Administration de l’Urbanisme et Habitat à Kisangani: Après la carotte, Alexis Gisaro promet le bâton
En séjour à Kisangani, dans la province de la Tshopo pour lancer les travaux de construction de l’immeuble R+3 des avenues Musibasiba et Sergent Ketel, le ministre d’Etat en charge de l’Urbanisme et Habitat a visité tous les sites pour lesquels il a signé des Arrêtés de désaffectation au profit de l’Agence Congolaise de Promotion Immobilière (ACOPRIM). Il a aussi visité les administrations urbaines de l’Urbanisme et Habitat où il a promis des sanctions si la situation ne change. En réalité, certains magistrats ou militaires véreux ainsi que des agents de l’administration de l’Urbanisme et Habitat ont fait des biens leurs champs de maïs où ils peuvent entrer et se servir comme ils veulent.
M. Alexis Gisaro, ministre d’Etat de l’Urbanisme et Habitat a séjourné à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo où il a lancé les travaux de construction de l’immeuble R+3 dans la commune de Makiso, au croisement des avenues Musibasiba et Sergent Ketel. L’Object de cette mission était de venir sur le terrain, se rendre compte du projet développé avec l’ACOPRIM pour la construction des logements abordables et décents.

« Nous avons inévitablement profité pour faire une petite inspection de l’administration, à la fois de l’Urbanisme et de l’Habitat. La journée d’hier, nous l’avons consacré à la pose de la première pierre de cet immeuble de trois niveaux qui sera érigé au niveau du centre-ville. Aujourd’hui, il était important, avant d’échanger avec l’administration, de faire une visite d’inspection pour voir ce qui est réalisé, l’état de lieux de l’habitat et de l’urbanisme à Kisangani », a expliqué le ministre à la presse.

Il faut dire que le ministre n’a pas visité l’ensemble des biens de l’Etat. Son attention s’est focalisée sur les sites qui ont été choisis et qui accueilleront demain les projets en rapport avec la promotion immobilière. « Nous avons signé 11 Arrêtés de désaffectation qui vont recevoir ces projets. Il s’agit des sites pour lesquels les critères de choix étaient : qu’il n’y ait pas de contentieux sur ces sites, il fallait que les sites soient situés à des endroits économiquement intéressants, et que ça soit des maisons en délabrement très avancés », précise Alexis Gisaro.
Sur tous ces sites, le ministre a constaté que pour la plupart, sur la devanture, il y avait des commerces. « Nous avons interrogés les agents de l’Habitat pour comprendre comment ce commerce se retrouvait. Nous avons eu des réponses, mais qui ne sont pas satisfaisantes. Voilà pourquoi il était important pour nous de venir et d’avoir un échange franc avec nos agents qui sont ici au niveau de l’Habitat », indique-t-il.
Tout juste après la visite des sites accordés à l’ACOPRIM, le ministre s’est retrouvé à la direction urbaine de l’Urbanisme, avant celle de l’Habitat. A l’occasion, les agents ont eu l’occasion d’adresser au ministre leurs doléances. Ils ont essentiellement parlé de leurs conditions de travail. Il faut que ces agents soient dans un cadre qui est décent. Le constat est clair, il faut améliorer les conditions de travail des agents.
La 2è chose, les agents de ces deux administrations ont parlé de leur situation en terme de mécanisation, des non-payés, soit une situation que le ministre a promis d’adresser une fois qu’il sera à Kinshasa avec son collègue de la Fonction publique qui a un programme ambitieux dans ce secteur.
Des orientations données
« Nous avons échangé sur d’autres questions, avant de faire un tour d’horizon. Nous avons donné des orientations claires aux agents en les mettant devant leur responsabilité. Il y a des actes posés qui ne sont pas responsables. Nous avons conseillé d’abord, mais si les choses ne changent pas, les sanctions vont suivre. En ce qui concerne les conditions pour qu’ils puissent donner le meilleur d’eux-mêmes, nous verrons ce qu’il faut faire en terme de formation pour améliorer la planification urbaine, mais aussi dans la mise à disposition des moyens : motos, véhicules pour qu’ils puisent se déployer sur le terrain dans les bonnes conditions ».

Le ministre a également sensibilisé sur les réformes qui sont en cours actuellement que ça soit au niveau du cadre organique du ministère, mais aussi sur cette réforme essentielle sur le cadre légal dans lequel nous fonctionnons, c’est-dire, le code de l’urbanisme et de la construction.
Soulignons que la construction des logements décents est un programme qui constitue un des piliers des engagements pris par le chef de l’Etat sur l’habitat et le logement. Le chef de l’Etat a à cœur de donner à notre population de logement qui soit non seulement décent, mais à des prix abordables. Voilà pourquoi l’ACOPRIM a pris l’initiative de prendre contact avec les exécutifs provinciaux et la province de la Tshopo est la première à avoir donné un accompagnement clair, visible et palpable.
Le MINETAT en a profité pour remercier le Gouverneur de province et tout l’exécutif dans leur décision d’accompagner l’ACORIM dans la sélection des sites pour les différents projets. « Et je ne peux qu’encourager les autres provinces qui sont encore en retard, de faire de même pour voir comment l’ACOPORIM peut développer des projets. Et vous savez que sur l’ensemble du territoire national, la plupart des biens de l’Etat sont dans un état de délabrement très avancé faute de financement. Voilà pourquoi nous apportons cette touche nouvelle en allant vers le partenariat public-privé, qu’on puisse investir dans ces biens de l’Etat qui sont délabrés. Que nous puissions trouver le financement au travers le secteur privé et que nous puissions développer nos villes », indique-t-il.
Cela fait partie du développement urbain, lorsque nous avons des immeubles construits dans la ville. Ça fait partie de l’aménagement urbain. Cela fait partie de la vision du président de la République que le gouvernement met en œuvre à travers le ministère de l’urbanisme et habitat. A cette population bénéficiaire, ça permettra à l’Etat de récupérer quelques taxes. Lorsque l’Etat donne le ton, d’autres opérateurs suivent également.
De retour de Kisangani, Jean-Marie Nkambua
