CAN 2025 : quand la passion du football révèle la magie de l’artisanat marocain (Malika Mojahid)

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Sous les clameurs des supporters et les couleurs éclatantes des drapeaux africains à l’occasion de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025, un autre langage s’exprime dans la fan zone de l’OLM Souissi à Rabat : celui de mains concentrées et patientes, qui donnent forme à un patrimoine ancestral. Plus discret, mais tout aussi chargé d’émotion, l’artisanat marocain s’invite au cœur de la fête sportive pour transmettre, aux plus jeunes, un héritage vivant.

Autour de tables installées à quelques pas des écrans géants, des enfants se penchent avec application sur des tesselles de zellige ou des fils de laine. Attentifs et curieux, ils découvrent la précision du geste, la patience qu’exige le travail manuel et la beauté des motifs ancestraux. Ici, l’artisanat partage l’affiche avec le football, et la fan zone se transforme en un lieu de rencontre entre passion sportive et transmission culturelle.

À l’origine de cette initiative, l’atelier “Les Jeunes Artisans”, présent à l’occasion de la CAN pour initier les plus jeunes aux métiers traditionnels marocains.

“L’idée est née de notre envie de partager la richesse et la beauté de l’artisanat marocain”, expliquent Wafaa et Meryem, fondatrices de l’atelier. “Nous avons voulu créer un espace où chacun peut découvrir, toucher et expérimenter ces techniques de manière simple et ludique, afin de ressentir la magie du travail manuel et la valeur de ce savoir-faire ancestral”, déclarent-elles à la MAP.

Zellige, tissage du tapis, motifs géométriques chargés de sens : chaque atelier est une invitation à explorer un pan de l’histoire marocaine. Les enfants apprennent à assembler les formes, à manier la laine, à reconnaître les symboles et les couleurs qui racontent, depuis des siècles, les territoires et les traditions du Royaume.

L’expérience marque les plus jeunes. “Je ne pensais pas que c’était aussi difficile. Il faut être très patient”, confie Adam, 10 ans, concentré sur sa composition de zellige. À ses côtés, Layan, 9 ans, s’émerveille : “J’aime choisir les couleurs et faire quelque chose avec mes mains. Je suis fière de ce que j’ai fait”.

Pour les responsables de l’atelier, la présence de l’artisanat au sein d’un événement sportif continental revêt une portée particulière. “C’est un vrai privilège de mêler culture, patrimoine et divertissement, et de montrer que notre héritage peut être apprécié dans tous les contextes, même au cœur d’une compétition sportive”, soulignent-elles.

Cette démarche permet également de faire découvrir l’artisanat marocain aux visiteurs étrangers qui repartent avec une meilleure connaissance de nos traditions.

L’accueil du public est largement positif. Fascinés, souvent impressionnés, les visiteurs prennent conscience de la complexité et du temps nécessaires à la réalisation d’un objet artisanal.

Les enfants, en particulier, se montrent curieux et pleinement impliqués. “Ces ateliers leur permettent de comprendre la difficulté du travail artisanal et de mesurer la patience qu’il exige”, font remarquer Wafaa et Meryem.

Au-delà de l’apprentissage technique, l’initiative transmet des valeurs essentielles, à savoir la patience, la créativité, le partage et le respect du travail manuel. Elle offre surtout aux jeunes générations un lien direct avec leurs racines, en rendant la culture marocaine concrète, vivante et accessible. “C’est une manière de préserver notre patrimoine et de le transmettre avec fierté aux générations futures”, concluent-elles.

Dans cette fan zone où le ballon rond fait vibrer les foules, l’artisanat marocain trouve ainsi une vitrine inattendue. Tandis que les supporters célèbrent leurs équipes, de petites mains s’initient à des gestes séculaires, construisant, à leur manière, l’avenir d’un héritage à préserver.

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