Mukoko Samba : « La visite de l’Émir du Qatar donnera une impulsion décisive aux investissements en RDC »
En marge de la visite de l’Émir du Qatar, Son Altesse Cheikh Tamim bin Hamad AlThani, à Kinshasa (République démocratique du Congo), le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a accordé, le mardi 18 novembre 2025, une interview au média qatari Qatar News Agency.
Au cours de cet échange, il a souligné l’importance particulière que revêt cette visite sur le plan économique, notamment après la signature, début septembre 2025, d’une série de lettres d’intention avec la société d’investissement qatarie Al Mansour Holding, portant sur un portefeuille de 21 millions de dollars américains. « Nous pensons que la visite de l’Émir donnera l’impulsion nécessaire pour permettre la réalisation de ce projet dans les meilleurs délais », a déclaré le Vice-Premier Ministre.
Amélioration de la loi sur l’agriculture
Daniel Mukoko Samba a, par ailleurs, rappelé que la RDC dispose d’un cadre légal et réglementaire suffisamment attractif pour les investissements étrangers, à savoir : le Code des investissements de 2002 ; la loi sur les partenariats public-privé ; la loi libéralisant le secteur des assurances ; la loi libéralisant le secteur de l’électricité ; la législation permettant les investissements étrangers dans le secteur de l’eau.
Le ministre de l’Economie nationale a également indiqué que le gouvernement travaille actuellement à l’amélioration de la loi sur l’agriculture afin d’encourager davantage d’investissements étrangers, et qu’une révision du Code des investissements est également envisagée.
Selon lui, le principal obstacle n’est pas juridique : « Le problème vient davantage du narratif selon lequel il serait difficile de faire des affaires en RDC, alors que les faits démontrent le contraire. »
Renforcer ses investissements en privilégiant une vision régionale
Le Vice-Premier Ministre, ministre de l’Economie nationale a rappelé qu’au cours des vingt dernières années, le secteur minier a attiré en moyenne 2 milliards USD d’investissements directs étrangers par an.
Grâce à ces investissements, a rappelé Daniel Mukoko Samba, la République Démocratique du Congo a franchi le seuil de 3 millions de tonnes de cuivre produites, devenant ainsi le deuxième producteur mondial.
« Ceci démontre clairement qu’il est possible pour des investisseurs internationaux de s’installer en RDC, d’y faire des affaires et d’y prospérer », a-t-il insisté.
Daniel Mukoko Samba a en outre invité le Qatar à renforcer ses investissements en privilégiant une vision régionale : « Pour un pays comme le Qatar, doté d’une forte capacité d’investissement, il serait judicieux de privilégier des projets favorisant l’intégration économique régionale, plutôt que de cibler un pays au détriment des autres. Dans certains pays voisins de la RDC, plus petits et moins dotés en ressources, les investissements seraient moins rentables que s’ils s’inscrivaient dans un ensemble régional intégré autour d’un pays potentiellement puissant comme la République démocratique du Congo. »
Insistant sur la nécessité pour la RDC de renforcer sa connectivité interne et régionale, il a rappelé que le pays, quasi enclavé malgré un accès étroit à l’océan atlantique, est entouré d’environ sept corridors de transport pouvant structurer un vaste marché au cœur de l’Afrique centrale.
Pour libérer ce potentiel, le patron de l’économie a appelé à des investissements massifs dans les infrastructures de transport, les plateformes logistiques et le secteur de l’énergie des domaines identifiés comme prioritaires dans les échanges en cours avec le Qatar.
On retiendra essentiellement de cette interview que le ministre de l’Economie nationale pense que, répétons-le, pour mieux comprendre la RDC, « il faut l’explorer . Il faut aller au cœur du Congo, dans des régions comme le Sankuru, découvrir des provinces encore enclavées, mesurer le potentiel du fleuve Congo comme axe majeur de transport, reconnaître l’importance stratégique de villes comme Kisangani. Se focaliser uniquement sur les grandes villes ne permet pas de saisir l’ampleur des opportunités économiques. La RDC est un pays vaste, dynamique, et ses défis constituent autant d’occasions d’investissement », a-t-on retenu.
Willy K.
