à ce jour, n’a pas encore inspiré les autorités congolaises. Pour le cas d‘espèce, des statistiques indiquent que dans le contexte congolais, des associations (Asbl) qui battent pavillon ‘’droit de l’homme’’, végètent majoritairement autour du Bureau conjoint des Nations unies aux Droits de l’homme, BCNUDH, rattaché à la Mission onusienne au Congo.
Pour empêcher d’autres surprises désagréables sur le site Sainte Thérèse, le gouvernement a désaffecté le vaste terrain et érigé une énorme clôture en tôles, pour des travaux d’infrastructures.
L.Musiana, CP
