PNC humilie, le Pouvoir regarde ailleurs

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Des vidéos circulent chaque jour. Elles montrent des policiers qui rackettent, brutalisent et humilient les citoyens sur les routes de Kinshasa et dans toutes les grandes villes du pays. Elles montrent aussi des barrières improvisées sur les routes nationales, tenues par des pseudo-commandants qui se comportent comme des seigneurs de guerre, imposant leur propre loi aux transporteurs et aux passagers. Tout cela se déroule à ciel ouvert, devant des millions de témoins. Et pourtant, rien ne change.

La Police nationale est devenue la première source de peur dans ce pays. Voir un uniforme, c’est prier de rentrer vivant. Ce n’est plus un problème de discipline, c’est un problème d’État. Et le silence du pouvoir est devenu une forme de complicité. Tout le monde voit ces images.

Les ministres les voient. Les généraux les voient. Le Chef de l’État les voit. Mais personne ne bouge. Personne ne sanctionne. Personne ne ferme les barrières illégales. À force de silence, le pouvoir semble dire : «Continuez ! »

Le peuple est à bout. Certains s’immolent. D’autres foncent avec un policier accroché au capot. Ce n’est plus de la colère, c’est la rupture. Quand un citoyen préfère mourir plutôt que dialoguer avec un policier, cela signifie que l’État a cessé d’exister. L’uniforme, qui partout ailleurs rassure, fait trembler en RDC. Voir un policier signifie le début d’un cauchemar, d’une humiliation ou d’un chantage.

Les forces censées incarner l’ordre sont devenues les premiers agents du désordre. Beaucoup de ces hommes et femmes en uniforme se comportent comme des mendiants armés, des voyous institutionnalisés qui utilisent l’État comme couverture pour se livrer à des pratiques criminelles.

Et la vérité, brutale, circule déjà dans les rues. Les Congolais ne détestent plus seulement les policiers corrompus. Ils commencent à détester ceux qui les laissent faire. Dans les taxis, les marchés, les familles, un murmure persistant s’installe. Le départ du Président et de « sa bande » serait peut-être la seule façon de retrouver paix et dignité.

Le régime doit l’entendre. Il ne s’agit plus d’un rejet de quelques policiers délinquants. Il s’agit d’un rejet politique, profond, dangereux. Une frange grandissante de la population en vient à souhaiter la fin de ce pouvoir, convaincue qu’un autre leadership rétablirait l’ordre, la discipline, la salubrité et la justice que ce régime semble incapable d’imposer. Cette perception, juste ou pas, naît d’un sentiment massif d’abandon.

Ce ne sont plus des plaintes. Ce sont des avertissements. Un État qui laisse son peuple être racketté par sa propre police perd sa légitimité, son autorité et, tôt ou tard, sa place.

Tant que les autorités continueront de se taire, la question ne sera plus : « Pourquoi la police fait-elle cela ? » La vraie question deviendra : « Jusqu’à quand ce peuple acceptera-t-il d’être gouverné par ceux qui laissent faire ? ». Il reste une fenêtre pour agir. Elle se referme vite.

Ce qui est en jeu n’est pas seulement la sécurité sur les routes. C’est la confiance en l’État congolais. C’est la cohésion nationale. C’est la stabilité du pays.

 

Danny Matadi

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