Et si Lourenço et Gnassingbé venaient à lâcher ! Aurions-nous la République Désintégrée du Congo ? 

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« Je suis disposé à apporter mon aide, toutefois si les parties concernées ne se montrent pas sérieuses ou de bonne foi, je préfère ne pas gaspiller mon temps_”. Déclaration prêtée à Faire Gnassingbé ! 

Tous connaissent les jeux et les enjeux 

Lomé, capitale de la Médiation africaine pour la crise qui prévaut dans les Grands Lacs avec au centre la RDC, a accueilli le 17 janvier 2026 une réunion du Groupe de facilitation comprenant outre le Qatar et les États-Unis pour le Processus de Doha et le Processus de Washington, les médiateurs désignés par l’UA, en l’occurrence les chefs d’Etat honoraires Olusegun Obasanjo du Nigéria, Uhuru Kenyatta du Kenya, Sahle-Work Zewde de l’Éthiopie, Mokgweetsi Masisi du Botswana et Catherine Samba-Panza de la RCA.

Tous connaissent les jeux et les enjeux.

La réaction de l’hôte n’est pas sans rappeller celle de dépit de son prédécesseur João Lourenço la veille de sa prise de fonction en qualité de Président en exercice de l’Union africaine le 16 février 2025. Déçu des tergiversations des protagonistes congolais (Pouvoir et Opposition armée) et rwandais, le chef de l’Etat angolais s’était dessaisi du Processus diplomatique de Luanda pour carrément préconiser le *Dialogue politique entre Congolais*. Une position qu’il garde ferme jusqu’à ce jour.

Et voilà que par ses propos tenus le 17 janvier 2026, Faure Gnassingbé avertit les mêmes protagonistes congolais qu’ils ne lui feront pas perdre son temps ! Sale réputation pour la RDC ; le Togo se souvenant probablement de la facilitation Edem Kodjo de 2016 tournée en dérision par l’Opposition d’alors, aujourd’hui aux affaires.

Peuvent être également retenus les propos sélectionnes par et pour *BALISES*. Par exemple : _« Nous sommes réunis aujourd’hui pour assumer pleinement nos responsabilités collectives. Cette Réunion de haut niveau intervient à un moment charnière. Nous ne sommes plus au temps des diagnostics répétés. Nous ne sommes plus au temps des déclarations, qui se superposent sans toujours se renforcer. La situation en République Démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs nous oblige à la cohérence de l’action_».

Ou encore :_“L’Afrique ne doit pas échouer dans sa mission de paix. L’enjeu est donc d’abord celui des conditions d’une paix durable en RDC et dans les Grands Lacs. Il est aussi celui de la maturité politique de l’action africaine face aux défis de sécurité et de stabilité du continent_ ».

Ou aussi : _“Il ne suffit pas de proclamer la paix. Il faut la construire dans le temps. Et nous savons qu’elle s’affaiblit lorsque les initiatives se juxtaposent sans coordination. L’expérience récente nous l’a montré : la fragmentation des cadres, des médiations et des initiatives affaiblit la paix plus qu’elle ne la sert_”.

Mais, il y a surtout cette observation :_“Nous devons garder en tête que la paix n’a de sens que si elle est vécue par les populations. *Derrière nos cadres, nos textes et nos mécanismes, il y a des femmes, des hommes, et des enfants ; des communautés déplacées, privées de sécurité, de soins, d’école et de perspectives*_”.

 

Pour Lomé, cette fois-ci ça passe ou ça casse

Lomé, c’est aussi, en plus des propos du facilitateur Faure Gnassingbé, le communiqué final duquel on peut retenir les décisions sélectionnees par un confrère :

1.L’alignement sur le principe de la centralité de la Médiation conduite par la République togolaise ;

2.L’harmonisation de la compréhension et de l’appropriation du processus unifié de médiation à l’échelle africaine ;

3.L’alignement des acteurs autour de l’architecture révisée de la Médiation ;

4.L’adoption d’un document-cadre de la Médiation fondé sur l’état des lieux et l’analyse des dynamiques du processus de paix et

5.L’adoption du Plan de travail des Facilitateurs en tant qu’instruments opérationnels guidant l’action coordonnée du Panel.

Pour faire concret, pour Lomé, cette fois-ci ça passe ou ça casse.

Et tous les participants sont certainement conscients des revendications pour les moins irrationnelles de Paul Kagame relatives au traçage des frontières opéré à Berlin 1885 et au principe de respect d’intangibilite des frontières héritées de la colonisation.

Pour rappel, dans la Charte de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), au 3ème principe, l’article III établit le _ »Respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de chaque Etat et de son droit inaliénable à une existence indépendante_ ».

Cependant, dans l’Acte Constitutif de l’Union Africaine en 2000, c’est clairement spécifié à l’article 4, principe b), à savoir :_ » Respect des frontières existant au moment de l’accession à l’indépendance_ ».

En toute logique, dès l’instant où Paul Kagame s’est attaqué à ce principe et remis en cause Berlin 1885 avec pour conséquence le démembrement de tous les États africains par où la « latte de Bismarck » est passée, Kinshasa et « Goma » n’ont plus à se faire la guerre mais à défendre ensemble l’intégrité territoriale du pays.

Après tout, la réaction spontanée de l’Union européenne face à Donald Trump à propos du Groenland doit mobiliser l’Union africaine face à Paul Kagame. Mais, cela ne peut se concevoir qu’en fonction du *rapprochement* des belligérants congolais.

Les masques pourraient tomber avec une grosse désillusion 

Le Pouvoir et l’Opposition armée se doivent, toutes affaires cessantes, mobiliser l’Opposition et la Société civile – toutes tendances confondues – pour une campagne diplomatique tous azimuts avec comme premier rendez-vous le *39ème sommet ordinaire de l’Union africaine* qui se tient dans un mois à Addis-Abeba.

Ce rendez-vous où la présidence en exercice rotative va revenir au *Congo-Brazzaville*, pays voisin au nôtre.

Les deux ont un différend frontalier (iles Mbamou) qu’ils gèrent en toute responsabilité ; étant conscients de l’existence population transfrontalière *autochtone* que rien ne peut séparer !

Normalement, c’est aux Congolais de Kinshasa de « faciliter » la tâche à l’Union Africaine. Car si Luanda et Lomé venaient à lâcher à leur tour, il ne resterait plus que Doha et Washington pour décider de notre sort.

Et là, soyons-en sûrs : les masques pourraient tomber avec une grosse désillusion…

Ils sont nombreux, des chefs d’État honoraires africains à rêver d’un Bernard Kouchner avec pour Kosovo une R.D.C. signifiant *République Désintégrée du Congo*?

PROCHAINEMENT : _ »En gouvernance institutionnelle, toute crise est politique ! Surtout la crise sécuritaire !_ »

 

Omer Nsongo die Lema

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