Bukavu : La population se révolte contre des frais illégaux sur les retraits mobile money

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La population de Bukavu se révolte contre des frais illégaux sur les retraits mobile money. Experts, commerçants et citoyens appellent à des sanctions immédiates pour stopper ce que beaucoup considèrent comme un véritable « vol électronique ».

Depuis plusieurs semaines, des habitants de Bukavu rapportent des frais supplémentaires injustifiés lors de leurs retraits d’argent via les services de télécommunication. Selon eux, cette pratique abusive cible particulièrement les ménages modestes et les petits commerçants, déjà fragilisés par la conjoncture économique. « C’est devenu insupportable, explique Mme Nyembo, commerçante dans le centre-ville. Chaque retrait coûte presque un dixième de ce que je gagne. Comment pouvons-nous survivre ainsi ? »

Certains témoignages parlent de prélèvements atteignant 6 %, 8 % voire 10 % du montant retiré, en plus des commissions officielles. Les retraités et les travailleurs informels sont les principales victimes de ce système opaque qui mine leur pouvoir d’achat. « Je ne comprends pas comment on peut continuer à accepter ces pratiques, s’indigne M. Kalenga, retraité. Chaque retrait me fait perdre une partie de ma pension, c’est injuste ! »

Un économiste local estime que ces pratiques, si elles ne sont pas rapidement stoppées, risquent d’éroder la confiance de la population dans les services financiers numériques. « Les gens commencent à éviter ces services par peur d’être extorqués », note-t-il. D’autres experts ajoutent que cette situation pourrait avoir un effet domino sur l’économie locale : « Si les gens retirent moins, le commerce ralentit, et cela affecte toute la chaîne économique », explique Mme Mukeba, consultante en finances.

Les habitants de Bukavu demandent donc aux autorités nationales et provinciales d’agir rapidement pour protéger les consommateurs et garantir une régulation stricte des opérateurs de télécommunications et des services de transfert d’argent. Des leaders communautaires appellent à des réunions urgentes pour dénoncer ces pratiques et organiser la vigilance citoyenne. « Nous ne resterons pas silencieux face à cette exploitation », avertit M. Luhata, représentant des jeunes du quartier Nyawera.

Enfin, les citoyens appellent les opérateurs eux-mêmes à sanctionner leurs agents impliqués dans ces pratiques et à rétablir une transparence totale. Faute de mesures urgentes, des mouvements citoyens de grande ampleur sont annoncés pour défendre les droits des usagers. « Si rien n’est fait, prévient Mme Bisoka, habitante de Bagira, nous bloquerons les services jusqu’à ce que justice soit faite », conclut-elle avec fermeté.

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