Sud-Kivu : Kamanyola déborde de déplacés, l’exode d’Uvira révèle la peur et l’urgence humanitaire
Depuis le retrait du M23 d’Uvira, des centaines de familles fuient la ville, craignant des représailles. Kamanyola devient un refuge forcé, tandis que Nyangezi et Bukavu voient affluer ceux qui empruntent les routes escarpées de Ngomo. La population déplacée affronte désormais la faim, le froid et l’angoisse, tandis que la région est plongée dans une urgence humanitaire silencieuse mais pressante.
Depuis le dimanche 19 janvier 2026, Kamanyola est devenue le théâtre d’un exode massif. Des familles entières, fuyant Uvira après le retrait du M23, arrivent en quête de sécurité. Les habitants observent avec inquiétude ce flot de déplacés, souvent épuisés et traumatisés. “Nous avons vu des enfants marcher pieds nus sur des kilomètres, des mères portant des nourrissons à bout de bras… c’est un spectacle qui brise le cœur”, confie un volontaire local, bouleversé par la situation.
La peur domine les motivations de ces déplacements. Beaucoup redoutent des représailles ciblées envers ceux suspectés de collaboration avec le M23. “Si je reste à Uvira, je crains pour ma vie. Nous avons tout quitté pour survivre”, témoigne Jean-Claude Mwambutsa, un père de famille arrivé à Kamanyola avec sa femme et ses trois enfants. Les témoignages se multiplient, illustrant l’angoisse qui pousse ces populations à parcourir des chemins dangereux pour atteindre la sécurité.
Certains déplacés ont choisi des itinéraires périlleux, gravissant les escarpements de Ngomo pour rejoindre Nyangezi ou Bukavu. Ces passages abrupts, souvent sans assistance, exposent les voyageurs aux blessures et à l’épuisement. “Nous avons marché toute la nuit sur des pentes glissantes, sans nourriture ni eau. Mais rester à Uvira aurait été pire”, raconte Fatima Kasereka, une jeune femme réfugiée avec sa famille. Les conditions humanitaires sur ces trajets improvisés restent critiques et alarmantes.
La communauté locale de Kamanyola tente de faire face, mais les ressources sont limitées. “Nous avons accueilli plus de 500 personnes en quelques heures, et nous n’avons pas assez de couvertures ni de nourriture”, explique Diop Lwaboshi, responsable d’une ONG humanitaire. L’urgence est palpable, et les appels à l’aide se multiplient auprès des autorités provinciales et des organisations internationales.
Les réactions des déplacés et des habitants traduisent la tension qui règne dans la région. “Nous avons peur que d’autres attaques surviennent et que la situation empire”, confie un enseignant de Kamanyola. Une autre voix s’élève : “Si personne n’intervient, nous allons assister à une catastrophe humanitaire. Des familles entières sont au bord de l’effondrement.” Les réseaux sociaux locaux reflètent également cette inquiétude, les hashtags #KamanyolaRefuge et #UviraExode viralissant en quelques heures.
Malgré le danger et la précarité, certains déplacés gardent espoir et solidarité. “Nous partageons ce que nous avons, même si c’est peu. La communauté nous soutient et nous essayons de rester unis”, raconte Marie-Kabundi, une mère ayant trouvé refuge à Kamanyola. Mais derrière cette résilience se cache une réalité dramatique : sans assistance urgente, la survie de centaines de familles reste en péril, et la plaine du Sud-Kivu se transforme lentement en un champ de détresse humaine qui réclame attention et action immédiate.
