Cambriolage dans une église à Bukavu : Deux présumés voleurs exécutés près du stade de la Concorde à Kadutu
La commune de Kadutu s’est réveillée dans l’effroi, ce lundi 24 novembre 2025, après l’exécution de deux présumés voleurs surpris en pleine opération de cambriolage près du stade de la Concorde, à l’endroit connu sous le nom de “Petit à quartier”. La scène, d’une violence inouïe, ravive les inquiétudes autour de l’escalade des actes criminels nocturnes à Bukavu.
La nuit s’était installée depuis longtemps lorsque des coups de feu ont retenti, déchirant le silence habituel du quartier. Selon les premiers témoins, les deux hommes tentaient de s’enfuir avec des chaises en plastique dérobées dans une église avoisinante. « On n’avait jamais vu ça ici. Ils ont enfermé des gens dans une maison comme dans un film », raconte Jeanne, une habitante encore tremblante. Leur stratégie audacieuse a semé la panique dans les ruelles, déjà plongées dans l’obscurité.
D’après David Cikuru, ancien président de la société civile, les présumés voleurs avaient neutralisé des habitants en les enfermant de force pour poursuivre librement le saccage de l’église. « La communauté ne peut pas continuer à vivre sous la menace d’individus prêts à tout. Ce qui s’est passé est extrêmement grave », confie-t-il, la voix serrée. Pour plusieurs riverains, l’acte traduit une montée inquiétante de la criminalité dans cette partie de Kadutu.
Lorsque les deux suspects ont été surpris par des hommes armés non identifiés, l’intervention fut immédiate et fatale. « On a entendu trois coups, puis le silence », rapporte Ernest, un jeune conducteur de taxi-moto. Les corps ont été découverts quelques minutes plus tard, gisant sur la chaussée. « C’était insoutenable à regarder », ajoute Mado, vendeuse matinale qui dit avoir croisé la scène avant l’arrivée des autorités locales.
La violence de l’événement a secoué les familles du voisinage. « Nous vivons déjà dans la peur, mais cette fois, c’est trop. On ne sait plus qui protège qui », lance Patrick, père de trois enfants, soulignant l’absence de patrouilles régulières. L’incident pose une nouvelle fois la question de la sécurité nocturne à Bukavu, où les cas de justice populaire et d’exécutions sommaires refont surface malgré les appels des organisations de défense des droits humains.
Face à l’émotion collective, David Cikuru appelle la jeunesse à rompre avec la facilité et l’oisiveté. Il déplore la montée de la consommation excessive d’alcool dans les quartiers populaires, un facteur, selon lui, de dérive sociale. « Beaucoup de jeunes passent leurs journées à boire au lieu de construire leur avenir. C’est inquiétant », insiste-t-il. Les habitants, eux, appellent les autorités à renforcer les dispositifs de sécurité pour éviter que de telles scènes tragiques ne se répètent.
