CAN 2025 : Casablanca, vue digitale
Ils sont partout. Sur les billboards, à l’entrée des restaurants, sur les façades des commerces, devant les monuments emblématiques… Les QR codes dévoilent immédiatement Casablanca, hub africain de l’innovation.
Un détail, pourtant. Derrière ces carrés pixelisés se déploie une boîte à outils numérique bien plus large. Mobilisée à l’occasion de la CAN, elle marque l’expérience urbaine des supporters. La métropole sous le prisme du digital.
Après plus de dix heures de vol, Frédéric, kinésithérapeute sportif congolais, pose le pied à l’aéroport Mohammed V. La fatigue est là. Mais elle s’estompe rapidement. “Vu les flux massifs, je m’attendais à de longues files d’attente. À ma surprise, tout s’est déroulé avec une fluidité remarquable”, confie à la MAP le Congolais résidant en Tanzanie.
Cette sensation n’a rien du hasard. L’Office national des aéroports a lancé, en collaboration avec Royal Air Maroc, un vaste programme de digitalisation à l’occasion de la CAN. Principal pôle aérien du Royaume, l’aéroport Mohammed V a été le premier terrain de déploiement.
De l’enregistrement au dépôt des bagages, les principales étapes du voyage ont été soutenues par des solutions numériques et biométriques pensées pour simplifier les procédures.
Quelques gestes, quelques écrans, peu de queue. Le parcours est clair et balisé. “Les étapes s’enchaînent naturellement”, explique-t-il.
Train pour la gare de Casa Port. À son arrivée, Frédéric découvre de nouveaux services digitaux, notamment la carte rechargeable du tramway. Il s’en procure une sur-le-champ et installe l’application de mobilité casablancaise sur son smartphone, qui propose également un chatbot conversationnel. L’assistant virtuel multilingue, oriente, renseigne et accompagne les usagers.
“En quelques secondes, je savais exactement quelle ligne prendre, où descendre et combien de temps prévoir”, se réjouit ce professionnel de football, habitué à prendre part à de grands événements sportifs à travers le monde.
Après l’utile, place à l’agréable. Des bornes à selfies attirent son regard. Frédéric teste des plateformes de photo booths, équipées de caméras de dernière génération.
Quelques secondes suffisent pour déclencher la photo, agrémentée d’effets spéciaux sur un arrière-plan mettant en scène les stars marocaines Achraf Hakimi et Brahim Diaz. Un souvenir numérique instantané aux couleurs des Lions de l’Atlas.
Ligne T3, station Habous. Ladji, journaliste malien, descend du Tramway et se met, à son tour, en quête d’un souvenir de la sélection nationale. Ici, la technologie s’invite autrement.
Pour négocier avec les marchands, l’envoyé spécial de l’Agence malienne de presse et de publicité utilise une application marocaine, basée sur l’IA, capable de traduire instantanément du français ou de l’anglais vers le Darija.
“Cette IA est précurseuse”, estime Ladji, souhaitant que ce type d’initiatives se multiplie sur le continent. Selon lui, la plateforme marocaine se distingue par sa capacité à s’adapter aux contextes africains, notamment aux dialectes locaux.
Féru de la technologie, son expérience se poursuit avec une autre application dédiée au patrimoine de Casablanca, qui l’accompagne dans les ruelles du quartier emblématique des Habous.
Palais Royal, Mahkamat El Bacha, Mosquée Al Youssoufi… Ladji découvre, à travers cet outil bidaoui, les édifices grandioses de ce quartier intemporelle, mais aussi ses trésors cachés, comme Hamam Chiqui, joyau de bien‑être dont l’âme et l’architecture transportent ailleurs.
“Levez les yeux pour observer la tour couronnée de tuiles vertes”, invite l’application le journaliste, tout en le guidant vers les bâtiments emblématiques de la métropole.
Ici, l’application excelle sur un autre plan. Elle met en lumière le mélange architectural de Casablanca. De l’Art déco au baroque, en passant par le néo-classique, l’outil raconte l’histoire de la métropole à travers ses formes.
L’expérience urbaine digitale de Ladji ne prend pas fin. Comme pour la majorité des supporters ou professionnels installés à Casablanca, elle est d’un goût quotidien.
Menus digitaux, bornes de commande, robots serveurs…la Food Tech transforme la manière de siroter un thé ou de déguster un repas.
La CAN 2025 a stimulé l’essor de l’affichage dynamique, incitant les restaurants à moderniser davantage leurs espaces pour servir un public plus large, fait savoir à la MAP l’expert en digital signage Nawfal Benchakroun, soulignant que ce type d’affichage permet d’informer rapidement, de créer des contenus immersifs et de faciliter l’accueil.
Outre la restauration, ces écrans illuminent les halls d’hôtels, les vitrines des commerces et les allées des centres commerciaux.
L’affichage dynamique répond à un besoin commun : mieux communiquer avec des publics variés, de manière visuelle, claire et centralisée, quel que soit le secteur d’activité, conclut l’expert.
S’appuyant sur des plateformes cloud, ces écrans reposent sur un socle invisible : Internet. Une connectivité indispensable également à Ladji pour rester en contact avec sa rédaction, et tout aussi essentielle à Frédéric, pour avoir des nouvelles de sa petite famille.
“La qualité du réseau est implacable ”, s’accordent-ils, se réjouissant, en outre, des offres spéciales CAN mises en place par les différents opérateurs, tant pour les supporters que pour les entreprises.
Derrière cet espace urbain émancipé se déploie un écosystème clé. La Direction générale de la sureté nationale a mobilisé un dispositif high-tech d’envergure . Un total de 779 autres caméras veillent sur la ville soutenues par des systèmes intelligents de lecture des plaques et de reconnaissance faciale. Pour les visiteurs, ce bouclier se ressent. La fête du football africain se vit à Casablanca en toute sécurité.
